21 janvier 2026

Aide à mourir: un texte mort-né au Sénat

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« Un texte vidé de sens »« une agonie politique », une issue « impossible »… Le Sénat a confirmé ce mercredi 21 janvier ses très grandes réticences face à la création d’un droit à l’aide à mourir. La chambre haute a rejeté l’un des articles centraux d’une proposition de loi sur la fin de vie, vidant le texte de sa substance au deuxième jour des débats.

L’article fixant les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie a été supprimé à 144 voix contre 123 par les sénateurs, rendant quasiment inutile la suite de l’examen de cette réforme sociétale d’ampleur dans cet hémicycle. « Tout le texte est vidé de sens aujourd’hui car la clé de voûte de ce texte est tombée », a regretté le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Philippe Mouiller (Les Républicains).

L’examen du texte devrait malgré tout se poursuivre pour permettre à la navette parlementaire de continuer, a glissé une source parlementaire au HuffPost. Mais « ça ne sert à rien, le texte n’a plus de sens sans cet article ». Indiquant regretter ce vote, Philippe Mouiller a en effet annoncé que les débats allaient continuer à la chambre haute.

L’article sur les conditions d’accès à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie a été rejeté pour des raisons diverses. Une grande partie de la droite, opposée à toute forme d’aide à mourir, a voté contre. Le groupe socialiste s’y est également opposé car la version proposée s’éloignait beaucoup du dispositif voté à l’Assemblée nationale en juin 2025, que le PS jugeait très équilibré et voulait rétablir.

Un vote solennel (qui n’a plus vraiment de sens) prévu le 28 janvier

Au final, l’enseignement de ce vote est sans appel : les divergences de vues du Sénat étaient sans doute trop importantes pour que la chambre haute puisse aboutir à un texte cohérent soutenu par une majorité. « C’est un triste soir pour le Sénat que nous vivons collectivement », s’est désolé le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner.

« Le Sénat a fait de ce texte une forme d’agonie politique », a poursuivi l’élu du Nord. « Nous sommes en train de ridiculiser la Haute assemblée sur un sujet essentiel pour les Français », a-t-il ajouté, attaquant la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et les centristes, particulièrement divisée sur cette réforme.

« On ne peut pas demander à des sénateurs qui sont opposés à l’euthanasie et au suicide assisté de voter pour un article comme [celui-là]. C’est impossible. C’est tout », a rétorqué le centriste Loïc Hervé. Un vote solennel sur l’ensemble de la proposition de loi du député Olivier Falorni reste prévu mercredi 28 janvier, mais il n’aura guère de sens.

La suite du processus parlementaire risque donc essentiellement de se dérouler à l’Assemblée nationale, où une nette majorité avait pu se dégager. Certains parlementaires ont même appelé le gouvernement à retirer le texte de l’ordre du jour. Mais la ministre de la Santé Stéphanie Rist n’a pas pu répondre positivement, estimant que le retrait du texte « interromprait la navette parlementaire ».

source: Yahoo actualité

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