17 février 2026

Réforme du RNS: ce que Mercadal n’a pas dit…

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Dans les Guignols de l’info, on aurait pu le qualifier de « Super menteur », surnom amical donné à l’ancien président Jacques Chirac. Mais notre ministre de la Santé, Cédric Mercadal, est encore plus subtile en passant maître dans l’art de la dissimulation d’information.

Depuis quelques mois déjà, la réforme du RNS (régime des non-salariés) n’en finit plus de faire couler de l’encre! Au grand dam du gouvernement Brotherson, et de son ministre de tutelle, contraints de faire de la pédagogie. Histoire de mieux faire avaler la pilule.

A en croire M. Mercadal, en effet, la fin de la primauté du RGS s’avère être beaucoup plus douce pour le porte-monnaie des patentés que la version initiale. Autrement dit, cessez de vous plaindre: on vous ponctionne certes mais moins que ce qui était prévu au départ…Et il peut compter sur l’actuel directeur de la CPS, Pierre Frébault, grand artisan du texte depuis son origine sous la majorité Tapura huiraatira, pour lui souffler quelques éléments de langage.

Lors de l’adoption du texte à l’assemblée de la Polynésie française, le 1er septembre 2025, l’opposition était vent debout. Non parce qu’il s’agissait de replacer certaines personnes dans les bonnes cases, ou encore de les faire contribuer à la protection sociale généralisée (PSG). Mais plutôt, en raison de l’opacité d’un dispositif qui se veut, a priori, plus juste et équitable entre tous les cotisants. Nous verrons un peu plus loin qu’il n’en est rien.

« Personne ne cotisera au premier franc » sauf

Assailli de multiples questions, le ministre de la Santé avait alors affirmé le coeur sur la main que « personne ne cotisera au premier franc »! Et d’ajouter un peu plus loin dans sa promesse aux élus: « On parle bien de loyers… ». A l’époque, la plupart des observateurs s’étaient focalisés sur la mise à contribution des loueurs de maisons, d’appartements ou de machines outils. Des personnes qui avaient investi pour leurs vieux jours et qui se voient aujourd’hui rattrapés par la société car jugés trop « riches ». Parmi elles, figurent nombre de chefs d’entreprises qui se sont ainsi constitués leur petite retraite. Mais il y a également des élus (sans les nommer) qui capitalisent depuis des décennies.

Comme souvent en pareil cas, il semble que les politiques aient voulu protéger leurs petits intérêts au détriment de l’intérêt général. Aussi, comment ce gouvernement peut-il décemment justifier que les revenus du travail soient davantage taxés que les rentiers ? Et surtout, sur l’intégralité des sommes mensuelles déclarées. Car, d’un côté, on a des gens (salariés, retraités, étudiants…) qui se lèvent tous les matins pour tirer quelques revenus supplémentaires aux fins d’améliorer l’ordinaire. De l’autre, il y a les revenus du patrimoine engrangés sans le moindre effort au quotidien, sinon comme étant le fruit d’un investissement bien pensé.

A chacun de se faire son opinion au moyen du simulateur mis en ligne par la Caisse de prévoyance sociale! Comparons deux situations à partir du même montant déclaré: le propriétaire qui engrange 4 millions Fcfp de loyers par an, devra ainsi s’acquitter d’un montant au plancher de 6518 Fcfp chaque mois. Quant au patenté lambda qui cumule 4 millions Fcfp de revenus annuels, lui, se verra imposer à hauteur de 32 800 Fcfp, soit cinq fois plus. Voilà la notion d’équité soutenue par ce gouvernement.

Photo: TNTV News

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