« Sans Tabu » sur Polynésie 1ère: ce qu’il faut en retenir…

Le président du Tahoeraa huiraatira, Gaston Flosse, était l’invité de la nouvelle émission politique « Sans Tabu », lundi soir sur Polynésie 1ère.

Ce face-à-face animé par Natacha Szilagy s’est déroulé en trois parties. Une première séquence de vingt-minutes au cours de laquelle la journaliste a passé en revue le long (depuis 1957) cheminement politique de son invité, avec ses hauts et ses bas pour finir sur la cinglante défaite de mai 2004. Mais le « vieux lion » n’en démord pas: si le Taui est passé à l’époque, c’est bien grâce au ralliement de deux autonomistes, a t-il rappelé.

Des affaires et de ses ennuis judiciaires qui n’en finissent pas, il en a naturellement été question mais comme à son habitude, Gaston a nié farouchement tout ce qui lui est reproché par la justice. Allant jusqu’à dire que si quelqu’un devait être inquiété dans l’affaire dite de la vaisselle, c’est plutôt l’actuel occupant de la Présidence qui en a l’usage quotidien.

Le leader historique du mouvement orange a une faculté inouïe de pardonner à ses adversaires politiques. On l’a bien vu en 2007 avec Oscar Temaru au nom de la réconciliation. Dernièrement encore, il a annoncé un rapprochement avec le candidat à la Présidentielle, Nicolas Sarkozy, dans l’espoir que, demain, le parti au pouvoir, les Républicains, rouvre grands les robinets financiers de la Polynésie. Quant à se « rabibocher » avec Edouard Fritch…, Gaston Flosse n’y est pas opposé. Mais prévient-il aussitôt, ce ne sera pas pour le remettre à la Présidence! En revanche, une chose est sûre: il sera bien en lice pour les prochaines élections territoriales de 2018. Tout au moins, si le grand conseil l’y autorise naturellement…

En seconde partie, Gaston Flosse a débattu avec deux autres personnes en plateau, Teva Sylvain et l’écologiste Jacky Bryant, sur deux thèmes préalablement définis, à savoir: le Tahiti Mahana Beach et les fichés « S ».

On se souvient, en effet, que le projet de complexe touristique sur l’ancien site du Sofitel Maeva Beach (Punaauia) est le « bébé » de Gaston Flosse. Jusqu’à sa chute en septembre 2014, c’est lui qui l’a pensé, imaginé et suivi de bout en bout. Un peu sur le modèle de Waikiki Beach à Hawaii où il s’était d’ailleurs rendu accompagné de Geffrey Salmon. Sauf qu’en dehors de magnifiques visuels réalisés par un cabinet d’architecte, il manquait l’essentiel: le financement. Et pas qu’un peu puisque l’investissement tournait alors autour de 150 milliards de Fcfp pour un peu plus de 3200 clés.

Deux ans plus tard, tout semble remis en question. Les « financeurs » asiatiques présumés n’ont visiblement pas eu les moyens de leurs ambitions et c’est à raison que le gouvernement Fritch a dénoncé le contrat passé quelques mois plus tôt. Pour les remplacer, le Pays fonde aujourd’hui beaucoup d’espoir sur un groupe d’hommes d’affaires locaux dont l’identité tarde à se dévoiler. Parallèlement, le projet devrait être sérieusement redimensionné. Ce que dénonce d’ores et déjà Gaston Flosse! A ses yeux, le tourisme polynésien ne pourra réellement décoller qu’à ce prix, pour envisager accueillir demain 500 000 et pourquoi pas 1 million de touristes. Fin 2016, la Polynésie en attend seulement 200 000…

Sans surprise, l’écologiste Jacqui Bryant ne partage pas du tout la vision du « vieux lion » en la matière. Dans son argumentation, il aura eu le mérite de mettre l’accent sur la problématique de l’alimentation de l’ensemble hôtelier en eau potable et par voie de conséquence, du traitement des eaux usées. Et d’indiquer au passage que la station d’épuration de Punaauia, pour l’heure, est déjà saturée. Selon les calculs de Teva Sylvain, le Tahiti Mahana Beach, dans sa forme actuelle, devrait connaître une fréquentation journalière d’environ 9000 touristes. Une concentration humaine qui aura bien des conséquences à la fois économiques comme environnementales et qu’il convient donc de ne pas sous-estimer. Mais sur tous ces points, l’échange entre nos trois invités n’aura pas permis de dégager le plus petit commencement d’une réponse.

Enfin, la dernière partie de l’émission baptisée les « 5 dernières minutes » a pris l’allure d’une confession intime de Gaston Flosse, au cours de laquelle l’invité a reconnu que sa carrière politique s’était faite au détriment de sa vie de famille et notamment de ses deux épouses.

Télécharger l'article en PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close