Compte rendu du conseil des ministres du 20 mai 2026

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Le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 20 mai 2026 à Rangiroa pour statuer sur les dossiers suivants.

Report du délai de mise en conformité des entreprises d’assurance à la nouvelle procédure d’agrément

Le ministre de l’Économie a présenté un projet de loi du pays portant modification de la loi du pays n° 2024-10 du 2 juillet 2024 relative au code des assurances applicable en Polynésie française.

Cette modification a pour objet de reporter la date limite de mise en conformité des entreprises d’assurance à la nouvelle procédure d’agrément administratif, initialement fixée au 30 juin 2026. La nouvelle date limite pourra être fixée, par arrêté, pris en Conseil des ministres, sans pouvoir excéder le 31 décembre 2027.

Soutien à la participation des para-athlètes au championnat du monde de va’a à Singapour

Une subvention de fonctionnement d’un montant de 7 500 000 F CFP a été accordée en faveur de la Fédération Polynésienne des Sports Adaptés et Handisports, après avis favorable n° 106-2026/CCBF/APF de la commission de contrôle budgétaire et financier de l’Assemblée de la Polynésie française du 4 mai 2026.

Cette subvention vise à financer partiellement le déplacement de la délégation, la préparation et la participation des para-athlètes polynésiens au Championnat du Monde de Va’a qui se tiendra à Singapour du 12 au 23 août 2026. Elle couvrira la préparation sportive, l’encadrement technique et logistique de la délégation, ainsi que des temps d’échanges et d’observation de pratiques inclusives à l’international.

L’initiative s’inscrit dans une dynamique structurante de développement de la filière para va’a en Polynésie française et constitue une étape stratégique dans la préparation des Jeux du Pacifique Tahiti 2027. Elle fait suite aux résultats historiques obtenus lors des Championnats du Monde de sprint d’août 2024 à Hilo (Hawaï), où la délégation tahitienne de para va’a avait décroché les deux premières médailles d’or de l’histoire pour le Fenua, en V6 500 m et V6 1 000 m, signant ainsi un palmarès sans précédent pour le handisport polynésien.

Au-delà de la performance sportive, cette subvention porte une forte dimension sociale en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap, du renforcement de leur autonomie et de la valorisation de leur engagement citoyen.

Navires de pêche en 3e et 4e catégorie: report au 30 septembre 2026 de l’obligation VMS et encadrement des données

Le ministre des Ressources marines a présenté un projet d’arrêté portant modification de l’arrêté n° 2488 CM du 11 décembre 2025 relatif aux aides à la pêche et au système de suivi des navires de pêche en Polynésie française, ainsi que de l’arrêté n° 463 CM du 5 avril 2012 précisant les modalités d’utilisation du système de suivi des navires de pêche par satellite (VMS).

Double objectif

En premier lieu, il reporte la date limite de mise en conformité au système VMS pour les détenteurs d’une licence de pêche professionnelle pour les navires armés en 3e et 4e catégorie du 30 juin au 30 septembre 2026. Cette extension concerne 404 navires répartis sur l’ensemble du territoire, incluant des zones géographiquement isolées. Face aux contraintes logistiques, techniques et organisationnelles du déploiement, la Direction des ressources marines a engagé une démarche progressive en priorisant les zones à plus forte densité d’activité, accompagnée d’un dispositif de communication et de sensibilisation auprès des professionnels. Ce délai supplémentaire vise à garantir un déploiement complet et homogène du dispositif sur l’ensemble du territoire, sans remettre en cause les objectifs de gestion durable des ressources marines.

Au-delà du suivi réglementaire de l’activité de pêche, le dispositif VMS remplit également une mission essentielle de sécurité en mer. En permettant de localiser les navires en temps réel, il constitue un outil précieux pour les opérations de secours et de recherche en cas d’accident ou de disparition en mer. Le message porté par le Gouvernement auprès des professionnels est clair : “quand bien même les distances réglementaires ne seraient pas respectées, l’essentiel est de rentrer à la maison”. Le VMS est avant tout un filet de sécurité pour les pêcheurs et leurs familles.

Par ailleurs, ce dispositif permet de s’assurer de la bonne utilisation de l’hydrocarbure détaxé dont bénéficient les pêcheurs professionnels, en vérifiant que les trajets effectués correspondent effectivement à une activité de pêche. Il s’agit ainsi de garantir que cet avantage fiscal, destiné à soutenir la filière, bénéficie bien à ceux qui en sont les légitimes bénéficiaires.

