Sept personnalités du va’a décorées par le président Fritch

Le président Edouard Fritch a élevé, mardi en fin de journée, à Fare, sur l’île de Huahine, au rang de chevalier de l’Ordre de Tahiti Nui sept personnalités ayant œuvré pour le développement du va’a en général et de la course Hawaiki Nui va’a en particulier.

La remise de médailles s’est déroulée la veille du départ de la course Hawaiki Nui va’a qui doit être donné mercredi matin depuis cette même île.

Elise « Tutu » MAAMAATUAIAHUTAPU,

Vous êtes née le 4 mars 1966 à Papeete. C’est auprès de votre père, l’emblématique Edouard Maamaatuaiahutapu, que vous avez construit votre identité de personnalité forte du va’a que nous vous connaissons aujourd’hui. Impliquée très tôt dans la vie associative, vous avez ainsi été un témoin privilégié de l’engagement et de la passion de ceux qui fondèrent Hawaiki Nui Va’a.

Et c’est donc tout naturellement qu’en 2007, à la disparition de votre père, vous vous êtes trouvée investie d’une mission : celle de perpétuer cette grande course d’endurance désormais si importante qu’est la « Hawaiki Nui va’a ».

Ce défi, que bien peu auraient relevé, vous l’avez non seulement porté, mais vous l’avez fait, qui plus est, avec un succès remarquable, contribuant ainsi au développement spectaculaire de cette course, en l’espace de seulement quelques années. Sachant vous entourer des bonnes personnes, faisant preuve de qualités et de compétences reconnues dans le monde viril, et pas toujours facile, du va’a, vous avez fait en sorte que ce grand rassemblement sportif et populaire puisse fêter ses 25 bougies, cette course regroupant même plus de 1000 participants cette année.

Dirigeant le secrétariat de la fédération tahitienne de va’a, « Tutu » est le « fa’ahoro » de « l’Association Comité Organisateur Hawaiki nui Va’a » qu’elle préside depuis ces dix dernières années. Elle symbolise également la réussite des femmes, désormais, dans l’organisation du sport de haut niveau en Polynésie et devient donc un véritable modèle pour les générations à venir.

Pour l’ensemble de votre longue œuvre au service du va’a, et pour votre forte implication pour la réussite de la course Hawaiki Nui en particulier, j’ai donc l’honneur, ma chère Elise Maamaatuaiahutapu, de vous élever au rang de chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui.

Jacques WONG

Vous êtes né le 25 mars 1935 à Papeete. Votre intérêt pour le monde du va’a est venu presque par hasard. Entrepreneur en menuiserie, vous vous êtes montré soucieux du bien-être de vos salariés et c’est ainsi que vous avez demandé à une de vos connaissances de leur prêter un va’a pour faire du sport après le travail. L’engouement fut tel qu’il n’était plus question, simplement, de pratiquer la pirogue, mais bien donc désormais de les construire.

Vous vous êtes donc pris au jeu. Cette activité est devenue pour vous une véritable passion au point que vous avez créé, avec le soutien de votre famille et de votre entourage, le célèbre club “Ihilani va’a” le 1er avril 1980.

Avec Edouard Maamaatuaiahutapu que j’évoquais tantôt, vous avez ainsi été un pilier du va’a, de sa conception, à sa réalisation, et sans oublier bien entendu les grandes courses, tel que Hawaiki Nui va’a, qui mettent nos pirogues et nos aito à l’honneur. Vous avez aussi su transmettre à vos enfants votre passion pour la construction de pirogues à balancier. Le club d’Ihilani est toujours en activité, 36 ans après ses débuts, et il véhicule des valeurs telles que la rigueur, le respect et le “tahoe”.

Aujourd’hui retraité, mais toujours président d’honneur de la Fédération Tahitienne de Va’a et Vice-président de l’ACOHV, l’Association Comité Organisateur Hawaiki nui Va’a, vous êtes, à 81 ans, un véritable monument de ce sport polynésien que vous avez d’ailleurs contribué à faire évoluer.

Pour tout ce que vous avez su réaliser et partager, pendant toutes ces années, pour notre si beau sport qu’est le va’a, j’ai donc l’honneur, mon cher Jacques Wong, de vous élever au rang de chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui.

Erwin TOREA

Vous êtes né le 4 février 1950 à Papeete. Vous avez, vous aussi, joué un rôle majeur dans le développement de la course Hawaiki Nui. Aujourd’hui retraité d’un établissement bancaire, vous avez en effet été à la fois l’argentier de l’ACOHV, l’Association Comité Organisateur de Hawaiki nui Va’a, et de la Fédération Tahitienne de va’a.

