ven. Déc 6th, 2019

Le CESC et le Pays divergent sur la manière de promouvoir la lecture en dehors de Tahiti

Par 40 voix “pour”, 2 “contre” et 1 “abstention”, le Conseil économique, social et culturel (CESC) a rendu un avis défavorable au projet de « loi du pays » portant dispositif d’aide pour la prise en charge des dépenses d’acheminement des quotidiens édités et imprimés à Tahiti à destination des îles de Polynésie française.

Dans son communiqué, l’institution rappelle en liminaire que le Pays souhaite intervenir dans le secteur économique de la vente ou la distribution de quotidiens en prenant à sa charge – financièrement – le transport vers les îles autres que Tahiti et vers les points de vente ou de distribution.

Mais à l’en croire, cette volonté semble motivée par un contexte particulier et éloignée des ambitions affichées et notamment de celle d’« encourager […] la pratique de la lecture dans l’ensemble des archipels ». D’une part, la radio reste le principal voire l’unique moyen d’information des archipels éloignés et des îles les plus isolées. D’autre part, ce soutien à l’impression papier des quotidiens apparaît paradoxal par rapport à la dématérialisation du secteur d’activité, mais également à la préservation de l’environnement.

Les membres de la société civile estiment en effet qu’il serait plus opportun d’accompagner les mutations économiques du secteur de la presse écrite et d’inviter tous les opérateurs à utiliser au mieux l’outil informatique. En l’absence d’une étude de marché, d’une méthode d’évaluation et de contrôle quant à ses effets, le dispositif ne semble pas totalement opérant et apparaît même disproportionné d’autant qu’il n’est pas limité dans le temps. Le CESC en déduit qu’il équivaut, en fait, à une aide à l’exploitation et au fonctionnement d’une entreprise.

Il n’empêche, reconnait le CESC, une politique de mise en valeur de la lecture dans l’ensemble des archipels pour lutter contre l’illettrisme est indispensable. Toutefois, cette action devrait davantage se traduire par la diffusion de livres et le développement de bibliothèques dans les îles tout en favorisant le déploiement du numérique en général.

Les propositions alternatives formulées par le CESC dans le présent avis répondent davantage à des problématiques prioritaires, contrairement à un soutien financier public à la distribution interinsulaire d’une presse papier quotidienne.

Source: CESC

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