lun. Nov 18th, 2019

De la volonté d’agir contre les violences conjugales

Le président Edouard Fritch était, mardi matin, aux côtés du Haut-commissaire, Dominique Sorain, au Haut-commissariat, pour une réunion dans le cadre du Grenelle des violences conjugales.

La Polynésie française est de longue date fortement impactée par ce phénomène.

Chaque année, en moyenne, 1 500 femmes sont victimes de maltraitances. Rien qu’en 2018, 3 femmes et 1 homme, ont été tués à la suite de violences conjugales.

Le président a fait part de sa forte volonté d’agir pour faire cesser ce fléau social. L’insularité peut s’avérer être un frein à la libération de la parole. En outre, elle ne facilite pas l’implantation de lieux d’hébergement, la protection et l’accès anonyme des victimes aux associations, services de police, de gendarmerie, de justice et de soins.

Le président a réaffirmé l’importance pour le gouvernement d’apporter un soutien à toutes les femmes victimes de ces violences et d’oeuvrer de manière résolue dans le domaine de la prévention. Celle-ci passera notamment par la lutte contre les stéréotypes, la lutte contre l’alcoolisme, source de violences conjugales, ou encore l’éducation à la sexualité pour éviter les cas de grossesse de mineures.

Il a ainsi souligné le rôle crucial de l’école, des professionnels de la petite enfance, mais aussi des parents. Le gouvernement est mobilisé sur ces thématiques et des propositions seront faites prochainement dans ce domaine. Le président a aussi insisté sur la nécessité d’un travail collectif, en partenariat avec l’Etat, et le monde associatif, pour une plus grande efficacité.

Une mobilisation de la société toute entière est nécessaire pour faire évoluer les mentalités, les représentations et les comportements. Il s’agit de briser le silence sur ces cas de violences conjugales et de faire progresser, partout, l’égalité entre hommes et femmes.

Par exemple en zone Gendarmerie, on annonce l’ élaboration d’un plan d’action « AGIR 2020 face aux violences conjugales » avec quinze mesures opérationnelles. Ce plan, qui doit entrer en vigueur dans les prochains jours, vise à intensifier l’action des unités de gendarmerie chargées du traitement des violences conjugales, ainsi qu’à développer de nouveaux partenariats avec l’ensemble des autres acteurs de proximité. Des actions d’information auprès des victimes sont notamment programmées en lien avec les services du Pays. Des dispositifs conjoints seront prochainement mis en œuvre avec les maires dans le cadre des Conseils locaux de prévention de la délinquance (CLSPD). Un dispositif d’orientation des victimes en visioconférence avec les brigades des archipels sera prochainement expérimenté.

Rappelons enfin que le Grenelle contre les violences conjugales a été lancé le 3 septembre dernier par le Premier ministre. Cet événement qui se décline sur tout le territoire de la République doit permettre de développer, avec l’ensemble des acteurs concernés, des mesures efficaces, au plus près du terrain. Il s’agit de prendre des engagements concrets et collectifs visant à lutter toujours plus efficacement contre les violences conjugales. Cet objectif s’articule autour de trois axes majeurs: prévenir les violences ; Prendre en charge les victimes  et punir les agresseurs pour mieux protéger.

Les actions en cours et à venir pour libérer la parole

  • Un protocole avec l’association Vahine Orama Tahiti iti et la Gendarmerie nationale a été signée en janvier 2019 afin de coordonner les mises en sécurité des femmes victimes sur la presqu’île.
  • Une convention d’éloignement du conjoint violent a été signée entre le Parquet, le service de probation et d’insertion et l’association EMAUTA – Le Bon samaritain afin d’héberger les auteurs de violences conjugales dans le cadre d’un contrôle judiciaire.
  • Une fiche de signalement unique pour tous les acteurs concernés et une procédure unique de signalement seront opérationnelles d’ici la fin de l’année 2019.
  • Un référent « violences conjugales » a été désigné au sein de chaque entité hospitalière par le ministère de la santé, à l’instar des référents de la Police et de la Gendarmerie.
  • Pour le premier trimestre 2020, la mise en place d’un dépôt de plainte simplifiée au sein des structures hospitalières et dispensaires. Cette procédure s’accompagnera de la signature d’une convention entre les forces de l’ordre, de la direction de la santé et de la Justice.

Communiqué du gouvernement et dossier de presse

 

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