Un collectif budgétaire à plus de 13 milliards de Fcfp pour tenir un semestre

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Comme annoncé, le président Brotherson, entouré de la plupart de ses ministres, a tenu ce mercredi matin une conférence de presse pour aborder les conséquences prévisibles du conflit armé au Moyen-Orient et expliquer les raisons pour lesquelles il est temps pour le fenua d’amorcer une réforme énergétique et alimentaire.

Oui, Tahiti et ses îles, qualifié de « nano marché », sont dépendantes de quasiment tout ce que la population consomme au quotidien: hydrocarbures, produits alimentaires, voitures, plastique etc. Ce n’est pas nouveau, et à force, on commençait même à s’y habituer.

Aussi, sans aller jusqu’à fustiger ses prédécesseurs qui ont conduit à cette situation, le peperu de la « dream-team » polynésienne entend bien rester dans l’histoire comme celui qui inversera ce rapport de forces, source de nombreuses faiblesses économiques de notre collectivité d’outre-mer. Rendez-vous donc, en décembre prochain, lors de la présentation du Budget primitif 2027 dans lequel seront affichées les grandes lignes d’une vaste réforme énergétique et alimentaire.

En attendant, le gouvernement dégaine en urgence son premier collectif budgétaire dont l’objectif est de « maintenir le niveau des prix le plus longtemps possible ». Son financement est assuré grâce aux réserves accumulées depuis plusieurs années. Comme quoi, « ça sert à quelque chose de faire des réserves… », a ironisé l’actuel locataire de l’ancienne caserne coloniale de l’avenue Pouvana’a Oopa.

FRPH: seul amortisseur dont nous disposons…

Ses cibles prioritaires: le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) qui vient stabiliser les prix des carburants à la pompe et bien entendu, Air Tahiti Nui dont le rôle majeur dans l’acheminement régulier de nos touristes est incontestable. Ces deux entités seront abondées, respectivement, à hauteur de 3,5 et 2,4 milliards de francs pacifique.

A propos du FRPH, relevons quand même le réalisme avec lequel le président Brotherson aborde le sujet: « Je ne dis pas qu’il faut le maintenir ad-vitam eternam mais à l’heure actuelle, c’est le seul amortisseur dont nous disposons ». Autrement dit, asseyons-nous sur ce point du programme électoral du Tavini en 2023 qui prévoyait sa disparition.

Quant à ATN, le président-ministre du Tourisme a l’intention de rencontrer la direction ces jours-ci pour voir avec elle « ce que l’on peut optimiser » afin de contenir les pertes financières. Mais à l’instar de la compagnie Air France, une surcharge kérosène, sous forme de taxe forfaitaire, est bien à l’étude.

Le CHPF touchera également sa petite enveloppe (2,1 milliards de Fcfp) aux fins de poursuivre son besoin de restructuration. Sans parler du milliard débloqué sous forme de mesures d’aides à l’emploi au cas où…

Mais attention, prévient le chef de l’exécutif polynésien: « Ce collectif vient seulement atténuer les effets immédiats de la guerre au Moyen-Orient ». Autrement dit, au delà d’un premier semestre, d’autres mesures seront nécessaires.

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