Retraite: vous en reprendrez bien une « petite tranche »…

Après la tranche A, le président du SDIRAF, Emile Vernier, nous propose une nouvelle analyse relative à la tranche B.

Cette retraite a été mise en place pour permettre d’abord aux fonctionnaires territoriaux de pouvoir bénéficier d’une retraite plus adaptée à leur salaire d’actif. En effet, un fonctionnaire territorial pouvait avoir 700 000 Fcfp de salaire mensuel et se retrouver avec une pension de retraite de 150 000 F. C’est donc la CSTP/FO qui a exigé et obtenu du gouvernement de l’époque, de mettre en place cette retraite B. Cette mise n place a été faite au 1er janvier 1996.

Dès le départ, l’erreur qui a été faite mais en toute connaissance de cause, a été de prévoir que les années travaillées avant 1996, donnaient elles aussi lieu à obtention de points gratuits, même sans avoir jamais cotisé au régime.

Comment marche cette retraite B ? Lorsque le salarié a un salaire supérieur au plafond de la tranche A, il doit payer une cotisation sur cette partie de salaire. Cette cotisation lui donne un certain nombre de points tranche B, nombre qui sera cumulé tout au long de la période d’activité de l’intéressé, dès lors que son salaire dépasse le plafond tranche A.

Ainsi, pour 1996, le plafond de la tranche A est fixé à 218 000 F, celui de la tranche B à 436000 F. Supposons qu’un salarié gagne 400000 F par mois. Il a une part de tranche B : 400 000 – 218 000 = 182000 F. Ce sont ces 182000 F qui vont lui rapporter des points en tranche B. En 1996, le SHR ou salaire horaire de référence était de 505,62 F. Le nombre de points acquis est donc de 182000/505,62 = 360 pts. Ceci pour un mois de cotisations. Plus tard, ces points seront convertis en F grâce à la valeur de rachat. Cette valeur de rachat était en 1996, fixée à 505,62*2% soit 10,11 F, qui est une valeur annuelle.

Mais imaginons qu’un salarié soit parti en retraite en 1995. Si ces salaires mensuels dépassaient le plafond A, automatiquement, il avait des points en tranche B, sans avoir payé de cotisations.

Et c’est ainsi qu’on se retrouve en 2014, avec le fait grave que plus de 51% en valeur des pensions versées en tranche B par la CPS proviennent de points B acquis sans cotisations. C’est à dire que plus de 51% des pensions versées par la tranche B de la CPS à des retraités, sont payées par les cotisations des actifs.

Est-ce encore acceptable ? Si auparavant, nous n’avions pas ces chiffres, une fois qu’on les connaît, il faut admettre que c’est une injustice flagrante commis par les politiques au moment de la mise en route de la tranche B. C’est comme si un retraité achetait aujourd’hui une voiture et la faisait payer par les autres.

C’est la raison pour laquelle, nous avons affirmé que les retraités devaient s’attendre à faire un effort en tranche B.

Pour dire la vérité, les techniciens de la CPS nous annoncent que la valeur annuelle du point de la tranche B, qui est de 11,81 F n’est assis sur aucune base réelle et devrait carrément être divisé par 2. Cette valeur du point s’appliquerait aussi aux pensions actuelles, car elles sont calculées sur la formule : nbre de points * valeur du point/12, indépendamment bien sûr des abattements éventuels à retenir.

Il est bien évident que nous ne pouvions accepter une baisse de la moitié de la tranche B, tout en sachant que la situation actuelle est injustifiable. Ce n’est pas normal que ce soit les jeunes qui paient des pensions non cotisées.

En conclusion :

  • pour la tranche A, elle concerne tous les Polynésiens, sauf les élus dont on ne comprend pas pourquoi ils ne sont toujours pas affiliés au régime de retraite de base commun, elle ne devrait pas trop bouger.

  • pour la tranche B, il faut s’attendre à une diminution de la valeur de rachat du point B, ce qui entraînera une diminution des pensions non cotisées, selon la valeur du point retenue. Plus la valeur du point diminuera, plus les pensions B baisseront. On dira aussi que finalement, les retraités intéressés auront profité d’un système condamné dès le départ pendant une dizaine d’années. Mais il faut désormais s’arrêter.

Bonne lecture.

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