Valentina Cross s’accroche à ses îles flottantes

Dans une lettre ouverte adressée au président du Pays, la représentante Tavini à l’assemblée, Valentina Cross, poursuit sa croisade s’agissant du projet d’îles flottantes en demandant officiellement au chef de l’exécutif local de résilier le protocole signé le 13 janvier 2017.

Un sujet dont l’élue de Teva I Uta fait une arme politique pour déstabiliser le gouvernement à quelques semaines des élections territoriales alors que celui-ci a déjà maintes fois répété que le projet n’était pas d’actualité. En attendant, voici son courrier…

Monsieur le Président,

Le 13 janvier 2017, vous avez signé avec « The Seasteading Institute » (TSI), un protocole d’entente intitulé « Recueil d’Intentions Réciproques – Memorandum of Understanding (MoU) », où il est stipulé, à l’article 1.2, que : « The Seasteading Institute a pour but de lancer des prototypes d’îles flottantes dans les eaux calmes de Polynésie française. ». TSI a pris soin de préciser sur son site que « le projet consiste à construire des plateformes flottantes dans un lagon de Polynésie française.»

Dès le protocole d’entente signé, TSI a réalisé, à ses frais, toutes les études pour la réalisation future du projet d’îles flottantes en Polynésie française, qui ont été rassemblées dans un dossier de 360 pages et qui vous ont été communiquées en octobre 2017.

Et parmi ces études, il y en a une portant sur les espaces maritimes propices à l’installation d’îles flottantes que TSI a localisés dans le Sud de Tahiti comme « zones potentielles » : trois à Teva i uta avec Atimaono, Mataiea et Ataiti, une à Toahotu et une dernière à Vairao.

Le cadre réglementaire spécial de ces îles flottantes ayant été finalisé fin décembre 2017 comme prévu au protocole d’entente, TSI a pu annoncer dans divers médias du pays et à l’international la concrétisation de ce projet d’îles flottantes en Polynésie avec la diffusion d’une vidéo montrant une île flottante dans le lagon de Atimaono avec comme message : « La première colonie flottante au monde deviendra une réalité en 2020 », ce que vous avez confirmé sur le plateau du journal télévisé de Polynésie 1ère du 14 janvier dernier.

Après la dénonciation de ce projet sur les réseaux sociaux, relayée par la presse locale et internationale dans le courant de la deuxième quinzaine du mois de janvier dernier, le porte-parole de votre gouvernement Jean-Christophe Bouissou et votre ministre et maire de Teva i uta Tearii Alpha ont réagi en déclarant qu’il n’y avait aucun accord de passé sur aucun projet, ou encore, que le fond du dossier ne vous a jamais été présenté et qu’il n’y a pas eu de suite concrète.

Mais, vous êtes allé beaucoup plus loin que vos deux ministres ; en effet, lors du journal télévisé de TNTV du 15 février, vous avez fait cette déclaration stupéfiante : « J’apprends qu’il y a un projet à Atimaono. Je n’ai jamais vu de projet sur Atimaono ; et, j’ai envie de dire aux téléspectateurs ce soir que je ne suis pas favorable à ce genre de projet dans un lagon ici à Tahiti ; ce serait de la folie furieuse. Alors, pourquoi faire quelque chose qui n’existe pas ? ». Mieux, et pour bien enfoncer le clou, votre parti politique va diffuser sur les réseaux sociaux une vidéo reprenant votre intervention télévisée.

Pour avoir été, nous de Mataiea, plus de 1.600 sur 5.200 habitants à avoir signé la pétition « Paruru ia Atimaono » en seulement 15 jours, nous ne pouvons, -avec celles et ceux de Tahiti et des îles, mais aussi celles et ceux de par le monde qui nous soutiennent contre cette colonisation de nos lagons-, que nous satisfaire d’un telle déclaration de votre part.

L’article 7.1 du protocole stipulant que « Chacune des parties peut résilier ce protocole à tout moment, à la demande d’une des parties signataires. », j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir résilier le « Recueil d’Intentions Réciproques » du 13 janvier 2017: ce sera la preuve irréfutable de l’abandon définitif par votre gouvernement du projet d’îles flottantes dans les lagons de notre Pays.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée.

Télécharger l'article en PDF

Une pensée sur “Valentina Cross s’accroche à ses îles flottantes

  • 23 février 2018 à 5 h 37 min
    Permalink

    Pour faire parler d’elle et de son parti rétrograde que ne ferait elle pas !!!!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close