Réinscription à l’ONU : « pas la priorité » de l’Etat, indique V. Lurel

Pour son premier séjour en Polynésie française, le ministre des Outre-mer s’est rendu, dimanche après-midi, sur l’atoll de Manihi, aux Tuamotu. Il a, entre autres, posé la première pierre du futur abri anti-cyclonique de l’île et visité une ferme perlière. Tout en expliquant la position de l’Etat sur plusieurs dossiers importants.

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Outre le ministre en personne, la délégation qui s’est rendue aux Tuamotu comprenait le haut-commissaire, Jean-Pierre Laflaquière, mais aussi le vice-président de la Polynésie française, Antony Géros, le ministre de l’Education, Tauhiti Nena, le ministre des Ressources marines, Temauri Foster, et le député de la circonscription incluant Manihi, Edouard Fritch. Le maire de Manihi, Maiarii Tehihira, a souligné les difficultés « économiques et sociales » que connaît la commune, en raison notamment de la baisse des fonds alloués dans le cadre du FIP (Fonds intercommunal de péréquation) mais également en raison de l’attribution de nouvelles compétences – tel que le traitement des déchets – aux communes.

« Je ne suis pas certaine qu’avec le budget actuel je puisse faire face à l’inquiétude grandissante de ma population », a-t-elle déclaré. Celle-ci a également mis en avant le taux de chômage important dans la commune et la commune associée de Ahe, en partie à cause de la récente fermeture de l’hôtel Manihi Pearl Beach Resort. Le vice-président, Antony Géros, a tenu à rassurer la population de Manihi qu’il n’avait, jusque là, jamais rencontré. « La Polynésie, avec le concours de l’Etat, s’affère depuis deux ans à apporter des réponses aux difficultés que vous rencontrez », a-t-il indiqué, en concédant un peu plus tard que, dans les moments difficiles, il « faut faire avec ce qu’on a ».

Lors de son allocution, le ministre Victorin Lurel a, pour sa part, réaffirmé que l’Etat accompagnera le Pays dans son plan de redressement et étudiera toutes les propositions venant de la part des communes. « Les temps sont durs, c’est vrai partout (…) On demande à tous de faire des efforts », a-t-il déclaré en insistant sur le fait que l’Etat apportera autant que possible son aide.

Etendre la loi Morin à toute la Polynésie: « Cela me paraît beaucoup »

A Manihi, le ministre des Outre-mer a aussi évoqué le projet de redynamisation des sites de la défense, ainsi que la loi d’indemnisation des victimes du nucléaire, la loi Morin. « Faut-il aller jusqu’à l’étendre à toute la Polynésie ? Je n’en sais rien. Cela me paraît beaucoup », a-t-il déclaré, en indiquant que très peu de dossiers d’indemnisations avaient été agrées jusqu’à présent. Ce qui devrait changer, a-t-il laissé entendre, vu que désormais le secret défense va pouvoir être levé sur certains documents d’archives. Sur un autre sujet sensible, la réinscription de la Polynésie française sur la liste de l’ONU des pays à décoloniser, le ministre a botté en touche en indiquant simplement que ce n’était pour le moment « pas la priorité » de l’Etat.

Victorin Lurel et la délégation ont poursuivi leur visite en rencontrant les anciens employés de l’hôtel Manihi Pearl Beach Resort, actuellement en stage de formation « création entreprise », puis en allant sur le site du future abri anti-cyclonique de Manihi pour la pose de la première pierre. Une construction qui pourra accueillir plus de 800 personnes. Elle se fera dans le cadre du Contrat de projets 2008-2013, pour un investissement de 608 millions Fcfp avec l’aide de l’Etat. Le chantier durera entre 18 et 24 mois et emploiera entre 25 et 50 personnes. Le ministre a pu s’initier aux danses polynésiennes et, en visitant un peu plus tard une ferme perlière, il a pu se familiariser avec la perliculture, une activité économique essentielle pour l’archipel des Tuamotu.

D’une manière générale, en réponse aux sollicitations formulées tant à Tahiti qu’aux Tuamotu, le ministre des Outre-mer a précisé sa position. « L’Etat a pris des engagements, le président de la République a pris des engagements, et autant que cela est possible nous respecterons scrupuleusement ces engagements. Si nous devions ne pas pouvoir tenir les engagements de François Hollande, je pense que lorsqu’il viendra ici, et il viendra, il le dira, droit dans les yeux, pourquoi c’est possible, pourquoi ce n’est pas possible ou bien même pourquoi ce n’est plus possible », a-t-il déclaré. Après un séjour de moins de 24 h, écourté en raison du décès de sa mère, le ministre devait quitter la Polynésie française dimanche soir.

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