Guerre au Moyen-Orient: pénurie de pétrole en vue…?

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Plus qu’une envolée des prix du baril de pétrole (Brent à 106 US dollars en ce mercredi 18 mars 2026), provoquée par le blocage actuel du détroit d’Ormuz au Moyen-Orient, c’est bien une raréfaction de l’or noir dans le monde qui se profile si le conflit venait à s’enliser…

Le précédent gouvernement Fritch a été confronté à l’épidémie de covid-19 deux années durant, la « dream-team » de Moetai Brotherson se voit aujourd’hui confrontée à sa première crise majeure après le déclenchement du conflit armé contre l’Iran.

Cet événement international survient dans un contexte économique des plus favorables (essor touristique inégalité, croissance de l’emploi etc), ce qui procure à l’exécutif polynésien les moyens budgétaires et financiers suffisants pour se préparer et surtout, se prémunir face aux conséquences multiples que les observateurs peinent encore à mesurer.

Toujours est-il qu’ un collectif budgétaire n°1 va être soumis à l’approbation des élus de l’assemblée, réunis en séance extraordinaire le 25 mars prochain, après la convocation en urgence de la commission ad-hoc présidée par Tematai Legayic. A quelques jours du deuxième tour des Municipales, le candidat Legayic à Papeete est particulièrement désavantagé. D’autant que, selon nos informations, le choix de la date aurait été « imposé » par l’actuel locataire du perchoir…

Pas de « stock stratégique » à Motu-Uta

Il s’agit principalement d’abonder le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) à hauteur de 3,5 milliards de francs supplémentaires. Objectif principal: compenser le déficit attendu aux fins de ne pas répercuter cette hausse sur les prix à la pompe. Une mesure purement électoraliste à laquelle, il est vrai, toutes les majorités ont succombé plutôt que d’appliquer la vérité des prix. Pour l’instant encore, « le FRPH s’autofinance… », nous a confié l’un des pétroliers que nous avons pu joindre par téléphone. Mais cela ne va pas durer longtemps au rythme où la situation se dégrade sur le théâtre des opérations militaires.

Car, plus que la question des prix du pétrole auxquels vont devoir s’accommoder les automobilistes comme d’ailleurs le principal fournisseur d’électricité, EDT, c’est la quantité disponible de matière première qui interroge et inquiète nombre d’acteurs économiques. Et pour cause, contrairement à la plupart des autres pays, la Polynésie française ne dispose pas de « stock stratégique » permettant de voir venir…. En somme, nous commandons en fonction des besoins !

Pour l’heure, il faut savoir que trois navires pétroliers sont attendus prochainement au port de Papeete. A quel prix sera délivrée la précieuse marchandise ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais une chose est sûre: si le conflit n’était pas résolu d’ici le mois de juin – ce que nous pouvons craindre au vu de la résilience dont fait preuve le régime iranien – et que les principaux pays producteurs (Etats-Unis, pays du Golf ou encore la Russie) privilégient l’auto-consommation plutôt que les exportations, la situation risque de se tendre gravement pour les petites communautés insulaires comme la notre.

Photo: Port autonome de Papeete

 

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