Déroute électorale du Tavini: question « d’intelligence », selon Oscar Temaru

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Invité dimanche soir sur le plateau de TNTV, le leader indépendantiste, Oscar Temaru, maire de Faa’a, a longuement commenté la crise que traverse actuellement le Tavini huiraatira.

Pour le chef de file des indépendantistes polynésiens, il n’y a visiblement pas de problèmes dans son camp politique, si ce n’est la présence « d’ennemis partout » –dont naturellement l’Etat – qui chercheraient à déstabiliser la majorité politique actuelle.

La démission de Tematai Legayic ? « Je n’ai pas accepté sa démission. On a besoin de tout le monde… », a claqué Oscar Temaru en feignant d’y croire. Mais il n’empêche qu’à l’avenir, la constitution du futur Etat souverain de Maohi Nui devrait prévoir que si quelqu’un démissionne du parti ayant permis son élection au sein du nouveau Parlement, l’intéressé devra également abandonner ses fonctions correspondantes.

Les profondes divergence de vue avec Moetai Brotherson ? « Ce n’est pas définitif… », à en croire l’invité de TNTV. Et puis, c’est bien connu, « il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas! »

Quant à la déroute électorale subie par la quasi-totalité des candidats Tavini huiraatira, le président du mouvement soutient un raisonnement pas très démocratique. Et de déclarer très sérieusement: « Merci à la population de Faa’a. Si la population des autres communes était aussi intelligente que celle de Faa’a, on aurait des maires indépendantistes partout ». Autrement dit, tout cela est la faute des électrices et électeurs polynésiens mais surtout, de « l’incompréhension » née de sa volonté de mettre en place des listes d’union à Papeete, Pirae etc. On a vu le résultat de cette stratégie déjà pointée du doigt par son gendre à la tête du gouvernement…

Mais que tout le monde se rassure, ce président restera en place « jusqu’à la fin de la mandature (ndlr: 2028)« , dixit Oscar Temaru, même s’il ne se prive pas de le critiquer ouvertement. Un président, accusé tout d’abord, de ne pas s’être suffisamment inspiré du modèle singapourien à l’issue d’un déplacement officiel dont il n’est strictement rien ressorti. Un président ensuite dont le crime de lèse-majesté aurait été de « tisser des liens très forts avec M. Macron ». Puis d’ajouter: « Il ne le dit pas mais Moetai Brotherson n’a pas envie de froisser ses relations avec l’Etat ».

Quant à sa volonté réaffirmée d’exploiter nos fonds marins qui regorgeraient de terres rares susceptibles, selon lui, de générer « 10 à 15 milliards de dollars au km2 » – en théorie du moins – le discours tend à s’adoucir: Naturellement qu’il faudra explorer d’abord, ne serait-ce que pour quantifier l’importance du gisement exploitable. Puis d’ajouter: « Nous ne sommes pas là pour polluer ce pays… ». Pas sûr, en revanche, que la Chine dont il loue la puissance dévastatrice dans le monde, soit aussi scrupuleuse en la matière…

Photo d’archives

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