Quand les maraîchers roulent les consommateurs dans la terre…
Suite de nos investigations dans le milieu du secteur Primaire pour lequel le président Moetai Brotherson nourrit de « grandes ambitions » dans le cadre du projet de budget 2027 du Pays.
Rappelons en effet que lors de la présentation de ses voeux au CESEC, lundi matin, le chef de l’exécutif local a déclaré vouloir mettre le paquet sur le secteur Primaire, seule solution, selon lui, pour faire baisser les prix dans l’Alimentation. Comment, sous quelle forme et surtout à quel prix pour la collectivité ?
Alors question, faut-il encore se résoudre à sortir le carnet de chèques pour que nos agriculteurs acceptent de nous vendre le kilo de tomates ou la salade à des prix plus abordables ? Alors même qu’ils sont déjà très gâtés par les pouvoirs publics et ce, toutes tendances politiques confondues.
Il suffit de voyager, ne serait-ce que dans la région, pour se rendre compte des écarts de prix. Prenez l’exemple de la Nouvelle-Calédonie: pas plus tard qu’en novembre dernier, l’un des observateurs avertis qui nous a contacté, a eu l’agréable surprise d’acheter dans une grande surface de Nouméa (Géant Casino pour ne pas la citer) le kilo de tomates à 250 Fcfp, la salade à 150 Fcfp, le pota (120 Fcfp) contre 500 Fcfp pour le taro et l’igname. Par quel miracle, me direz-vous ? Certes, la Nouvelle-Calédonie dispose de bien plus grandes étendues agricoles mais selon notre expert en la matière, les conditions de production sont quasiment comparables.
Doit-on par conséquent en conclure que les maraîchers nous roulent dans la terre ? …probablement. Certains, bien connus à la Presqu’île, ont effectivement acquis une belle fortune grâce au travail de la terre mais aussi, sur le dos des consommateurs. Loin de l’image des agriculteurs français dont une grande partie peinent à se rémunérer à la hauteur du Smig…En revanche, il faut savoir que contrairement aux idées généralement reçues, les détaillants (commerçants) disposent de très peu de marges…
Pire, notre informateur soutient enfin que le secteur agricole a toujours été considéré purement et simplement comme « une vache à lait électorale ». Un public, dont le poids est relativement important avec la cellule familiale, qu’il convient de ménager afin de s’attirer ses bonnes grâces au moment de voter. D’où les nombreuses concessions qui leur sont accordées au fil du temps et dernièrement encore avec la réforme du RNS (régime des non-salariés) qui, a priori, ne devrait pas les impacter.
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