jeu. Mar 21st, 2019

Le SDIRAF favorable à des “Etats Généraux de notre Société”

Dans une lettre ouverte que nous publions dans son intégralité, le président du SDIRAF (retraités actuels ou futurs), Emile Vernier, souhaite la tenue d'”Etats généraux de notre Société”.

Ce qui se passe en France métropolitaine depuis le mois de novembre est extrêmement grave. Il est évident que des millions de français vivent très mal les nombreuses injustices sociales. Mais, en même temps qu’ils annoncent des manifestations pacifiques, il y a des émeutes qui vont coûter des milliards d’euros qu’il faudra bien payer une fois ces évènements terminés. Et qui va payer ces sommes astronomiques ? Bien évidemment les mêmes français qui râlent sans arrêt.

Les conséquences de ces manifestations, le plus souvent non déclarées, vont être colossales. Des employés en chômage partiel ou total, des milliers d’entreprises qui vont être obligées de fermer, un manque de cotisations sociales et surtout, un impact des images très défavorables à l’extérieur, à destination des touristes. Cela craint pour l’industrie touristique française.

Sur le plan local, le SDIRAF a saisi notre gouvernement pour que celui-ci mette le plus vite possible en place, les Etats Généraux de notre Société.

Car, pour le SDIRAF, la société polynésienne va mal, va très mal, même si les populations n’en parlent pas trop, certainement par pudeur, comme cela se passe pour les Polynésiens.

L’ISPF (Institut de la statistique) a mené une étude en 2015 sur le budget des ménages. De cette étude, il ressort que 55% des populations polynésiennes vivent en dessous du seuil de pauvreté métropolitain, soit en dessous de 100 000 Fcfp par mois. Est-ce que c’est faisable de vivre chaque mois avec moins de 100 000 Fcfp ? En plus, pour aggraver la chose, qu’on ait ou non de l’argent chaque mois, tout le monde paie la TVA au même taux, pour les services, l’électricité, les produits alimentaires, les moyens de communication, etc… Que l’on gagne 1 000 000 Fcfp par mois ou 100 000 Fcfp par mois, chacun paie la même TVA. Est-ce acceptable ? Au SDIRAF, on répond clairement NON.

Du côté des retraités, déjà, il est très rare que les pensions augmentent d’une année sur l’autre. Et quand il y a augmentation des pensions, comme à côté les taxes et impôts augmentent, les retraités ne s’en aperçoivent même pas. Savez-vous que parmi les presque 40 000 retraités de la CPS, 75% d’entre eux perçoivent une pension inférieure au SMIG (un peu plus de 152 000 F) ? Savez-vous aussi que parmi ces 40 000 retraités de la CPS, on compte 50% qui touchent une pension égale ou inférieure à 80 000 Fcfp, le minimum vieillesse qui est passé brutalement en juin 2013, de 74 à 80 000 F par mois, sans que le financement de cette augmentation ne soit prévu par le gouvernement qui en a décidé ainsi de façon unilatérale ? Est-ce qu’on peut décemment vivre avec moins de 80 000 Fcfp par mois de pension, surtout quand on sait que dans de nombreuses familles, malheureusement, seule la pension de l’ancien permet à la famille de survivre ?

Et on peut encore trouver de nombreux autres exemples de ces inégalités sociales.

Il faut aussi parler de logement, des terres, du service public qui nous coûte “la peau des fesses”, de circulation routière,… Il y a énormément de sujets importants, qui sont susceptibles de devenir, à terme, insupportables pour nos populations les plus défavorisées.

Au moment où le gouvernement nous annonce une super notation par l’agence MOODY’S, notation qui peut permettre de nombreux avantages financiers, en matière d’emprunts par exemple, le SDIRAF souhaite que tout soit mis en œuvre pour assurer à toutes nos populations, un avenir plus serein qu’il n’est.

Notre société est une société où les mots solidarité, esprit de communauté, signifient encore quelque chose.

Soyons solidaires avec nos populations en souffrance. Il faut baisser le coût de la vie. Il faut augmenter le pouvoir d’achat. Les bons résultats actuels doivent aussi servir à l’amélioration des conditions de vie de toutes nos populations polynésiennes, où qu’elles vivent.

Le SDIRAF demande au gouvernement d’avoir le courage de mener cette réflexion à laquelle tout un chacun – corps constitués, corps intermédiaires, simples citoyens – puisse participer et donner son avis sur la société qu’il veut pour lui, demain et pour ses enfants et petites enfants.

Bon courage et bonne année à tous. Ayons confiance dans l’avenir de notre Polynésie.

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