Un collectif des habitants des Marquises toujours hostile au projet de pêche industrielle

Dans une lettre ouverte (reproduite ci-dessous en intégralité) adressée au président du Pays ainsi qu’au représentant de l’Etat, un collectif des habitants des Marquises réitère son opposition au projet de base de pêche actuellement à l’étude dans l’archipel. Il affirme avoir recueilli près de 4000 signatures.

 

Comme nous vous l’avions déjà signifié, le projet « Marquesas fisheries project » de la CODIM nous parait contre-productif. Les emplois promis ne seront pas viables et les dégâts environnementaux occasionnés par un tel développement de la pêche semi-industrielle s’avéreront désastreux pour notre archipel et par conséquent pour l’économie locale. Le collectif des citoyens des îles Marquises que nous représentons (apolitique) et l’association de protection de l’environnement des Marquises souhaitent vous faire part des recherches et collectes d’informations qui ont amenées à cette conclusion :

Après consultations des études et des recommandations des scientifiques de la place mais aussi internationaux comme ceux de la  food & agriculture organisation des Nations-Unis (FAO) ou encore de l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il s’avère que la population de thon obèse à été réduite de 84% dans le Pacifique sud à cause de la surpêche et qu’il est recommandé par les scientifiques de réduire de 40% l’effort de pêche des espèces ciblées par le projet CODIM. Et nous devrions laisser développer la pêche industrielle? Que restera t-il pour nos petits pêcheurs locaux qui ne veulent pas investir dans des thoniers et pour la population locale ?

Nous n’avons rien contre la pêche, mais une pêche raisonnée, à échelle humaine c’est-à-dire une pêche artisanale pour les Marquisiens (speed boats, poti marara et bonitiers de moins de 13 mètres propriétés des pêcheurs de l’archipel uniquement). Nous voulons préserver notre environnement maritime pour que les générations futures puissent en profiter. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur notre souhait de voir les maires et le Pays s’investir pleinement dans le projet d’aires marines protégées aux Marquises. Ce qui pourrait notamment déboucher sur un tourisme écologique.

Nous sommes parfaitement conscients de l’importance de créer de l’emploi aux Marquises, mais nous savons désormais que la ressource ciblée par la CODIM est très fragile et que par conséquent l’emploi promis ne sera que temporaires (quelques années tout au plus).

Il existe bien d’autres pistes de développement économique qui devraient être au cœur du travail de la CODIM :

-Il est tout à fait possible de développer la transformation du poisson en créant notamment une usine de conserverie ; le thon en boite originaire des Marquises ou encore le poisson fumé de l’archipel pourrait être développés et exporté vers Tahiti.

-L’île de Ua Huka avait pendant un temps pensé à développer l’exportation d’agrumes vers Tahiti, c’est aussi une très bonne piste quand on sait que les populations des îles du vent et sous le vent apprécient particulièrement les citrons et les pamplemousses des Marquises.

-La filière du miel est également stagnante alors que notre archipel est exempt de maladies dans ce domaine. La CODIM pourrait mettre l’accent sur l’apiculture en mettant en place des formations pour les jeunes. Idem pour la vanille.

– Avec 22 000 touristes qui arrivent par la mer chaque année dans l’archipel, il y a aussi là des choses à développer, notamment des zones d’accostage sécurisées pour les voiliers dans plusieurs îles car cette clientèle consomme énormément sur place, elle achète fruits et légumes aux maraîchers, du poisson aux pêcheurs, de l’artisanat,elle se ravitaille dans les magasins d’alimentation, elle mange au restaurant, elle fait aussi travailler les prestataires de services. Et pourtant, l’archipel ne comte aucune infrastructure pour accueillir les yachtmen (à l’exception de la nouvelle cale de halage crée récemment par un privé à Hiva Oa) et faire en sorte qu’ils prolongent leur séjour aux Marquises.

Tout ça pour dire qu’il y a de nombreuses choses à faire pour créer de l’emploi local sans détruire notre équilibre environnemental, ce qui irait à l’encontre du tourisme qui est la première source d’emploi de l’archipel.

A la fin du mois, nous ferons parvenir l’ensemble des signatures (pétitions papier) de l’archipel contre ce projet. Vous n’êtes pas sans savoir que la pétition change.org a quant à elle déjà récolté plus de 4000 signatures.

 

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2 pensées sur “Un collectif des habitants des Marquises toujours hostile au projet de pêche industrielle

  • 13 août 2017 à 5 h 58 min
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    Bravo pour cette reflexion apolitique, réfléchie et illustrée par des avis d’experts. Il est révolu le temps des bénéfices à court terme: il faut penser à l’avenir et à ce qui sera transmis à nos enfants. Les développements suggérés devraient intéresser les investisseurs qui ont de l’argent pour des thoniers inutiles: construisez des unités de transformation de poisson, des vanilleraies, des ruches et une miellerie, des pontons sécurisés, etc…

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  • 5 octobre 2017 à 5 h 00 min
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    Bravo les marquisiens, surtout ne lâchez rien. La pêche industrielle est un désastre qui détruit les écosystèmes marins. Merci pour vos efforts afin de protéger la nature mais aussi les générations futures.

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