Toute une après-midi à vendre des gâteaux…

Quand vous apercevez un gamin de 13 ans, tout un dimanche après-midi, en train de vendre des gâteaux sur le parking d’une grande surface commerciale, difficile de rester insensible.

Nous l’appellerons « Teva ». Pour des raisons qui lui appartiennent, il n’a pas voulu dévoiler son identité…

Quelques heures plus tôt, aux alentours de midi, il nous avait approché avec sa petite voix: « Gâteaux banane! » Sur le coup, pressé comme toujours, je n’avais même pas saisi le prix (600 Fcfp) du morceau de cake enveloppé à la va-vite. Avec mes courses sous le bras, je n’avais surtout pas fait attention à la détresse de ce petit homme simplement vêtu et visiblement fatigué par la « mission » qui lui est confié à attendre qu’une bonne âme lui donne quelques sous.

16h30, je repars au magasin situé à Mahina, ayant oublié quelques produits de première nécessité. Et là, le déclic, l’émotion. Pas de pitié mais juste l’envie de faire une bonne action.

Je le retrouve près d’un container à compter son butin amassé dans une sacoche-banane. Celle-ci est bien garnie, signe que les affaires marchent, mais qu’importe: je poursuis dans ma (bonne ?) action.

L’enfant me confie être de Punaauia. Scolarisé, me dit-il, au collège de Taunoa en sixième, il vend tous les jours des gâteaux pour le compte de la famille. C’est sa tante qui confectionne le dessert; charge à lui, comme à d’autres (Ils sont plusieurs de la même famille), à les écouler dans la rue.

Certes, cette situation pose beaucoup de questions ? Sur l’emploi d’un mineur, principalement. Mais nous le savons tous, ce cas n’est pas unique. Bon nombre de familles polynésiennes tentent -comme ils le peuvent- de s’en sortir et c’est tout à leur honneur. Plutôt que de se reposer sur les seules aides sociales…

Le vigile de la grande surface que nous croiserons un peu plus tard, connaît bien le petit « Teva ». Même si la consigne lui est donnée de ne pas laisser ce genre de commerce se développer sur le parking, cette fois-ci, il fermera les yeux.

 

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