En second lieu, le projet d’arrêté renforce l’encadrement juridique du traitement des données de géolocalisation collectées dans le cadre du VMS, en précisant expressément que ces données sont traitées exclusivement par le service en charge de la pêche, utilisées uniquement aux fins de suivi de l’activité de pêche, et ne peuvent faire l’objet d’aucune communication à des fins étrangères à cette mission, sauf obligation légale contraire. Les armateurs disposent par ailleurs d’un droit d’accès aux données les concernant, dans les conditions prévues par la réglementation relative à la protection des données à caractère personnel.

Prise en charge des dégâts causés par la foudre en faveur du collège de Rangiroa

La ministre de l’Éducation a présenté un projet d’arrêté approuvant l’attribution d’une subvention de fonctionnement d’un montant de 392 228 F CFP en faveur du collège de Rangiroa.

En janvier 2026, la foudre est tombée sur l’établissement, occasionnant plusieurs dommages matériels : le système de sécurité incendie (SSI) a été fortement impacté, nécessitant l’intervention en urgence d’une société spécialisée pour rétablir le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité du collège et de l’internat; le climatiseur de l’infirmerie a été gravement endommagé et remplacé; le système de sonnerie musical de l’établissement a par ailleurs subi une surtension ayant entraîné la détérioration du disque dur externe. Cette subvention permettra de couvrir l’ensemble de ces dépenses de remise en état.

21e édition du Salon Te Rara’a, l’artisanat traditionnel des Australes

Cet événement se tiendra du 25 au 31 mai 2026, de 08h00 à 17h00, dans le hall de l’Assemblée de la Polynésie française. L’inauguration officielle aura lieu le lundi 25 mai.

Il réunira trente-cinq artisans spécialisés en vannerie et bijouterie traditionnelle, présentant une large diversité de créations : ‘ete (paniers), pē’ue (nattes) et tāupo’o (chapeaux) en pandanus des Tūha’a pae, créations en nī’au blanc de Tubuai, Rurutu et Rimatara, en ‘ā’eho de Rapa, ainsi que des colliers en coquillages. Des ateliers de tressage en pandanus seront proposés, quotidiennement, au public.

Bilan et perspectives des actions du Pays dans la commune de Rangiroa

À l’occasion du conseil des ministres délocalisé à Rangiroa, le Gouvernement a présenté un ensemble de communications dressant un état des lieux complet des actions conduites par le Pays sur la commune.

Ces communications témoignent de l’engagement du Gouvernement en faveur d’un développement durable et équilibré de cet atoll emblématique des Tuamotu et de sa volonté de renforcer la présence et l’action publique au bénéfice des populations des îles.

Tourisme et transport aérien

Le président de la Polynésie française a présenté une communication relative au bilan touristique et à la desserte aérienne de l’atoll de Rangiroa.

Au 31 mars 2026, l’offre d’hébergement de Rangiroa comprend 2 hôtels de tourisme classés (92 clés, 184 personnes), 28 pensions de famille (129 clés), 70 meublés de tourisme (98 clés), 9 chambres à louer, une auberge de jeunesse et 5 campings.

Deux projets lauréats de l’ Appel à Manifestation d’Intérêts (AMI) 2024 viennent renforcer cette offre avec la rénovation et l’extension de l’Hôtel Kia Ora Resort & Spa, dont la capacité passera de 58 à 78 unités avec démarrage des travaux en novembre 2026 et la création de la pension Moana Beach Rangiroa (7 bungalows). Depuis 2018, le dispositif d’aide en faveur des pensions de famille a permis de soutenir plusieurs établissements de l’atoll à hauteur de 60 millions F CFP pour des opérations de rénovation, d’extension ou de mise en conformité.

En matière d’aménagements touristiques, la livraison du fare pote’e avec sanitaires à Papaputa est inauguré ce mardi 19 mai 2026, la démolition du relais nautique d’Avatoru programmée en août 2026 et la livraison du Fare Manihini de Papaputa attendue en avril-mai 2027.

Les chiffres de fréquentation confirment le dynamisme de la destination. En 2025, Rangiroa a accueilli 37 099 touristes pour 724 515 nuitées, soit une hausse de 44 % par rapport à 2019 et une progression de 7,2 % par rapport à 2024. L’atoll représente environ 5 % de la fréquentation touristique de la Polynésie française. Lors du salon du Tourisme qui s’est tenu février 2026, Rangiroa était représentée par 19 exposants, dont 1 hôtel, 8 pensions de famille, 1 meublé de tourisme et 9 prestataires d’activités terrestres et nautiques.

