RNS: ni suspension, ni abrogation…au mieux des « ajustements »
Ce jeudi matin, à Tarahoi, à l’ouverture de la deuxième séance de la session administrative, l’élue Tapura, Pascale Haiti-Flosse, a interrogé le président du Pays sur la réforme décriée du RNS en passe d’être suspendue ou carrément abrogée.
Le président Moetai Brotherson persiste et signe dans son obstination de maintenir le texte, tout en reconnaissant que des ajustements sont nécessaires. Mais dans cette perspective, il appelle la représentation territoriale à travailler ensemble pour améliorer le dispositif.
Parallèlement, Moetai Brotherson a confirmé qu’une grande réunion d’information est programmée ce samedi 25 avril à la Présidence afin de répondre aux interrogations de la population tout en cherchant à tordre le cou à « la désinformation permanente » qui, selon lui, serait véhiculée par « la coalition »; en référence certainement aux trois partis politiques (Tavini, Tapura et AHIP) qui demandent l’abrogation pure et simple du texte.
Voici la question lue quelques minutes plus tôt par Pascale Haiti-Flosse.
Vous avez voulu aller vite…
Monsieur le Président,
Votre réforme du régime des non-salariés devait être sociale, elle est devenue brutale. Elle devait protéger, elle pénalise. Elle devait simplifier, elle plonge le pays dans la confusion. Aujourd’hui, sur le terrain, ce que vivent les Polynésiens est inacceptable : des retraités convoqués à tort, des travailleurs modestes contraints de cotiser sans réels revenus, des dossiers non traités, une CPS débordée et une administration dépassée.
Ce que vous appelez une réforme ressemble de plus en plus à un impôt déguisé, incompréhensible et injuste, qui frappe d’abord les plus fragiles et décourage ceux qui travaillent.
Vous avez voulu aller vite. Vous avez refusé d’écouter. Aujourd’hui, vous avez perdu la confiance… et votre majorité.
Et pourtant, vous persistez.
Alors que la Confédération des petites et moyennes entreprises a exprimé son opposition à la réforme du RNS ; alors que les experts comptables sont eux aussi opposés à l’application de ce texte ; alors que le groupe Tavini Huiraatira a, par la voix du Président de l’assemblée de la Polynésie
française, au cours de la séance d’ouverture de la session administrative, sous-entendu son opposition à la réforme du RNS ; alors qu’une élue non inscrite a déposé il y a quelques jours une proposition de loi du pays demandant la suspension de cette réforme ; et alors que le Tapura Huiraatira a déposé lui aussi, en début de semaine, une proposition de loi du Pays visant à la suspension temporaire de cette réforme, le gouvernement et sa désormais minorité comptent-ils camper sur leur position et maintenir cette réforme mal ficelée, injuste et antisociale ou alors se plier à la volonté de la majorité de notre assemblée et suspendre voire abroger ce texte tant décrié ?
Je vous remercie de votre attention.
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