Vers une reconnaissance pleine et entière du savoir-faire de nos sages-femmes

 

L’assemblée de la Polynésie française, réunie ce matin en session extraordinaire, a adopté un projet de loi actualisant les compétences des sages-femmes dans nos îles avec, à la clé, de nombreuses avancées.

Retrouvez ci-dessous l’intervention intégrale de Sylvana Puhetini au nom du groupe RMA (Rassemblement pour une majorité autonomiste).

Rarement dans cet hémicycle, au-delà de nos divergences politiques, nous n’avons pu observer une telle unanimité autour d’un texte. Raison pour laquelle, il ressort d’ores et déjà que le projet de loi du Pays portant actualisation des compétences des sages-femmes a valeur d’exemple.

Comment pourrait-il en être autrement vis-à-vis d’une profession aussi noble et respectable dont la mission principale est d’accompagner une maman du début de sa grossesse à la mise au monde de son enfant.

Aussi, saluons d’emblée cette initiative du gouvernement qui constitue l’aboutissement d’un long processus de mise en concordance entre les textes applicables en Polynésie française et ceux de métropole.

Mais plus que cet aspect réglementaire, il s’agit ici d’une reconnaissance pleine et entière du savoir-faire de nos sages-femmes dont le niveau de formation au terme de cinq longues années d’étude, n’a rien à envier à celui dispensé ailleurs dans le monde.

Et pour cause, voilà trente-deux ans maintenant que le fenua dispose de sa propre école de sages-femmes, rattachée à la Faculté de médecine de Tours, dont les premiers diplômés sont sortis en 1990.

Sur les 154 professionnels actuellement en activité, 107, jusqu’à l’année dernière, ont été formés localement dont 75 qui continuent d’exercer sur l’ensemble du territoire, principalement pour le compte du Pays dans l’une des nombreuses structures publiques et principalement au CHPf.

Seule ombre au tableau, et c’est ce qui ressort des chiffres qui nous ont été communiqués, les candidats sont encore trop peu nombreux à accepter d’exercer dans les archipels éloignés, ce qui malheureusement vient accentuer encore un peu plus le sentiment de désert médical. Aussi, sur les huit diplômés de 2017, une seule a bien voulu quitter Tahiti pour aller à Tubuai. Mais il est vrai, à leur décharge, que l’absence d’obstétricien peut s’avérer problématique en cas d’accouchement difficile…

Toujours est-il que cette avancée significative du cadre réglementaire des sages-femmes en Polynésie – va permettre aux intéressés d’élargir leur champ d’intervention au plus grand bénéfice des Polynésiennes, et à tout le moins de légitimer des actes déjà pratiqués pour la bonne cause.

Exception faite cependant des consultations entourant l’Interruption volontaire de grossesse et la réalisation de celle-ci par voie médicamenteuse qui relèvent, à ce jour, de la compétence des seuls médecins.

Mais, à ce sujet, nous sommes en attente de la ratification très prochaine de l’ordonnance qui porte extension à la Polynésie française, à notre demande, de la compétence conférée à nos sages-femmes, d’intervenir dans le dispositif d’interruption volontaire de grossesse.

Ce sera alors l’objet d’un prochain texte actuellement en préparation au ministère de la santé, et qui permettra à nos sages-femmes d’accompagner au mieux nos femmes en demande d’IVG, en soulignant l’aspect toujours douloureux voire dramatique de cette décision.

Je vous remercie de votre attention.

Photo: TNTV

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