FRPH: un puit pétrolier sans fond

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L’examen du collectif budgétaire n°1 que le gouvernement Brotherson a fait adopter ce mercredi matin à l’assemblée de la Polynésie française s’est cristallisé autour du Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) et ce qu’il en coûte à la collectivité.

Pour que les Polynésiens, toutes couches sociales confondues, continuent de rouler à moindre frais à bord de leurs gros 4×4, sans parler des pêcheurs, agriculteurs, boulangers etc qui bénéficient d’un carburant détaxé dans le cadre de leur activité professionnelle, ils devraient tous les jours allumer un cierge à la gloire du FRPH ! Un dispositif de stabilisation qui, rappelons le, a pour fonction essentielle de réguler les prix des carburants à la pompe en toutes circonstances. Sauf que dorénavant toute la classe politique s’accorde à reconnaître que cet « amortisseur » a vécu et surtout, qu’il n’est plus conforme aux ambitions affichées dans le Plan Climat en matière de réduction des gaz à effet de serre…

Mais toute la question est de savoir aujourd’hui s’il y avait urgence, ou non, à réabonder le FRPH à hauteur de 3,5 milliards de Fcfp, un complément de crédits qui s’ajoute aux 3 milliards déjà inscrits au BP 2026 ? Pour le ministre de l’Economie et des Finances, Warren Dexter, cela ne fait pas l’ombre d’un doute.

En effet, dans le climat d’incertitudes actuel lié au blocage du détroit d’Ormuz, où le prix du baril de pétrole fait le « yoyo » sur les marchés internationaux, il « vaut mieux anticiper » soutient le MEF à l’adresse des élus de la minorité. Et d’expliquer que nul ne peut garantir une stabilisation des cours de l’or noir dans les semaines à venir et qu’en l’état actuel des choses, autour de 100 dollars US le baril, le surcoût pour le FRPH est estimé à 1 milliard de Fcfp rien que pour le mois de mars 2026.

Si le ministre de l’Economie n’est pas défavorable à ce qu’une réflexion soit amorcée pour réformer le FRPH en vue de sa disparition pure et simple, deux préalables s’imposent à ses yeux: d’une part, s’assurer d’un système de transport en commun performant – ce qui est loin d’être le cas actuellement – et d’autre part, envisager l’allocation de chèques carburant à destination des familles les plus modestes. Une manière comme une autre de préparer la population à payer le juste prix. Car, avec un baril à 100 dollars US, sans FRPH, le prix du litre d’essence à la pompe devrait s’afficher à 243 Fcfp contre 238 Fcfp pour le diésel.

Autrement dit: attachez vos ceintures, ça risque de piquer!…

 

 

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