Une étude pour identifier les produits chimiques les plus toxiques pour nos récifs – Tahitinews

Une étude pour identifier les produits chimiques les plus toxiques pour nos récifs

La secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a annoncé le 1er août le lancement d’une mission destinée à identifier les produits chimiques les plus toxiques pour les récifs coralliens, afin de mieux protéger ces écosystèmes fragiles.

L’Agence nationale de sécurité de l’alimentation et de l’environnement (Anses) sera chargée d’identifier les produits les plus nocifs et de proposer les mesures d’encadrement réglementaires. Les lessives, les cosmétiques et les crèmes solaires sont particulièrement visés. « Si ces filtres chimiques dégradent les eaux, ça met en péril les récifs coralliens », explique Bernard Salvat, professeur honoraire à l’Ecole Pratique des Hautes Études (EPHE).

Le danger n’est pas immédiat, « le récif corallien français sera atteint aux environs de 2050 », indique le chercheur, mais les mesures pour protéger cette biodiversité doivent être mise en place dès aujourd’hui. L’Anses rendra ses conclusions au premier trimestre 2019.

Il n’y a donc pas que le réchauffement climatique qui cause la perte des récifs coralliens ?

Bernard Salvat : Non, le réchauffement climatique pourrait causer de graves dégradations dans les récifs coralliens essentiellement par l’élévation de la températures dans les eaux des océans. Les produits chimiques, eux, sont nocifs. Les crèmes solaires ont des filtres chimiques qui filtrent les ultraviolets. Ils se retrouvent dans l’eau de mer et développent des infections qui sont néfastes pour les coraux et leurs algues symbiotiques. Les coraux vivent avec des algues qui réalisent la photosynthèse. C’est une symbiose qui leur permet de croître et d’avoir un squelette calcaire. Si ces filtres chimiques dégradent les eaux, ça met en péril les récifs coralliens.

Quand un récif meurt, il entraîne avec lui toutes les espèces qui y vivent ?

Le récif ne meurt pas d’un seul coup, il blanchit d’abord, c’est-à-dire que le corail perd ses algues symbiotiques, qui lui donnent de la couleur. Elles quittent, en quelques sortes, le navire. À ce moment-là, on a un phénomène de blanchiment qui est dû en général à la température, mais qui peut être dû également à des pollutions chimiques. Lorsqu’il y a une rupture de cette symbiose entre les algues et le corail et que le corail devient blanc, si la perturbation est trop longue, les coraux peuvent mourir et le récif peut péricliter et par conséquent tous les organismes qui vivent au sein de ce récif peuvent finir par mourir.

L’État d’Hawaï va interdire une partie des produits solaires à partir de 2021. Souhaitez-vous que la France fasse pareil ?

Oui, c’est quand même une bonne solution, parce que les crèmes solaires qui sont utilisées dans la majorité des cas sont des filtres chimiques, alors qu’il existe des crèmes solaires avec des filtres minéraux, qui sont à base de zinc ou de titane et qui eux, sont sans danger par l’environnement marin. Il vaudrait mieux favoriser ces crèmes solaires.

Les récifs coralliens français sont-ils en danger ?

Comme un peu partout dans le monde. Ils seront surtout atteints aux environs de 2050, à cause du réchauffement climatique. Les récifs coralliens français, qui représentent à peu près un dixième des récifs coralliens de la planète, sont répartis dans les trois océans. Les récifs coralliens qui sont dans les eaux Pacifiques, en Polynésie française ou en Nouvelle-Calédonie, sont quand même très éloignés des masses continentales et des pollutions, avec une pression démographique relativement faible. Ceux-là sont mieux protégés que ceux des Caraïbes et de l’Océan indien.

Source: Yahoo actualités

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