L’envolée inquiétante des prix du baril de pétrole

0

En ce lundi 9 mars 2026, la panique générale s’empare de la plupart des places boursières internationales avec un baril de pétrole dont le prix, qu’il s’agisse du Brent ou du WTI américain, a dépassé la barre symbolique des 100 dollars US.

L’envolée des prix des hydrocarbures provoque un « retour des pressions inflationnistes », ce qui est « l’un des principaux sujets d’inquiétude » des marchés, explique John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.

Une frappe a encore provoqué un incendie dans le complexe de raffinage d’Al-Maameer, à Bahreïn, selon un média d’Etat. Et l’Arabie saoudite a dû intercepter des drones visant le gisement de pétrole de Shaybah (sud-est), déjà attaqué dimanche.

Ormuz impraticable « tant que la guerre durera »

Ce type d’attaques, associé au blocage du détroit d’Ormuz par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), ont poussé le baril au-dessus de 100 dollars.

Le pire, c’est que le détroit d’Ormuz restera impraticable, tant que la guerre durera, a averti le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Larijani sur X.

Pour l’heure, chacun s’emploie à minimiser le risque de pénurie imminente. En Europe comme en Polynésie d’ailleurs, il existe des stocks suffisamment conséquents pour amortir ce type de crise. Sauf bien entendu si elle durait au delà de plusieurs mois! Seule parade actuellement envisagée: si les perturbations dans l’approvisionnement persistent avec le fermeture du détroit d’Ormuz, la perspective d’une éventuelle libération des stocks stratégiques – une option que les pays du G7 ont dit étudier – a permis d’apaiser les tensions sur les prix du brut. Même le président américain tente, à sa manière, de relativiser cette tension sur l’or noir. A ses yeux, en effet, la guerre et ses conséquences sont un « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité ». Pas sûr que ses concitoyens, gros consommateurs de carburants en tous genres, soient sur la même longueur d’onde…

Fort impact sur le transport aérien

En revanche, la guerre américano-israélienne contre l’Iran affecte profondément les acteurs du tourisme mondial, à commencer par les compagnies aériennes. Et pour cause, certains prix du kérosène ont doublé depuis le début du conflit, accentuant la pression sur les transporteurs qui naviguent déjà dans un espace aérien restreint, alors que les pilotes se déroutent pour éviter le conflit au Moyen-Orient et que des milliers de passagers bloqués tentent de quitter la région.

« En l’absence d’un soulagement à court terme, les compagnies aériennes du monde entier pourraient être contraintes d’immobiliser des milliers d’avions, tandis que certains des transporteurs les plus fragiles financièrement pourraient interrompre leurs activités », selon les analystes de Deutsche dans une note adressée à leurs clients.

La hausse des prix des billets a accentué la douleur des consommateurs. Les vols directs de Séoul à Londres le 11 mars avec Korean Air Lines, par exemple, ont grimpé à 4 359 dollars, contre 564 dollars sept jours plus tôt, selon les données de Google Flights. « Le problème pour les compagnies aériennes est que la demande de voyages pourrait être réduite car les coûts deviennent prohibitifs pour les voyageurs d’agrément et que certaines entreprises commencent à limiter les voyages d’affaires en raison des perspectives incertaines », a déclaré Lorraine Tan, directrice de la recherche sur les actions pour l’Asie chez Morningstar. Pire, l’impact des tarifs aériens élevés pourrait limiter la demande de voyages pendant une grande partie de l’année 2026, a ajouté Mme Tan.

Loading

Laisser un commentaire