L’art de se mettre à dos le monde agricole…
L’annonce de la fin de fonctions prononcée à l’encontre de Roland Bopp à la direction de l’Agriculture était censée calmer le monde agricole. Sauf qu’il a fallu, une fois encore, que le président du Pays en rajoute…
Le chef du gouvernement polynésien, lorsqu’il est sous pression – c’est le cas actuellement entre la guerre au Moyen-Orient et les tensions sociales persistantes – éprouve généralement quelques difficultés à se contenir. Il parle cash, parfois plus qu’il ne faudrait. Disons surtout qu’il a du mal à supporter la contradiction. A plus forte raison lorsque les critiques émanent de sa propre majorité Tavini à l’assemblée! La même frange de représentants qui, dit-on, seraient prêts à faire scission…
Aussi, lorsque ces mêmes élus siégeant à la commission législative ad-hoc, Edwin Shiro Abe en tête, reprochent au gouvernement son inaction en matière de développement agricole, Moetai Brotherson sort l’artillerie lourde. Avec une première annonce grand public d’abord, selon laquelle: le Budget primitif 2027 sera en priorité consacré à l’auto-suffisance alimentaire et énergétique. Si cette volonté présidentielle part d’un bon sentiment, les résultats à attendre n’en seront pas moins longs…
Des agriculteurs trop aidés ?
Maintenant, le chef du gouvernement, comme à son habitude, entend renvoyer chacun à ses responsabilités! Et de reprocher aux acteurs du secteur Primaire de profiter du système. A ses yeux en effet, l’agriculture polynésienne est déjà bien dotée. Trop, peut-être ? : « Si je vous donnais le montant de toutes les aides attribuées aux agriculteurs dans notre pays, je pense qu’il y a des gens à Fiji qui feraient une crise cardiaque. Parce que le niveau d’aide de nos agriculteurs est sans commune mesure avec celui qui existe dans tous les autres pays du Pacifique, qui ont une production supérieure à la nôtre », a t-il déclaré mercredi matin à la Présidence.
Alors, la faute à qui si nos maraîchers sont incapables de fournir toute l’année, sur les étales des magasins, des tomates, concombres et autres salades en quantité et à un prix raisonnable ? Selon nos informations, une telle impasse conduirait le gouvernement à examiner la faisabilité d’ouvrir davantage de quotas à l’importation sur certaines productions défaillantes. C’est déjà le cas pour la filière avicole qui, confrontée à des difficultés d’approvisionnement en aliments et de maladie, doit recourir à l’importation en provenance de Nouvelle-Zélande. Ce qui, dans cette hypothèse, nous rendrait encore plus dépendants vis-à-vis du reste du monde…Bonjour la souveraineté alimentaire !
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