Nostalgique de l’ambiance festive et familiale des courses de pirogue d’antan, vous avez d’abord été à la tête du club Terenui en 1985. Figure historique du va’a et fidèle compagnon d’Edouard Maamaatuaiahutapu, vous avez été l’un des artisans de la réconciliation entre la ligue Hitia’a o te ra et Tooa o te ra, laquelle a donné le jour à la Fédération tahitienne de va’a en 1990.

Armé de cette tranquillité et de cette assurance qui vous sont propres, vous avez toujours répondu présent dans les moments difficiles qui ont touché le monde du va’a. La Fédération tahitienne de va’a a ainsi su maintenir le cap et continuer sa progression spectaculaire pour aujourd’hui compter plus de 4 000 licenciés.

Vous avez également participé à la création de la Fédération internationale de Va’a dont vous avez été le trésorier, d’abord de 1984 à 1990, puis de 2008 à 2012. Cette même Fédération internationale de va’a organise tous les deux ans le championnat du monde de la discipline et ce championnat du monde aura lieu, en 2018, à Tahiti. Ce sera un événement très important, non seulement pour le va’a, mais pour la Polynésie dans son ensemble.

Pour vous, la reconnaissance mondiale de ce sport profondément polynésien et l’exportation de ce sport sont des objectifs absolument essentiels. Cette ambition est pleinement partagée et soutenue par le ministère des Sports et le gouvernement que je préside. Afin de vous témoigner toute notre reconnaissance pour le travail que vous avez accompli au service du va’a, j’ai donc l’honneur, mon cher Edwin Torea, de vous élever au rang de chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui.

Alexandre WOHLER

Vous êtes né le 23 juin 1954 à Papeete. Vous avez, dès le début de votre vie active, souhaité faire du sport un métier. C’est ainsi que vous avez d’abord passé le concours de recrutement national des professeurs d’Education physique au CREPS de Vichy. Vous revenez alors au fenua ou avez d’abord mis votre énergie au service du club de « Central Sport », dont vous avez été le trésorier, puis au club de « J.T », dont vous assurez actuellement le secrétariat général. Vous avez mis un point d’honneur, depuis maintenant 35 années, à développer le sport scolaire en Polynésie française. Vous avez donc été l’un des fondateurs de la « Eimeho race », qui rassemble chaque année plus d’une centaine de collégiens pour une course autour de l’île de Moorea.

Enseignant et fervent défenseur des traditions maohi, vous avez aussi organisé les Jeux et Sports traditionnels de l’archipel des Australes, en 1995. Puis, vous avez récidivé, dans le même registre, mais cette fois pour l’archipel des Tuamotu l’année dernière et cette année. Vous avez fait de même également à Tahiti, pour la commune de Hitiaa O te Ra. Egalement reconnu dans le monde de la culture, vous êtes, de plus, souvent mis à contribution en tant que membre de jury pour des événements organisés par la Maison de la Culture.

Mais, plus que tout cela encore, vous êtes aussi et surtout, depuis plusieurs années, l’homme de confiance de la Fédération tahitienne de va’a. En tant que directeur adjoint des courses, votre habile mélange de rigueur et de gentillesse vous permet de faire respecter le règlement et de garantir la sécurité de tous sur le plan d’eau. Commissaire des courses fédérales, mais aussi gestionnaire de la pesée des va’a pour la course « Hawaïki Nui », votre polyvalence est appréciée et fait de vous une personne précieuse pour l’organisation de tels événements.

Pour l’ensemble de ces qualités et de votre travail, j’ai l’honneur, Alexandre Wohler, de vous élever au rang de chevalier de l’ordre de Tahiti Nui.

Louis MAIOTUI

Né le 3 décembre 1957 à Papeete, vous avez fait partie des premiers Tahitiens à défier les Hawaiiens lors de la célèbre course « Molokai Hoe ». C’était en 1977, avec le club de Terematai, et vous avez à cette occasion réussi à prendre la troisième place, d’autres Tahitiens, sur la pirogue « Maire Nui », remportant même la victoire en catégorie Koa cette année-là.

Dès votre retour à Tahiti, vous vous êtes alors donné comme mission avec vos coéquipiers de promouvoir les courses de va’a en haute mer. C’est ainsi que cette même année une traversée entre Papeete et Uturoa a été organisée afin d’inciter les rameurs polynésiens à se lancer dans ce type de courses. En 1984, vous vous êtes engagé aux côtés d’Emile Vernaudon dans la gestion de la Fédération française de pirogue polynésienne.

