dim. Jan 19th, 2020

Réforme des retraites: le front syndical coupé en deux

Même s’il n’y a jamais eu de front uni des syndicats contre la réforme des retraites, l’offre du gouvernement de négocier une alternative à l’âge pivot a entériné leur division en deux blocs antagonistes: ceux qui privilégient la “logique de dialogue” et ceux qui “organisent la bataille”.

Le projet du gouvernement, visant à mettre en place un régime de retraite unique par points, divise depuis le début les syndicats. Ceux dits “contestataires”, CGT et FO en tête, s’opposent à la réforme dans son ensemble, estimant qu’elle fera baisser les pensions, et sont à la pointe du mouvement ininterrompu de grèves et de manifestations, arrivé dimanche à son 39e jour consécutif.

Les “réformistes”, CFDT, CFTC et Unsa, sont favorables à la retraite par points. Mais leur ferme opposition à la mesure “paramétrique”, -autrement dit purement budgétaire-, d’un âge pivot à 64 ans en 2027 assorti d’un malus pour ceux qui partiraient plus tôt, a pu faire croire pendant un moment à un front syndical uni.

La main tendue du Premier ministre, qui a proposé samedi de retirer à court terme cet âge pivot à condition de trouver des sources alternatives de financement pour équilibrer le régime, a mis en évidence le fossé entre les deux camps.

“Nous sommes passés d’une logique d’affrontement à une logique de dialogue”, a souligné dans le Journal du dimanche le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, saluant une “victoire” de son syndicat “mais aussi de l’Unsa et de la CFTC”. Laurent Escure (Unsa) s’est réjoui de pouvoir discuter désormais “sereinement” avec le gouvernement, et Cyril Chabanier (CFTC) de pouvoir entrer “dans le processus de dialogue”.

Une salve de réactions qui a irrité Yves Veyrier (FO), plus que jamais opposé à la réforme. “Je ne suis pas complotiste, mais il y a des moments où je pourrais presque le devenir”, a-t-il dit sur France Info, soulignant que “beaucoup de communication était prête” dès samedi après-midi “pour saluer le compromis”, et qualifiant les syndicats réformistes d’“acteurs de second rôle” dans la mobilisation.

Allant plus loin, Laurent Brun, de la CGT Cheminots, a dénoncé sur BFMTV “une opération de promotion mutuelle entre le gouvernement et la CFDT pour mettre en scène une pseudo-concession qui en réalité n’en est pas une”. “Pour le gouvernement, on a l’impression qu’il y a un syndicat unique, alors qu’il y en a huit”, a renchéri le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, sur BFMTV

Source: Yahoo actualités

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