Transports en commun: aucun véhicule neuf n’a été mis en service après 2011, déplore la CTC

Dans un rapport d’observations définitives de plus de 50 pages, la Chambre territoriale des comptes (CTC) dresse un état des lieux pas très reluisant du service public des transports terrestres au fenua.

Premier constat des magistrats: « la situation n’a guère changé » depuis 2008, date d’un précédent rapport dans lequel les « observateurs » avaient fait état de doléances récurrentes des usagers, de revendications des exploitants et d’alertes répétées de la direction compétente en la matière à sa tutelle.

Pourtant, les besoins sont réels! En effet, 19% des ménages vivant dans l’agglomération de Papeete ne disposent d’aucun véhicule, d’où l’enjeu fondamental du contrat de ville 2015-2020.

La CTC met l’accent sur le coût global des transports terrestres pour le Pays estimé annuellement à plus de 1,3 milliard de Fcfp dont environ 700 millions de Fcfp consacrés au transport scolaire terrestre de plus de 23 000 élèves des premier et second degrés sur l’ensemble du territoire. Paradoxalement, elle pointe également du doigt « l’inadéquation entre le volume des missions » dédiées à la direction des transports terrestres (DTT) et ses moyens humaines, à savoir 64 postes budgétaires fin 2016. Sans parler de son système informatique obsolète, ne permettant pas d’interconnexion entre ses divers services…

Mais contrairement à ce que l’on peut lire dans le rapport, le schéma directeur des transports collectifs et déplacements durables de l’île de Tahiti, approuvé en conseil des ministres le 24 août 2016, a bien été adopté par l’assemblée le 17 août dernier. Sa mise en oeuvre, « dans les meilleurs délais », n’en est pas moins vivement recommandée par la CTC, ne serait-ce qu’en raison de la proche échéance des convention de délégation de service public actuelles…

En attendant, force est de constater – sur la base du diagnostic dressé en 2015 – qu’une « grande partie des services quotidiens contractuellement prévus ne sont pas assurés », déplorent les magistrats. Et d’expliquer que « les dessertes de proximité, ainsi que les dessertes en heures creuses ont été supprimées ». Plus grave encore, le renouvellement du parc de matériel roulant n’a pas été régulièrement poursuivi, contrairement aux engagements conventionnels pris par les exploitants. Ainsi, aucun véhicule neuf n’a été mis en service après 2011.

En conclusion, et cela résume bien l’état des transports en commun, la CTC note: « La mise en oeuvre de ce service laisse apparaître des inefficiences qui n’ont pas lieu d’être dans le cadre d’un service public. Le réseau présente ainsi des caractéristiques d’une activité non régulée, marquée par l’absence de desserte de certaines zones et le sous-investissement  dans les infrastructures et l’équipement. Seule l’uniformité des prix reste garantie par leur fixation en conseil des ministres ».

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