Secrétaire général de la Fédération Tahitienne de Va’a de 1990 à 2000, vous avez participé à la rédaction des statuts et du règlement de la « Hawaiki Nui Va’a », lesquels, dans les grandes lignes, sont toujours d’actualité. Elu président de la Fédération Tahitienne de va’a en 2007 et vice-président du comité organisateur de Hawaiki Nui, vous êtes un technicien reconnu, un homme de dialogue et de consensus, qui souhaite éduquer les générations futures à ce sport. On vous doit notamment la création et la mise en œuvre du premier diplôme professionnel d’éducateurs et de dirigeants du va’a.

C’est grâce à votre ténacité et votre abnégation que la version actualisée de ce diplôme polynésien permet aujourd’hui à de nombreux clubs et établissements scolaires de vivre l’expérience de cette discipline sportive dans un cadre règlementé et sécuritaire. Afin de vous témoigner notre reconnaissance pour le travail exemplaire accompli au service du va’a, j’ai donc l’honneur, mon cher Louis Maiotui, de vous élever au rang de chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui.

Marcel THUNOT

Vous êtes né le 1er août 1958 à Papeete. Vous avez des qualités physiques indéniables qui vous ont permis d’être un sportif marquant de votre génération. Recordman de Polynésie du triple saut en cadet, à l’âge de 16 ans, vos performances remarquées vous permettent, en juillet 1964, de réaliser un stage de perfectionnement à l’Institut National des Sports (I.N.S.), en métropole, aujourd’hui devenu l’Institut national des sports, de l’expertise et de la performance (I.N.S.E.P.). Vous êtes alors le 1er cadet polynésien à courir le 100 mètres en 10 secondes 80.

Vous devenez aussi champion de France cadet du triple saut, en mai 1965, à Charléty, avec une marque établie à 14,23 mètres. Vous participez ensuite à vos premiers Jeux du Pacifique, en 1966, en Nouvelle-Calédonie, et vous permettez aussi à la délégation tahitienne d’obtenir la médaille de bronze au 4×100 mètres. Vos records personnels sont à peine croyables : 7 mètres 02 au saut en longueur et 1 mètre 93 au saut en hauteur.

Votre premier contact avec le monde du va’a est intervenu en octobre 1980. Vous devenez alors officiel au sein de la Fédération Tahitienne de va’a et ce jusqu’à aujourd’hui, même si, et c’est un comble, vous n’avez jamais souhaité ramer en compétition. Membre fondateur de la Hawaiki Nui Va’a, en 1992, vous avez depuis lors contribué à organiser toutes les éditions de cette course mythique jusqu’à ce jour. Pour votre engagement total au service du va’a, j’ai donc l’honneur, mon cher Marcel Thunot, de vous élever au rang de chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui.

Gino COLOMBEL

Vous êtes né le 11 avril 1967 à Papeete. Vous avez, vous aussi, fait de votre amour inconditionnel pour le sport un métier. Vous travaillez en effet à la Direction de la jeunesse et des sports, depuis 1989 et ce jusqu’à ce jour.

Et puis, en 1995, il y a déjà plus de 20 ans de cela, vous avez fait prendre au va’a un tournant important en introduisant l’informatique dans l’organisation des compétitions. A votre arrivée, toute la communication dans le monde du va’a polynésien se faisait principalement à l’oral. Et vous avez, à la demande de Jacques Bonno, qui était alors à la tête de la Direction de la Jeunesse et des Sports, fait entrer pleinement le monde de la pirogue dans l’informatique et la modernité.

Le monde du va’a s’est ouvert à l’ère numérique et aux nouvelles technologies. Cet apport a permis à la fédération de gagner en réactivité et l’a accompagné dans le développement fulgurant qu’elle a connu ces deux dernières décennies. L’apport de l’informatique est essentiel car la Fédération tahitienne de va’a compte aujourd’hui plus de 4 000 licenciés et elle organise plus d’une trentaine de courses chaque année.

Gino Colombel, vous êtes « l’homme de l’ombre », sur qui tout le monde peut compter. Mais vous n’êtes pas seulement un technicien, vous êtes aussi quelqu’un de très impliqué dans ce sport, avec toujours une gentillesse remarquable, ce qui permet toujours de trouver des solutions aux problèmes techniques, dans n’importe quelle situation, et d’entretenir ainsi l’esprit d’équipe inhérent à ce sport.

Afin de vous témoigner de notre gratitude pour votre précieux travail lors des différentes éditions de la course « Hawaiki Nui », j’ai donc l’honneur, mon cher Gino Colombel, de vous élever au rang de chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui.

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