Violences conjugales: honte à l’avocat Céran-Jérusalémy !

 

Après le groupe Tapura, le ministère des Solidarités et de la Santé s’insurge contre les propos tenus par un homme de loi dans le cadre d’une affaire de violences conjugales ayant entraîné la mort d’une femme.

En réponse aux propos tenus par l’avocat Me Céran-Jérusalemy sur les violences conjugales lors de sa plaidoirie, rapportés dans la Dépêche datée du 20 septembre 2017, notamment la banalisation et l’acceptation de la violence par les femmes polynésiennes, il est important de rappeler des faits relatifs à une violence si répandue mais qui ne doit jamais être excusée ni banalisée.Les violences conjugales ne sont pas des actes propres à la Polynésie. L’ensemble des pays du monde est touché par ce phénomène, pays développés comme pays en voie de développement. Ces faits sont mis en lumière et dénoncés autant par des hommes que par des femmes qui les considèrent comme révoltants et indignes. Il n’existe pas de norme européenne ni de norme polynésienne en matière de violence conjugale, et encore moins de norme culturelle et ancestrale.

L’homme de loi pointe aussi l’inégalité hommes-femmes comme étant à l’origine des violences, incrustée dans les gènes polynésiens. Elle est malheureusement acquise au travers de tels discours et attitudes qui tendent à montrer à l’enfant qu’une femme est inférieure à l’homme et ne peut donc accéder aux mêmes services, aux mêmes emplois, aux mêmes droits.

Il n’est qu’à se reporter aux coutumes matriarcales des sociétés polynésiennes telles que décrites par les premiers européens, pour savoir que la femme polynésienne a, de tout temps, joué un grand rôle dans la société. Ainsi en témoignent l’héritage de la Reine Pomare IV à Tahiti ou les Chefferies marquisiennes, ou encore les Cheffes de Samoa et de Tonga.

Honte à celui qui a fait de la violence un élément de défense, comme si l’effet de manche attendu pouvait passer inaperçu. L’origine de la violence n’est nullement génétique ou culturelle. Le « défenseur » en oublie le fait de société générateur : c’est-à-dire l’alcool ou plutôt le Komo, facilitateur du passage à l’acte.

Ce sont ces discours odieux, ces attitudes déplorables que nous devons combattre, et pour lesquels nous investissons tant d’efforts pour que les générations futures soient épargnées par le fléau des violences domestiques.

Ce n’est pas au tribunal de faire une leçon d’éducation à l’égalité, d’éducation au respect, d’éducation à la non-violence, comme cela ne peut être le fait d’un homme de loi de tenir des propos insultants en soutenant que les femmes polynésiennes « aiment être tapées ».

Le rôle du tribunal est bien de sanctionner celui qui a commis un acte ignoble et aussi celui qui tient des propos insultants et injurieux à l’égard de celle qui n’est plus là pour se défendre.

La responsabilité nous incombe à tous, femmes et hommes de loi, femmes et hommes du peuple, femmes et hommes politiques, de condamner et dénoncer ces violences et non de leur trouver des excuses nauséabondes.

Communiqué du gouvernement

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