Tahiti Mahana Beach: les commentaires du Tahoeraa et du Tapura

Dans deux communiqués distincts – l’un signé du Tahoeraa sous l’intitulé « Si le Tahiti Mahana Beach ne se fait pas, on est foutu », l’autre, du Tapura huiraatira faisant état d’un « combat d’arrière-garde » – les deux partis politiques autonomistes commentent à leur manière les derniers rebondissements dans ce dossier touristique majeur.

« Si le Tahiti Mahana Beach ne se fait pas on est foutu »

La presse nous apprend que le Projet Tahiti Mahana Beach est sérieusement compromis car le consortium chinois devant s’occuper du financement se serait retiré. Comment ne pas être surpris de cette décision alors que le président nous assurait encore récemment que tout était en bonne voie. Il faut croire que le costume est trop grand pour lui. Ce ne sont pas les explications emberlificotées qu’il donnera dans les jours à venir qui vont nous convaincre du contraire. Depuis le début le président Fritch s’est montré timoré et frileux en ce qui concerne le Tahiti Mahana Beach, montrant que ce projet était trop grand pour lui. C’est d’ailleurs lui qui déclarait à l’Assemblée durant la commission de l’économie le 18 novembre 2015 en parlant des grands projets : « Mais nous ne savons pas faire. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Nous ne savons pas faire. » 

Pour le projet aquacole de Hao, c’était déjà le même cinéma. Il a fallu que le président se rende lui-même en Chine avec les chefs de service pour sauver le projet qui s’est finalement retrouvé amputé de la moitié des investissements prévus. A force de laisser planer le doute et d’attendre, les investisseurs se méfient et n’y croient plus. La réalité c’est qu’à force de tergiverser Edouard Fritch a cassé la dynamique lancée en 2013. Le Tahiti Mahana Beach est pourtant le seul grand chantier qui est capable de sortir le pays de la crise et de créer les milliers d’emplois attendus. Le 5 aout 2014 le président Gaston Flosse évoquait à la présidence les enjeux du projet Tahiti Mahana Beach : «  Si nous ne parvenons pas à lancer ce projet Tahiti Mahana Beach et les autres, faute d’investisseurs, nous sommes foutus, c’est pour ça que je me bats et que je me battrai jusqu’au bout. »; la suite, chacun la connait ! 

Que de temps perdu. Il ne se passera rien avant la fin de la mandature, et nous aurons perdu une mandature de plus en dépit des assurances données par le président qui affirmait encore dans son discours d’ouverture de la session administrative 2016 : « La période 2015-2018 devait être consacrée au lancement des grands chantiers productifs et créateurs d’emplois. Nous sommes dans cette période et notre gouvernement s’inscrit dans ce timing, contrairement aux rumeurs qui sont propagées. » Le retrait du consortium chinois prouve que nous avions raison de nous inquiéter.  

(…)

Pendant ce temps la population souffre et la PSG est au point mort. N’est-ce pas le président qui déclarait lors de ses voeux télévisés le 31 décembre 2015 : « Cette année 2016 verra la concrétisation de deux grands chantiers : la ferme aquacole de Hao et le Tahiti Mahana Beach. Ce sont des milliers d’emplois qui verront le jour. Nous présenterons bientôt la réforme tant attendue de la Protection sociale généralisée afin d’assurer le paiement des retraites et pour garantir les soins et la solidarité pour tous. Nous avons pris le bon cap. » Faut-il encore le croire ? 

Le combat d’arrière-garde du Tahoeraa

Le Tahoeraa Huiraatira, avant d’avoir pris connaissance des tenants et des aboutissants du dossier Tahiti Mahana Beach, s’est précipité pour mettre en cause le président Edouard Fritch qui serait incapable de mettre en musique les promesses mirobolantes de Gaston Flosse, seul « sauveur » auto-proclamé de la Polynésie française.

Contrairement à ce que dit le parti de Gaston Flosse, le consortium chinois mené par RECAS ne s’est pas retiré. C’est le gouvernement qui a fait le constat que RECAS était incapable de réunir le tour de table pour financer le projet que Gaston Flosse avait chiffré à 250 milliards.

Ce ne sera pas la première fois que des projets démesurés initiés par Gaston Flosse ont du mal à trouver leur concrétisation. Il n’est qu’à constater que le port de Faratea qui devait être le second pôle économique de la Polynésie française est toujours à l’état de friche. Il n’est qu’à voir également la gare maritime de Uturoa désespérément vide ou l’atoll de Tupai livré aux crabes. Tout « est foutu » comme dit le Tahoeraa.

Que de milliards dépensés pour rien ! Et si l’on avait suivi Gaston Flosse, ce serait encore plusieurs milliards qui auraient été investis pour remblayer le terrain du Mahana Beach, sans assurance que le projet aboutisse. Mais à qui auraient profité les travaux de remblais ? A qui d’ailleurs a profité le rachat par le Pays puis la destruction précipitée du Maeva Beach et la vente du mobilier ?

Combien ont coûté au Pays les rêves de grandeur de Gaston Flosse ? Le bilan de l’ancien président, il se joue surtout à la barre du tribunal. Ses leçons de bonne gouvernance, qu’il les garde pour son fan club.

Quant au projet Mahana Beach, il n’est pas mort. Il continuera à progresser, dans la plus totale transparence, comme l’a fait jusqu’à présent le gouvernement d’Edouard Fritch. Des investisseurs locaux, qui croient en l’avenir du Pays contrairement à Gaston Flosse, sont prêts à prendre le relai pour mener à bien un projet réaliste, avec le soutien des banques. Le travail de sape de Gaston Flosse n’y changera rien. Il fait aujourd’hui partie de l’arrière garde et mène son combat comme tel.

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