Washington déploie une unité anti-EI en Irak, Bagdad proteste

Les Etats-Unis ont annoncé mardi le déploiement en Irak d’une nouvelle unité des forces spéciales américaines dédiée à la lutte contre l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), qui pourra mener des « opérations unilatérales » en Syrie.

A Bagdad, le Premier ministre Haïdar al Abadi a déclaré dans un communiqué que l’Irak n’avait pas besoin de forces terrestres étrangères, ajoutant que tout déploiement de troupes étrangères nécessitait l’approbation de son gouvernement et ne devait pas empiéter sur la souveraineté nationale irakienne.

Les milices chiites irakiennes ont de leur côté promis de s’opposer par les armes à tout déploiement de forces américaines en Irak.

« Nous pourchasserons et combattrons tout contingent américain qui sera déployé en Irak. Toute force américaine de ce genre deviendra la cible numéro un de notre organisation. Nous avons combattu les Américains par le passé et nous sommes prêts à reprendre la lutte », a déclaré Djafaar Hussaini, porte-parole du mouvement Kata’ib Hezbollah.

Les porte-parole de l’organisation Badr, soutenue par l’Iran, et du mouvement Assaïb Ahl al Hak ont fait eux aussi des déclarations dans le même sens.

Environ 3.500 soldats américains conseillent et assistent actuellement l’armée irakienne. En octobre dernier, un membre des forces spéciales américaines a trouvé la mort durant une opération menée en coordination avec les combattants kurdes pour secourir des otages détenus par l’EI dans la ville de Haouidja.

L’unité dont le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a annoncé l’envoi sera distincte du groupe d’une cinquantaine de membres des forces spéciales américaines que Washington a envoyé en Syrie pour coordonner l’action au sol des rebelles soutenus par les Etats-Unis.

AMÉLIORER LA COLLECTE DE RENSEIGNEMENTS

Cette unité disposera d’effectifs plus importants et sera chargée d’aider les forces irakiennes ainsi que les peshmergas kurdes, a déclaré Ashton Carter, sans avancer de chiffre ni préciser le lieu où elle sera basée.

Un responsable du gouvernement américain a indiqué que cette unité pourrait compter environ 200 hommes, logistique comprise, dont quelques dizaines affectés directement à des opérations.

« Ces agents spéciaux seront à terme en mesure de mener des raids, de libérer des otages, de collecter des renseignements et de capturer des dirigeants de l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant, NDLR) », a ajouté le ministre qui s’adressait aux membres la commission des Forces armées de la Chambre des Représentants.

Les pressions en faveur d’une intervention plus décisive des Etats-Unis dans la lutte contre l’EI se sont accentuées depuis les attentats de Paris et de Saint-Denis, qui ont fait 130 morts le 13 novembre.

Selon le général Joseph Dunford, chef d’état-major interarmes de l’armée américaine, la nouvelle unité va considérablement améliorer la collecte de renseignements, « ce qui va rendre nos opérations beaucoup plus efficaces ».

« Nous menons une campagne en Irak et en Syrie. Nous allons aller là où se trouve l’ennemi et mener des opérations là où ses capacités pourront être réduites le plus efficacement », a-t-il ajouté devant les parlementaires.

Lors de la même intervention au Capitole, Asthon Carter a invité la Turquie et les pays du Golfe, membres de la coalition anti-EI conduite par les Etats-Unis, à en faire davantage contre l’organisation djihadiste.

« Nous avons besoin que (la Turquie) en fasse plus sur son propre territoire, donc qu’elle contrôle sa frontière, ce qui n’a pas été fait de manière efficace depuis que l’EIIL a commencé à apparaître », a déclaré le chef du Pentagone.

« Nous souhaiterions qu’ils agissent davantage, à la fois sur le plan aérien et terrestre. La plupart des opérations aériennes ne sont pas dirigées contre l’EIIL mais contre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) », a ajouté Ashton Carter.

« L’Arabie saoudite et les pays du Golfe ont rejoint la campagne (anti-EI) dans les premiers jours mais ont depuis été accaparés par le conflit au Yémen », a dit le chef du Pentagone.

WASHINGTON/BAGDAD (Reuters) – par Phil Stewart et Yeganeh Torbati (avec Ahmed Rachid et Stephen Kalin à Bagdad; Jean-Philippe Lefief, Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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Source: Yahoo Actualités

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