Le comité du tourisme de Rangiroa, agréé depuis 2023 et doté d’un bureau élu en juin 2025, anime activement la destination avec 81 escales prévues en 2026, dans une logique de diversification de l’offre, de montée en qualité et de régulation des flux liés aux paquebots.

Sur le plan de l’accessibilité aérienne, l’aéroport de Rangiroa a enregistré en 2025, 56 903 arrivées et 57 051 départs de passagers, ainsi que 141 316 kg de fret à l’arrivée et 148 047 kg au départ. Une programmation d’investissements d’environ 952 millions F CFP HT est engagée pour moderniser la plateforme aéroportuaire, accompagner la croissance du trafic et améliorer la qualité de service.

412 aides instruites pour 3761 habitants

La vice-présidente, ministre des Solidarités, a présenté une communication relative à l’action de la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité (DSFE) sur la commune de Rangiroa et ses communes associées, Tikehau, Mataiva et Makatea.

La DSFE intervient sur la commune via la subdivision des archipels, créée le 11 mars 2019, dont le siège est établi à Papeete avec des antennes à Tubuai, Hiva Oa et Nuku Hiva. L’antenne locale de Rangiroa ayant été fermée en août 2021 faute de candidat, le suivi des situations sociales est assuré depuis Tahiti par des missions délocalisées, à raison de 7 à 10 missions par an sur les quatre atolls. La subdivision compte 17 agents au total, dont 5 travailleurs sociaux basés à Tahiti, un psychologue itinérant et des équipes aux Australes et aux Marquises.

Selon le recensement de 2022, la commune de Rangiroa compte 3 761 habitants répartis sur quatre îles : Rangiroa (2 785 habitants), Tikehau (589 habitants), Mataiva (292 habitants) et Makatea (95 habitants). La population, bien que relativement jeune, vieillit : la part des plus de 60 ans est passée de 8,8 % en 2007 à 14 % en 2022. Seuls 30 % des habitants exercent une activité rémunérée, tandis que 30,3 % sont sans activité professionnelle et 39,7 % sont retraités. Les personnes vivant seules représentent 20,7 % de la population, majoritairement des personnes de plus de 65 ans.

Les principales problématiques sociales relevées sont l’isolement géographique, la précarité de l’emploi — fortement dépendant du tourisme et des chantiers d’infrastructures —, la dépendance alimentaire vis-à-vis des importations de Tahiti, ainsi que l’absentéisme et le décrochage scolaires, notamment liés aux conditions d’internat du collège de Rangiroa, que des élèves rejoignent dès l’âge de 10 à 11 ans.

En 2025, le montant total des aides sociales attribuées sur la commune et ses communes associées s’est élevé à 32 084 271 F CFP, correspondant à 412 aides instruites sur l’année. L’action de la DSFE s’appuie sur un réseau partenarial structuré associant l’Éducation nationale, les communes, les structures de santé et la gendarmerie, qui constituent autant de relais essentiels en l’absence de représentation directe sur les atolls.

153 demandeurs d’emploi actifs

Au 31 décembre 2025, le SEFI recensait 153 demandeurs d’emploi actifs sur la commune, pour 23 offres publiées. Sur l’ensemble de la commune et ses communes associées, 1 437 personnes sont sans emploi, dont 1 286 sans diplôme, sur une population totale de 3 761 habitants. Le tissu économique local compte 1 104 entreprises recensées, composées en grande majorité de petites unités, majoritairement structuré autour du tourisme, du commerce et des services de proximité.

Au 31 mars 2026, cinq mesures d’aide à l’emploi de type contrat sont en cours (4 ACT et 1 ACT PRIM) ainsi que 8 aides à la création et reprise d’activités (ICRA). Depuis novembre 2024, 13 nouvelles mesures TIAMA et 9 stages TAIA ont été mobilisés sur la commune. Trois projets TREMPLIN sont en cours d’exécution, portés respectivement par l’association Fa’a’apu Rau no Rangiroa (autosuffisance alimentaire), la mairie de Mataiva et la mairie de Tikehau (insertion par des projets agricoles et touristiques), pour une durée d’un an de août 2025 à août 2026.

