Recomposition politique en marche à Tarahoi

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A un peu plus de quarante-huit heures de l’ouverture de la session administrative à l’assemblée de la Polynésie française, une vaste recomposition politique se dessine à Tarahoi et les observateurs s’interrogent sur les conséquences en matière de gouvernance du Pays.

Sur le papier, nous allons assister à une séance solennelle plutôt habituelle ponctuée de discours et du renouvellement des membres au sein des différentes commissions et organismes extérieurs de l’institution. Mais derrière les amabilités de façade, c’est la première fois depuis l’ouverture de la crise interne au Tavini huiraatira que Antony Géros et Moetai Brotherson, respectivement à la tête des pouvoirs législatif et exécutif, vont pouvoir délivrer leurs messages à la population. Quelle en sera la teneur ? Iront-ils jusqu’à déballer leur linge sale en public…il est encore trop tôt pour le dire.

En attendant, l’assemblée de la Polynésie française a officialisé, le 2 avril dernier, la constitution d’un nouveau groupe politique. A Fano Tia (littéralement, avance droit, avancer debout), c’est son nom, est présidé par l’ancien député, Tematai Legayic, à l’origine de cette fronde. Odette Homai est sa vice-présidente. Il ne compte que quatorze représentants et non quinze comme les médias l’avaient annoncé au départ. Pour l’heure, Félix Tetua n’a pas démissionné du groupe Tavini présidé par Oscar Temaru qui ne compte plus dorénavant que vingt-trois sièges. Soit six de moins (29) que la majorité nécessaire. Quant à la minorité, elle reste stable: seize élus pour le Tapura huiraatira et quatre « non-inscrits » dont Hinamoeura Cross-Morgant.

C’est donc dans ce contexte que chacune des neufs commissions législatives va devoir être recomposée à la proportionnelle des groupes constitués. Actuellement, le groupe Tavini huiraatira règne en maître sur huit commissions, exception faite de celle de l’Emploi accordée au Tapura huiraatira en la personne de Teura Iriti qui en assure la présidence. Sur les neufs membres qui composent ces commissions, sept ou six dans certains cas (Institutions, Economie…), sont issus des rangs Tavini, deux du Tapura et un non-inscrit (Sanquer à l’Education ou encore Laurey à l’Economie). Qu’en sera t-il demain ? Une chose est sûre: la calculette de la secrétaire générale de l’APF, Jeanne Santini, n’a pas fini de chauffer!…

Mais plus que participer aux travaux préliminaires en commission, ce qui compte avant tout, c’est de mettre la main sur la présidence des dites commissions et des crédits collaborateurs alloués à celles-ci, plus d’un million de Fcfp pacifique chaque mois. Rappelons au passage que les démissionnaires en contrôlent actuellement un grand nombre: Allen Salmon aux Institutions, Tematai Legayic à l’Economie, Steve Chailloux au Tourisme, Thilda Garbutt au Logement ou encore Frangélica Bourgeois-Tarahu à l’Equipement. Cinq présidences sur neuf…en jeu.

 

 

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