La délinquance mobilise les plus hautes autorités de l’Etat et du Pays

Le conseil de prévention de la délinquance en Polynésie française a tenu cet après-midi sa troisième réunion plénière en présence du ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, ce qui constituait l’un des temps forts de son déplacement au fenua.

Rappelons que le Conseil de prévention de la délinquance de la Polynésie française a été créé par arrêté du Haut-commissaire et installé le 18 janvier 2016.

Il résulte d’un certain nombre de faits observés sur le terrain, jugés pour le moins inquiétants par les responsables de l’Etat comme du Pays.

Une augmentation de la violence liée aux taux des violences intrafamiliales constatés en Polynésie française, supérieurs aux moyennes nationales.

Les atteintes volontaires à l’intégrité physique (AVIP) représentent 2560 faits en 2016, en baisse de 3,9% par rapport à 2015. Néanmoins, les faits constatés de violences ont doublé au cours des dix dernières années et représentent depuis 2013 plus de 2 500 faits par an.

Parmi ces AVIP, ce sont les violences intrafamiliales qui sont préoccupantes en volume. En effet, les violences physiques non crapuleuses constatées en 2016 ont un taux pour 1000 habitants de 7,25, largement supérieur au taux national de 4,61. Les violences sexuelles ont quant à elle un taux pour 1 000 habitants de 0,97, supérieur au taux national de 0,57.

« Chaque jour en Polynésie française, plus de 3 femmes sont victimes d’un acte violent ».

1 171 faits de violences ont été enregistrés en 2016 sur des victimes de sexe féminin, et de nombreuses violences ne sont toujours pas dénoncées ou révélées, notamment dans le cadre conjugal.

Une stabilité des atteintes aux biens (AAB) sur les dernières années à des taux inférieurs aux moyennes nationales.

La délinquance acquisitive en Polynésie française est inférieure au seuil national. Le taux annuel pour 1 000 habitants des atteintes aux biens est de 24,5 faits en 2016 en Polynésie française contre 33,8 au niveau national. La Polynésie française est par ailleurs préservée en matière de délinquance organisée, et en l’absence de phénomènes de vols à main armée, les atteintes aux biens sont constituées principalement de vols sans violence (5 943 faits en 2016).

Une constatation des infractions à la législation sur les stupéfiants (ILS), qui laisse apparaitre une consommation « banalisée », notamment de cannabis

Les infractions à la législation sur les stupéfiants (ILS) représentent 1 567 faits en 2016, en baisse de 7,2% par rapport à 2015, après une augmentation forte constatée ces 10 dernières années (moins de 1 000 faits en 2007, plus de 2 500 faits en 2014). Si la présence de certaines drogues dites « dures » comme l’héroïne demeure marginale en Polynésie française, la consommation d’ « ice » (métemphétamine) s’y développe. Le cannabis (« paka ») est en revanche très répandu sur le territoire. En 2016, les opérations de recherches de « paka » menées par la gendarmerie ont permis la destruction de 32 662 pieds de cannabis.

Les mineurs et les jeunes sont proportionnellement plus concernés par la délinquance acquisitive.

L’analyse de la délinquance des mineurs en 2016 permet de constater que les jeunes sont plus largement « représentés » dans les faits d’atteintes aux biens, où ils représentent plus d’un tiers des personnes mises en cause. Les mineurs représentent également plus de 10% des auteurs de violences, et plus de 21% des auteurs de violences sexuelles.

Réalisé à partir du dossier de presse – Photos HC

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