Tourisme: « La desserte internationale apparaît limitée au regard des ambitions touristiques affichées », selon l’IEOM

Dans la note expresse que vient de réaliser l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) sur le tourisme en 2013, un volet est naturellement consacré à la desserte aérienne internationale et inter-îles. En voici les conclusions…

L’éloignement de tous continents rend la Polynésie française très dépendante d’une desserte aérienne dont le coût élevé est souvent cité comme un frein au développement touristique du territoire. Sept compagnies internationales relient la Polynésie française à l’Europe (Paris), l’Amérique (États-Unis, Chili), l’Asie (Japon) et l’Océanie (Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, îles Cook). Avec 65 % de l’offre de sièges en 2013, Air Tahiti Nui (ATN), compagnie appartenant au Territoire, est le premier opérateur des liaisons internationales, suivi par Air France (15 %) et Air New Zealand (8 %). Les vols internationaux représentent 54 % du trafic passagers du seul aéroport international du territoire (Tahiti Faa’a) en 2013.

Le nombre de vols commerciaux et le trafic passagers sont orientés à la baisse (-17 % entre 2008 et 2013) mais le coefficient moyen de remplissage des compagnies aériennes progresse sur la période (74 % en 2013 contre 68 % en 2008) sous l’effet de la réduction de l’offre de sièges (-23 %).

Paris et Los Angeles constituent les principaux flux de passagers avec respectivement 38 % (+ 3 points par rapport à 2008) et 25 % de parts de marché en 2013. Auckland représente aujourd’hui 18 % du trafic passagers (contre 12 % en 2008) et Tokyo 8 % (contre 5 %).

Les transports aériens sont marqués par le poids significatif de la clientèle résidente, qui se traduit par une saturation de l’offre aérienne pendant les périodes de vacances scolaires, où les touristes internationaux trouvent peu de places et à des prix élevés. Le coefficient moyen de remplissage des vols internationaux s’élève ainsi en moyenne à 82 % en haute saison (juillet-septembre).

La desserte internationale apparaît limitée au regard des ambitions touristiques affichées, avec en particulier un nombre restreint de destinations desservies en vol direct. Pour retrouver des marges de manoeuvre et contribuer à la relance du secteur, la compagnie ATN a récemment ouvert plusieurs chantiers (renforcement de la desserte d’Auckland, développement des accords de code-share, rénovation et à terme renouvellement de sa flotte). Elle mise également sur le développement des marchés en croissance, et en particulier de la clientèle chinoise, avec 10 000 passagers espérés à l’horizon 2016 contre moins de 1 900 en 2013.

Air Tahiti: un remplissage inférieur aux taux d’équilibre

La desserte aérienne des archipels est assurée par le groupe privé local Air Tahiti, qui offre un programme de liaisons régulières vers 47 des 67 îles habitées de la Polynésie française. Le trafic passagers de la compagnie s’élève à 722 600 en 2013, dont 35 % concernent les touristes internationaux. Parmi eux, la clientèle nord-américaine représente 37 % du trafic touristique, en progression de 3,6 points par rapport à 2007, tandis que la part des passagers français reste stable sur la période (20 %). Par ailleurs, 16 % des passagers internationaux de la compagnie sont acheminés par avion vers les îles dans le cadre d’une croisière (contre 20 % en 2007).

La faiblesse de l’activité économique polynésienne et le repli de la fréquentation touristique se reflètent dans l’évolution du trafic aérien domestique : le nombre de passagers sur les lignes intérieures s’est replié de 3,5 % en moyenne annuelle sur les cinq dernières années. La réduction du trafic des résidents est nettement plus marquée que celle des touristes internationaux (-23 % contre -10 % entre 2007 et 2013). Dans le même temps, le nombre de sièges offerts par Air Tahiti a été ajusté à la baisse (-8 %).

Depuis 2008, et à l’exception de l’année 2010, les taux de remplissage (64 % en 2013) sont cependant inférieurs aux taux d’équilibre, ce qui se traduit par des résultats d’exploitation négatifs pour la compagnie. Air Tahiti prévoit en conséquence une réduction d’environ 20 % de son programme de vol en 2015, qui affecterait en particulier les fréquences de desserte des Tuamotu et des Marquises. L’absence de schéma directeur du transport aérien et d’une Délégation de Service public, relevée dans un rapport de la Chambre territoriale de la Cour des comptes publié début 2014, ne facilite pas la structuration de la desserte domestique.

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