Formation professionnelle

En 2025, le CFPA a déployé à Rangiroa une unité mobile de formation composée de six containers et a accueilli vingt-quatre stagiaires d’Avatoru et de Tiputa dans les filières préqualifiantes agent d’entretien du bâtiment, mécanique automobile et monteur-dépanneur en climatisation. Sur les 23 stagiaires formés entre 2024 et 2025, la majorité sont en cours d’insertion, de poursuite de formation qualifiante ou de création d’activité. Le centre dispose de trente-six lits pour faciliter l’accès à la formation des publics éloignés. Par ailleurs, le projet « Pohaku Moana », conduit avec la Direction des ressources marines et l’Université de Pau, vise à expérimenter des matériaux de construction innovants à base de nacre et de corail recyclé, avec à terme la création d’un titre local dédié.

Fonction publique

Au 1er janvier 2026, quarante-sept agents du Pays sont affectés à Rangiroa, au sein de 5 entités administratives relevant de 5 ministères : le CFPA (9 agents), la DGEE (29 agents), la DEQ (3 agents), la DAG (3 agents) et la DSP (3 agents). À l’échelle des Tuamotu-Gambier, ce sont 261 agents du Pays qui concourent à l’action du service public.

Projet Fare Ora

Le projet d’implantation d’un Fare Ora, guichet unique de services publics, à Rangiroa recueille un avis favorable de l’équipe communale, formalisé par une lettre d’intention du maire en septembre 2023. Une tournée administrative conduite du 13 au 15 avril 2026 a permis de confirmer que les locaux envisagés à la mairie d’Avatoru, d’une superficie d’environ 12 m², satisfont aux critères du cahier des charges et disposent d’une connectivité de bonne qualité. Le maire a souhaité consulter préalablement les élus communaux avant la signature de la convention de mandat. À l’occasion de ce Conseil des ministres délocalisé du 18 mai 2026, il présente le plan d’installation du Fare Ora dans les locaux identifiés.

Plan général d’aménagement (PGA)

La commune de Rangiroa ne dispose pas à ce jour d’un plan général d’aménagement en vigueur. À la suite de la délibération n° 34/2023 du 19 juillet 2023 sollicitant le lancement des études, une mission de terrain s’est déroulée du 30 septembre au 03 octobre 2024. Par courrier du 29 avril 2026, l’élaboration du PGA de Rangiroa a été inscrite à la programmation 2026 de la DCA. Les études seront confiées à un prestataire en maîtrise d’œuvre, sous la maîtrise d’ouvrage de la DCA en concertation avec les services communaux.

La commune ne dispose pas non plus d’un PPR approuvé, ce qui limite la maîtrise réglementaire du développement urbain dans les zones exposées au risque de submersion marine d’origine cyclonique. Des mesures d’adaptation sont néanmoins imposées au cas par cas, notamment l’obligation de surélever les projets d’habitation dans les zones à risque.

Autorisations de travaux immobiliers pour les projets structurants 2024-2026

Sur la période 2024-2026, la dynamique d’aménagement de Rangiroa s’articule autour du renforcement de l’offre touristique et de la consolidation des infrastructures publiques. Dans le secteur touristique, neuf opérations majeures ont été autorisées, représentant au moins vingt-quatre nouveaux bungalows, ainsi que la reconfiguration du complexe Kia Ora. Sur le volet équipements publics, neuf projets d’infrastructures collectives ont été autorisés, incluant un centre médical, un centre d’incendie et de secours, le CETAD de Tiputa, un fare va’a, un grand fare pote’e porté par le Service du tourisme et des fermes photovoltaïques au sol.

À ce jour, huit permis de construire sont en cours d’instruction, portant notamment sur des pensions de famille, des bungalows touristiques (12 unités), un centre commercial et des équipements de stockage d’eau à Tiputa.

Le tableau synthétique des autorisations depuis 2023 fait apparaître la dynamique suivante :

2023 2024 2025 mai-2026
PC déposés 57 65 46 19
dont OPH 32 26 19 12
dont ERP 12 19 9 3
PC accordés 50 42 38 11
Prorogations 21 10 7 0
CC accordés 3 2 5 3
PC délivrés OPH 19 18 15 8
Part PC OPH accordés 38 % 43 % 39 % 73 %

La part croissante des opérations portées par l’Office polynésien de l’Habitat (OPH), atteignant 73 % des permis accordés depuis le début de l’année 2026, témoigne d’un engagement renforcé du Pays en faveur du logement social sur l’atoll.

Projet pilote Pōhaku Parau, pour le développementde l’économie bleue, de la formation professionnelle et de l’innovation adaptée aux archipels

Le ministre des Ressources marines et la ministre de la Fonction publique, du Développement des archipels et de la Formation professionnelle, ont présenté conjointement une communication relative à la convention cadre de partenariat portant sur le développement de coopérations en faveur de l’économie bleue, de la formation professionnelle et de l’innovation adaptée aux archipels, dans le cadre du projet pilote Pōhaku Parau.

