Tearii Alpha fait le point sur le secteur primaire à Taha’a

Le ministre du Développement des ressources primaires, Tearii Alpha, s’est rendu jeudi, à Taha’a, accompagné de la sénatrice, Lana Tetuanui, de la Présidente de la Chambre d’Agriculture et de la Pêche Lagonaire (CAPL), et des responsables de l’EPIC vanille et du Service du Développement Rural (SDR).

La délégation a débuté ses visites sur le terrain en se rendant à Agri Ananahi, une entreprise individuelle produisant le rhum Mana’o, avec un concept innovant pour l’île de Taha’a. L’entreprise s’est associée à des agriculteurs, planteurs de canne à sucre, qui suivent un cahier des charges précis en agriculture biologique. Cette association permet d’apporter à ces agriculteurs un débouché garantissant l’achat de toutes leurs productions.

Deux agriculteurs, planteurs de canne à sucre, sont déjà certifiés en agriculture biologique pour une surface de quatre hectares. Un troisième est prévu d’être certifié dans le courant de l’année 2017, avec ainsi un hectare de plantation supplémentaire. Au total, ce sont sept hectares qui seront certifiés en agriculture biologique d’ici 2018 pour cinq agriculteurs.

L’objectif visé par cette entreprise est de produire 50 000 bouteilles de rhum par an dès 2019. Celle-ci prévoit notamment un investissement de 50 millions Fcfp sur 2017-2018 pour disposer d’un bâtiment de transformation et de conditionnement autonome en énergie avec entre autres des panneaux solaires et une chaudière à biomasse.

La délégation a poursuivi sa visite avec les vaniculteurs. Deux types de culture de vanille existent sur l’île : la culture sous combrière et la culture traditionnelle. La première, une exploitation privée sous ombrière de 1152 m2 appartenant à Frédéric Mama, a bénéficié des premières structures subventionnées par le Pays. Il fait partie aujourd’hui des meilleurs producteurs de l’île et a depuis agrandi son exploitation sur ses propres fonds. La seconde, l’exploitation traditionnelle d’Alexis Tepapa, met en application une technique de mariage qui lui garantit à la fois une meilleure qualité de ses gousses et un meilleur rendement.

La délégation a ensuite reçu l’ensemble des comités de surveillance de vanilles mûres afin de leur présenter le bilan de production de l’année 2016. Force est de constater une baisse de production de la vanille depuis quelques années. Pour amorcer la reprise de la production, le ministre a naturellement rappelé l’importance de la solidarité des producteurs, à un regroupement des vaniculteurs autour d’une coopérative afin de mobiliser la ressource, la mutualisation des moyens, avec un partage du savoir-faire et l’optimisation des aides publiques tout en insistant sur la formation des jeunes et le transfert de compétences, de l’expérience des anciens et de leur savoir traditionnel.

A cette occasion, le calendrier de vente de la campagne 2017 leur a été présenté et a permis de rappeler les objectifs de la filière à savoir :

– L’absolue nécessité d’une production de qualité, biologique, condition sine qua none garantissant la promotion du produit au niveau mondial et sa commercialisation sous un label « bio ».

– Revenir sur le taux d’humidité de la vanille aujourd’hui fixé à 60%. Aujourd’hui, ce critère est identifié comme un frein à la qualité et les vaniculteurs sollicitent à l’unanimité un retour sur un taux plus raisonnable (40 à 50%).

– Augmenter les surfaces de production ;

– Renforcer le rôle de contrôle des comités de surveillance de la vanille mûre.

Cette journée s’est s’achevée par une rencontre à la mairie de Patio. Plus de 50 agriculteurs étaient présents. Plusieurs sujets ont été évoqués et les agriculteurs ont tenu à rappeler au ministre que Tahaa est une île orientée vers le secteur primaire. Elle est bien connue pour sa production de coprah d’une part, puisqu’elle dispute la première place pour cette production avec Rangiroa et, d’autre part, cette île est également connue pour sa production de vanille et de produits fruitiers.

Le ministre a réaffirmé son soutien au développement du secteur primaire. Pour les îles Sous-le-Vent, il propose d’orienter la production agricole vers le marché du tourisme et celui de Bora Bora en particulier. Il propose également de travailler en synergie avec les professionnels de ce secteur et organisera ainsi une rencontre afin de recenser les exigences et les besoins des hôtels et identifier les filières à développer.

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