Un « tournant numérique » que le CESC ne veut pas manquer!

Les membres du Conseil économique, social et culturel (CESC) ont été réunis en séance plénière mardi matin pour rendre un avis sur un projet de délibération portant approbation du Schéma directeur d’aménagement du numérique en Polynésie française (SDAN).

La société civile reconnaît que le SDAN représente un enjeu de taille pour la Polynésie française, où les spécificités géographiques, climatiques et humaines peuvent accentuer l’intérêt pour le secteur numérique et ses potentialités.

Sur le principe, le CESC reconnaît la nécessité de l’élaboration d’un SDAN. Il considère que le Pays doit se doter d’une vision à long terme de son développement numérique en tenant compte de ses spécificités.

Le SDAN est un outil de cadrage et de planification lui permettant de mettre en perspective ses ambitions et objectifs en matière d’aménagement numérique, en concertation avec l’ensemble des parties prenantes.

Pour autant, le Conseil économique, social et culturel souligne le caractère contradictoire du SDAN qui selon l’exposé des motifs se veut être un « document stratégique de long terme ». Or, cette « feuille de route » ne fixe aucune priorité d’actions, ne prévoit pas de planification, ni phasage des douze propositions déclinées.

Le CESC a également pris note qu’un prochain programme d’actions détaillé, inspiré notamment des travaux de l’ODEN et de l’OPEN, devrait suivre ce document, comprenant notamment des volets dédiés à l’évaluation des actions programmées et aux financements. Ce programme détaillé n’ayant pas encore été établi, il n’a pas permis au CESC de rendre un avis éclairé.

Le SDAN est un document nécessaire de la politique de développement numérique de la Polynésie française. Ce document permettra de donner un cadre commun à tous les acteurs, de mettre en perspective les ambitions et objectifs du Pays en matière d’aménagement numérique et donner une feuille de route sur les évolutions à conduire.

La Polynésie française ne doit pas rater son « tournant numérique » et réussir à tirer partie des opportunités que lui offrent les évolutions du numérique. D’autant que les enjeux sont accrus dans un territoire isolé et dispersé comme celui de la Polynésie française.

Le numérique doit favoriser la compétitivité de notre économie et améliorer l’accès des populations aux services et à l’information. Le numérique et les TIC doivent aussi être un outil qui favorise le désenclavement et la cohésion sociale.

Le rôle de la puissance publique est de veiller à une évolution du numérique profitable à tous et de s’assurer que l’économie numérique contribue à un développement équitable et harmonieux.

Le défi consiste à concilier les attraits pour la « société du numérique » avec un mode de développement durable et équitable, qui participe à l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre.

Le Conseil économique, social et culturel attire l’attention des pouvoirs publics sur les principales observations et recommandations suivantes :

  • Le CESC reconnaît que le SDAN représente un enjeu de taille pour la Polynésie française, où les spécificités géographiques, climatiques et humaines peuvent accentuer l’intérêt pour le secteur numérique et ses potentialités. Son élaboration est incontournable pour le bon développement du numérique en Polynésie français ;
  • Le SDAN est un document qui se veut stratégique. Or les liaisons régionales entre la Nouvelle Calédonie et Tahiti par câble optique sous-marin ainsi que la liaison internationale entre la Chine et le Chili, ne sont pas évoqués dans le SDAN. Ces liaisons stratégiques avec le câble Honotua permettraient de faire de la Polynésie française un « hub » international ;
  • Il est nécessaire d’identifier et de chiffrer les besoins urgents en matière d’éducation, protection de l’enfance, de santé, de développement économique (tourisme), etc. Le CESC plaide en faveur d’une meilleure appréciation des besoins selon les archipels, selon les catégories d’usagers et les types d’usages ;
  • Il convient de fixer des priorités en matière de déploiement des infrastructures en fonction des zones géographiques et des usages du numérique dans les différents secteurs. A ce titre, il avait été évoqué dès 2007, l’établissement de zone(s) franche(s) pour des entreprises internationales, qui n’apparaissent pas dans le projet de SDAN ;
  • Le CESC préconise que le SDAN fixe des objectifs chiffrés et prévoit l’établissement de bilans d’exécutions relatifs aux différentes propositions d’actions ;
  • Le CESC recommande de définir et mettre en œuvre les conditions d’une véritable régulation du secteur du numérique.

Présenté par Alice Pratx-Schoen et Patrick Bagur en leur qualité de rapporteurs, le texte a été adopté à la quasi-unanimité par 34 votes pour, 0 vote contre et 1 abstention.

A partir du communiqué du CESC

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