Lutte contre la vie chère: Brotherson persiste à faire fausse route
Dans sa déclaration de voeux, lundi matin, aux membres du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), le président du Pays Moetai Brotherson a levé une partie du voile sur le futur projet de budget primitif 2027, annonçant vouloir mettre le paquet sur le secteur Primaire.
“Le budget primitif 2027 sera fortement orienté vers le secteur primaire”, a t-il affirmé, estimant que c’est la “vraie solution” face à la vie chère, dans un contexte où le Pays “ne peut pas agir sur les prix” des produits importés.
Vraie solution ? Vers une cruelle désillusion plutôt… Celles et ceux qui font leurs emplettes constatent tous les jours qu’un kilo de tomates (plus de 700 Fcfp en moyenne) vaut toujours plus cher qu’un paquet de 4 cuisses de poulet, made in USA. On ne parle même pas de la salade (environ 400 Fcfp l’unité), des concombres (500 Fcfp le kilo) et même des carottes de Tubuai qui, pourtant, souffrent chaque année d’une surproduction chronique, au point de devoir les donner aux cochons. Pire, il faut généralement attendre la levée des quotas d’importation pour pouvoir manger des tomates à volonté et à moindre coût…Alors, à moins de subventionner les agriculteurs à grands coups de centaines de millions de Fcfp, moyennant quoi ils devront s’engager à limiter leurs prix de vente, on ne voit pas comment le secteur Primaire peut participer à la lutte contre la cherté de la vie en Polynésie française.
Enfin, un terrible aveu de la part de celui qui a été élu sur l’engagement de faire baisser les prix dans nos îles: Moetai Brotherson reconnaît – officiellement – qu’il ne peut agir sur les prix des produits importés, d’autant qu’ils sont acheminés par bateau depuis l’Europe qui reste notre principal fournisseur. Ce qu’il ne dit pas, en revanche, c’est que la collectivité se refuse obstinément d’abaisser la pression fiscale (TVA et autres) qui alourdit gravement le panier de la ménagère. Pire, le gouvernement en a même rajouté une couche l’an dernier avec sa TVA à 16% sur les produits sucrés (sirops, jus, chocolat, gâteau etc), le tout sous le fallacieux prétexte de vouloir préserver la santé des Polynésiens. Il est défendu de rire ! A ce propos, le ministre Warren Dexter n’a toujours pas officiellement communiqué sur les retombées de cette mesure et notamment, sur ce qu’elle a rapporté en monnaie sonnante et trébuchante malgré la demande insistante d’une élue de l’assemblée.
Photo: CESEC
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