Une politique globale de la Famille à repenser

Lors de l’examen du plan d’orientation stratégique pour la mise en œuvre d’une politique de la famille, ce matin dans l’hémicycle, le président Fritch a partagé sa vision et ses ambitions avec l’ensemble des représentants. Un dossier important puisqu’il a été débattu tout au long de la matinée. Voici son allocution reproduite en intégralité.

Nous entendons trop souvent dire que notre société ne joue pas son rôle.

Trop souvent nous sommes confrontés aux grandes difficultés que vivent certaines familles.

Au fil du temps, sous les effets de la crise de ces 10 dernières années, les familles, socle de notre société et de la réussite de notre Fenua, se sont fragilisées.

Les comportements déviants de certains jeunes mettent en péril la cohésion sociale. Les familles ne jouent plus leur rôle : elles éduqueraient moins bien, elles ne transmettraient plus les valeurs et ses vertus, pourtant indispensables à la cohésion et au bien commun.

Les jeunes ne trouvent pas d’emploi et d’activité. Ils se complaisent ou se réfugient dans l’alcool, le Komo et le paka. Ils quittent  la maison où les conflits surgissent ; la rue devient leur refuge.

Le modèle familial a volé en éclat.

Les effets des ruptures, divorces, violences, addictions se font ressentir pendant des années, empêchant les enfants de devenir des adultes responsables.

L’image parentale est tronquée.

L’école joue un rôle dans la construction de la personnalité, mais elle occupe les jeunes sur une durée de 170 jours par an, soit la moitié d’une année ! Les parents donc restent les acteurs principaux de la construction de l’enfant et du lien social.

Quand les familles sont défaillantes, d’autres acteurs tentent de les suppléer : les associations sportives, sociales et culturelles ou encore les églises contribuent largement à l’éducation des enfants et adolescents.

Il faudrait évidemment rappeler et remobiliser les parents à leurs responsabilités.

Il faudrait évidemment aider et accompagner ceux qui peinent à assurer leur rôle de parents, pas seulement en terme économique, mais bien au-delà.

Rien ne remplace et ne remplacera la famille, même si sa composition change rapidement. Dans une société en crise, la famille devient un espace sécurisant et protecteur.

Nous entendons fréquemment dire « quand l’économie va tout va ! C’est l’économie qui tire le social ». Or, si cela est vrai pour  un certain nombre de personnes en recherche d’emploi, il ne l’est pas pour celles qui sont fracassées par la vie.  

C’est donc une politique globale de la famille qu’il est nécessaire de repenser et de mettre en place urgemment.

Dans cette politique, il ne s’agit pas que d’attribuer des prestations aux familles les plus démunies.

Il s’agit également d’examiner les conditions de logement, la stabilité de l’emploi, l’accès aux équipements et services collectifs, un système scolaire de qualité, la sécurité dans les transports et dans la rue. Ces paramètres jouent un rôle tout aussi primordial.

Les valeurs que nous devons porter, l’exemple que nous devons montrer s’adressent aux familles, sans qui notre société n’existerait pas.

L’énergie que nous devons dépenser s’adresse à elles, à celles pour qui nous avons accepté de nous battre.

Nos responsabilités d’élus nous obligent à répondre avec courage, audace et imagination à leur désarroi.

C’est dans cet esprit que j’ai sollicité des personnes de la société civile reconnues pour leurs engagements auprès des plus vulnérables. Un groupe de travail composée d’une dizaine de personnes comprenant des élus de l’Assemblée, de membres d’églises, de praticiens du secteur social, se sont activement impliquées sous la conduite de madame Maiana Bambridge durant 4 mois.

Je leur ai demandé de nous proposer sans retenue, et avec conviction un plan d’orientation stratégique pour la mise en œuvre d’une nouvelle politique de la famille. Ce plan a été soumis pour validation à tous les principaux acteurs qui oeuvrent dans le domaine social polynésien, puis adopté par le conseil des ministres.

Qu’elles soient aujourd’hui remerciées pour leur disponibilité et la qualité de leur travail.

Je salue également l’implication constante et le travail déjà réalisés par nos églises auprès des familles.

Compte tenu du fait que la famille est un enjeu qui intéresse et préoccupe tous les Polynésiens, j’ai trouvé opportun que les recommandations établies dans le rapport sur la famille, vous soient soumises pour examen.

Si nous voulons offrir des conditions d’évolution optimales à nos familles, il appartient aux élus de l’Assemblée de valider ces préconisations ; puis au Gouvernement de les porter en s’appuyant sur les différents relais associatifs et institutionnels.

Mes amis, la situation de nombreuses familles de Polynésie est difficile. L’heure est suffisamment grave depuis longtemps.

Au-delà de nos clivages politiques, je vous demande avec force de porter un débat constructif sur ces actions proposées par la société civile, qui attend de nous un véritable engagement car pour une fois nous serons son bras armé.

Les familles de Polynésie appartiennent toutes à un seul et même Pays que nous aimons. 

Les cinq archipels font UN et je suis certain que nous avons tous conscience, au sein de cet hémicycle, de la responsabilité que nous avons vis-à-vis des familles qui les composent.

Je vous remercie de votre attention.

 

 

 

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