mar. Nov 12th, 2019

Education: pourquoi les syndicats FNEC FP FO s’associent à la journée de grève nationale…

En réponse au communiqué du ministère de l’Education, les représentants des syndicats de la FNEC FP FO reviennent à la charge pour dénoncer les suppressions de postes dans tous les secteurs, administratifs, techniques et enseignants.
Il faut rappeler que dans l’Education en Polynésie française, il ne s’agit pas que des professeurs. Nous avons rappelé à de nombreuses reprises les secteurs qui subissent de
graves dysfonctionnements : Pour le volet Vie Scolaire, il n’y a pas de CPE au collège de Huahine et le seul poste de CPE au collège de Tahaa a été supprimé en fin d’année scolaire 2017-2018. Au vu du nombre d’élèves, il manque 7 postes de CPE en Polynésie française pour être au niveau des moyens alloués aux académies en métropole.

Il manque également des postes d’infirmiers et d’assistants sociaux. A ce sujet, la députée du Tapura Huiraatira Nicole Sanquer avait déjà attiré l’attention du Ministre de l’Education
Nationale (Question n°10199 soumise le 03 juillet 2018), sur la surcharge de travail des assistants sociaux qui ont pour certains le suivi de 2500 élèves sur un territoire aussi vaste
que l’Europe. La députée avait également souligné que les « problématiques médicales et psychologiques de la population scolaire sont inquiétantes, ce que relève l’enquête OMS
2016 et qui rend urgent la présence d’infirmiers dans chaque établissement scolaire de Polynésie française ». Il manque des infirmiers dans les établissements, notamment dans
certains établissements isolés.

Au niveau des personnels administratifs, il y a des besoins, certains travaillent parfois à flux tendu, faute de remplacement des personnels administratifs, ce qui est inacceptable, et ceci l’est encore plus à présent lorsque la suppression de 3,5 postes fut annoncée par la DGEE en réunion de travail la semaine dernière. Il faut ajouter le fait que la mise en place du code des marché public a alourdi la charge de travail de l’administration.

Les filières professionnelles subissent aussi des suppressions : L’enseignement professionnel a été fortement impacté par la fermeture des CETAD, transformés en « mini lycée professionnel » dans les collèges pour certains et fermés définitivement pour les CETAD de Tahaa et de Atuona, à Hiva Oa. Nous avons alerté sur la fermeture de recrutement en 1ère année de la section GEMM (Gestion et Exploitation en Milieu Marin) à Taiohae (NUKU HIVA) alors cette filière a donné lieu à de gros investissements au niveau aquaculture, au lancement d’un chantier de grande envergure, sans parler des perspectives d’emplois. Le secteur était légitimement exploitable et beaucoup pouvait être encore fait.

D’autres points nous semblent tout aussi aberrants : le regroupement de 1ère et 2ème année pour la section PMH (Petite et Moyenne Hôtellerie), sans compter les propositions de
suppressions de 2 CAP supplémentaires. Nous constatons que l’on supprime des capacités d’accueil pour les élèves qui s’orientent vers la voie professionnelle, alors qu’il est possible de passer par la voie professionnelle pour parvenir à un niveau de qualification d’ingénieur, encore faut-il que les politiques fassent preuve d’innovation pour mettre en place ces filières professionnelles. En effet, cela coûte beaucoup moins cher à l’institution d’envoyer nos collégiens en lycée général, plutôt que d’offrir à la jeunesse des formations porteuses qui demandent dans les lycées professionnels de gros investissements en matière de sécurité et un matériel de pointe à l’image de notre XXIème siècle.

Dernier point concernant les enseignants, transformer des postes en heures supplémentaires n’est pas acceptable. Cela provoquera une surcharge de travail pour les enseignants qui sont déjà surchargés en heures supplémentaires, face à des classes elles-mêmes surchargées (35 élèves en Terminales en lycée !). Cela fait beaucoup de surcharge au nom d’une logique nationale de suppressions de postes dans la fonction publique enseignante, au nom de la réduction de la dépense publique. Ceci n’est pas un bon calcul et les premiers à en pâtir seront les élèves et leurs familles ! C’est l’avenir de notre jeunesse qui est en jeu !

Nous avons ici nos différences, en raison de la dispersion insulaire de notre territoire aussi vaste que l’Europe. Le Pays se doit de faire des propositions pertinentes dans chaque
dialogue de gestion à Paris pour négocier le meilleur accompagnement auquel notre jeunesse a droit. L’Etat et le Pays doivent mettre ensemble les moyens adéquats pour améliorer les conditions d’accueil et de travail et proposer un enseignement de qualité pour tous. C’est pour cela que nous continuerons à nous opposer aux suppressions de postes.

Nous soulignons que tous les agents de l’Etat œuvrant dans l’Education en Polynésie française seront impactés. La collectivité doit se battre pour obtenir d’une part le maintien
des plafonds d’emplois actuels, d’autre part pour créer des postes dans tous les domaines défaillants afin de préserver la qualité de nos services. Les décisions de ce jour vont à l’encontre de la politique de la loi EROM et du principe d’océanisation des cadres, l’équation est simple, moins de postes = moins de cadres polynésiens à l’avenir. Toutes les suppressions sont faites dans le cadre de projets de lois nationales. Nous sommes opposés à ces dernières et nous lançons à toutes et à tous cet appel à nous rejoindre dans le cadre de la journée de grève nationale FNEC FP FO et FSU ce jour, devant le Haut-Commissariat.

Nous assumons pleinement la politique de la chaise vide (ce qui n’est pas dans nos habitudes) observée ce 2 avril en CTP. Nous ne refusons pas le dialogue social qui en tout état de cause aura lieu ce vendredi 5 avril 2019 lors de la nouvelle séance programmée par la DGEE.

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