Ce projet expérimental, porté par la Direction des ressources marines (DRM) avec l’appui du Centre de formation professionnelle pour adultes (CFPA), s’inscrit dans une démarche de recherche appliquée visant à tester et comparer des formulations de bétons et matériaux intégrant des ressources locales ou issues de coproduits, déchets de nacre, sables et granulats coralliens, bétons de corail issus de déconstruction, dans le contexte spécifique des atolls, où les matériaux conventionnels sont rares, onéreux et parfois incompatibles avec les contraintes environnementales coralliennes.

La convention cadre, sans incidence financière directe, formalise les objectifs communs des deux ministères et les principes généraux de leur coopération : mobilisation coordonnée des compétences, échanges d’expertise, valorisation des ressources locales, expérimentation de solutions adaptées aux contraintes insulaires et capitalisation des retours d’expérience. Elle constitue le premier volet d’une architecture conventionnelle appelée à être complétée par des conventions opérationnelles spécifiques qui préciseront notamment les modalités de propriété intellectuelle et de transfert des formulations développées vers les acteurs privés polynésiens.

Dans ce cadre, le ministère de la Fonction publique s’engage à créer un titre professionnel local ou un module de spécialisation intégré au titre de maçonnerie, consacré aux techniques de béton de nacre et aux matériaux biosourcés, afin de permettre aux stagiaires d’obtenir une certification reconnue et adaptée aux besoins du territoire. La convention est conclue pour une durée de trois ans, du 19 mai 2026 au 19 mai 2029, et a été signée officiellement sur le site du CFPA, de Rangiroa.

Valorisation du patrimoine culturel

La ministre de la Culture a présenté une communication relative au patrimoine culturel des îles composant la commune de Rangiroa que sont Tikehau, Mataiva et Makatea, accompagnée d’un atlas cartographique et d’un inventaire des sites culturels établi par la Direction de la culture et du patrimoine (DCP).

En effet, l’archipel des Tuamotu est longtemps resté à l’écart des grands programmes de recherche archéologique, notamment pour des raisons logistiques. Aucun de ses sites n’a à ce jour fait l’objet d’une protection au titre des monuments historiques de la Polynésie française. Sur la base des sources disponibles, la DCP a néanmoins recensé 118 sites culturels répartis sur les quatre îles de la commune : 38 à Rangiroa, 38 à Tikehau, 13 à Mataiva et 29 à Makatea. Ce patrimoine est constitué principalement de marae, de sites historiques, de vestiges industriels, d’anciennes infrastructures (parcs à poissons, fosses de culture ou maite) et de lieux légendaires.

À Rangiroa, une mission de récolement archéologique menée fin 2025 par la DCP a permis d’explorer et d’inventorier une zone à l’ouest de l’atoll, identifiant plusieurs sites jusqu’alors inconnus, notamment dans la zone du « lagon bleu ».

À Tikehau, le patrimoine se distingue par les vestiges d’anciens villages, des maisons coloniales en bois sur pilotis, des puits d’eau anciens (‘āpo’o pape) et des marae dispersés sur l’île.

À Mataiva, les treize sites recensés comprennent des marae, une grotte funéraire sous-marine et plusieurs sites à la fois historiques et légendaires.

À Makatea, le patrimoine se caractérise par sa diversité : les friches industrielles de l’époque de l’exploitation des phosphates, usine de traitement, trains et wagons, four à pain, vestiges de la première église Sanito, cimetière chinois, côtoient des grottes funéraires, des marae et des zones de cultures anciennes.

Dans le cadre de son programme d’inventaire des Tuamotu engagé depuis le second semestre 2025, la DCP conduira du 09 au 13 juin 2026 une mission sur l’île de Makatea, en présence d’un architecte en chef des monuments historiques et d’un spécialiste de la conservation des vestiges industriels. Un audit du patrimoine industriel sera réalisé et un récolement archéologique complémentaire permettra d’intégrer les périodes précoloniales aux futurs programmes de valorisation. Des panneaux d’information sur le patrimoine seront installés à cette occasion, sur l’île. Ces missions constituent une première étape vers des opérations de valorisation plus larges, menées en lien avec les communautés locales.

