Statut de Pays associé: « Une nouvelle chimère pour continuer d’exister… » estime le Tapura huiraatira

 

Le Tapura huiraatira réagit dans un communiqué à la présentation de la proposition de loi constitutionnelle portant statut de Pays associé que défend actuellement le président du Tahoeraa Gaston Flosse.

 

Voulant sans doute défier sa propre horloge biologique, Gaston Flosse s’est lancé dans une nouvelle chimère pour continuer d’exister politiquement alors que la justice l’a mis durablement sur la touche.

C’est vrai que cette marotte n’est pas nouvelle puisqu’il avait déjà commencé à en parler alors que les électeurs l’avaient écarté du pouvoir. Mais il avait subitement oublié cette revendication en se faisant élire à la suite des élections de 2013. Rappelons d’ailleurs que cette velléité d’accéder à un statut de pays associé ne faisait alors pas partie du programme du Tahoeraa Huiraatira.

Aujourd’hui retiré dans un bureau aimablement prêté par le président de l’assemblée, il n’a eu de cesse de se demander ce qu’il pouvait faire pour rester dans la course.

De son projet, on retiendra surtout qu’il veut mettre la main sur certaines prérogatives judiciaires, avoir la haute main sur le limogeage de fonctionnaires d’Etat ou des procureurs de la République. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas de préserver les intérêts des Polynésiens mais de régler ses comptes avec tous ceux qui ont mis un coup d’arrêt à sa mégalomanie et à son affairisme. Gaston Flosse n’a pas encore compris que s’il avait été poursuivi, ce n’était pas pour des raisons politiques, mais bien pour ses errances. L’affaire du vol de la vaisselle de la présidence traduit bien la personnalisation d’un pouvoir dont  Gaston Flosse n’a jamais accepté de se départir.

Il est quand même remarquable que celui qui se prétend le père de l’autonomie, l’auteur du statut d’autonomie de 2004, veuille obtenir de nouvelles prérogatives alors qu’il s’est montré incapable, à chaque fois qu’il a été au pouvoir, de mettre en œuvre les compétences dont il disposait.

Quelle inconséquence intellectuelle que de demander la compétence de juger les affaires de terre quand il s’est montré incapable de mettre en place le tribunal foncier prévu au statut de 2004 !

Pourquoi demander de nouvelles compétences judiciaires quand il s’est révélé incapable de mettre en place un simple code des assurances ?

La Polynésie française n’a pas besoin de chimères statutaires pour satisfaire l’égo d’une personne qui ne pense qu’à sa propre existence médiatique, tout en cherchant à maintenir la cohésion d’un groupe politique qui, d’évidence, ne croit plus en l’avenir politique de son leader.

Pour ce qui le concerne, le Tapura Huiraatira reste pragmatique et travaille, en concertation avec l’Etat, à une évolution statutaire qui vise à lever les freins au développement économique et social posés par le statut voulu par Gaston Flosse, sans pour autant remettre en cause notre relation contractuelle avec la République qui nous a attribué la faculté de nous gouverner « librement et démocratiquement » comme cela a été posé en 2004.

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