Fare d’artisanat de Tiputa

Un terrain communal de 450 m² avait été identifié à Tiputa dès 2015 pour accueillir un fare d’artisanat traditionnel. Une convention d’occupation temporaire à titre gratuit pour une durée de 15 ans avait été conclue en 2017 entre la commune de Rangiroa et la Polynésie française. La situation, restée en suspens depuis 2018, a été régularisée en début d’année 2026 par la parution de l’arrêté n° 449 MJP du 22 janvier 2026, qui confie la gestion du site à la fédération des Associations artisanales et culturelles Patuatini Te Hau Marumaru de Tiputa Rangiroa, avec une redevance fixée à 15 000 F CFP par an. Une convention a également été conclue avec les occupants afin de définir les conditions d’occupation et de gestion du site.

Une mission conduite en octobre 2025 a mis en évidence une contrainte structurelle : la coursive couverte reliant les deux modules du fare, qui constituerait un espace d’animation et d’exposition, est traversée par des véhicules administratifs tout au long de la journée. Une modification de la clôture et de l’accès véhicules est à l’étude pour améliorer les conditions d’occupation des artisans et sécuriser le passage des visiteurs.

Formations à destination des artisans du fare de Tiputa

Dans le cadre du plan de formation 2026 du Service de l’artisanat traditionnel qui compte près de 2 000 artisans recensés en Polynésie française, dont 50 % exercent hors de Tahiti et Moorea, les artisans du fare de Tiputa bénéficieront de trois sessions de formation en juillet 2026 : anglais les 06 et 07 juillet, gestion de projet les 20 et 21 juillet, et techniques de vente et de négociation les 23 et 24 juillet.

Ces actions s’inscrivent dans les préconisations du diagnostic économique des fare d’artisanat mené en 2025 et du Schéma directeur de l’artisanat traditionnel 2030. Des actions complémentaires pourront être engagées en cours d’année selon les budgets obtenus dans le cadre du prochain collectif budgétaire. Sport, jeunesse et prévention de la délinquance

La ministre des Sports, de la Jeunesse, de la Prévention contre la délinquance a présenté une communication relative au bilan des actions et projets 2025-2026 de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) sur la commune de Rangiroa.

Sport

En 2025, la DJS a soutenu six associations sportives de la commune pour un montant total de 2 599 700 F CFP, réparti entre des aides en nature (499 700 F CFP), des subventions de fonctionnement pour l’activité générale (1 200 000 F CFP) et une subvention d’investissement (900 000 F CFP) accordée à Rairoa Va’a pour l’acquisition d’un va’a V6 de compétition.

En 2026, deux associations ont déposé des demandes d’aide en nature pour un montant total de 400 000 F CFP, et 2 associations ont bénéficié de subventions de fonctionnement pour un montant total de 1 100 000 F CFP, le Judo Club de Rangiroa pour 600 000 F CFP et Tepaetia Va’a pour 500 000 F CFP.

Sur le plan du tissu sportif local, Rangiroa compte 8 disciplines sportives représentées, 16 clubs affiliés aux fédérations délégataires, 12 établissements d’activités physiques et sportives actifs et 54 professionnels titulaires d’une carte professionnelle. Un sportif est inscrit sur la liste des sportifs de haut niveau en catégorie Excellence (va’a). En 2025, 3 inspections de centres de plongée ont été réalisées ; en 2026, une enquête administrative est en cours concernant un établissement de plongée.

En matière de formation, une session CPPA APPN mention randonnée aquatique a été organisée en 2025, permettant la diplomation de 10 candidats sur 10 inscrits, complétée par un test de recyclage ayant certifié 12 candidats sur 15.

Jeunesse

Sur la période 2024-2026, 966 mineurs ont été accueillis dans les centres de vacances et de loisirs de la commune. Deux sessions de formation au BAFA ont été organisées en 2024 par les CEMEA, pour 25 stagiaires. Le faible nombre de sessions dispensées illustre les difficultés logistiques et financières propres aux îles éloignées, confirmant la nécessité d’adapter l’offre de formation aux réalités insulaires.

Prévention de la délinquance

La Délégation pour la prévention de la délinquance de la jeunesse (DPDJ) n’a pas d’actions en cours sur l’île de Rangiroa, en l’absence de sollicitations exprimant un besoin particulier. Un appel à projets sera prochainement lancé à l’échelle de la Polynésie française, axé sur la prévention des conduites addictives et la sensibilisation au fléau de la méthamphétamine, auquel les associations de l’île œuvrant dans le domaine de la jeunesse et de la prévention seront invitées à répondre.

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