7 juillet 2026

Nucléaire: l’assemblée de la Polynésie française demande « pardon »…

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Sous l’impulsion de son président actuel, Antony Géros, l’assemblée de la Polynésie française a approuvé lundi après-midi une proposition de délibération demandant solennellement pardon au peuple de Polynésie française pour la responsabilité politique historique de l’institution dans le cadre de l’implantation du Centre d’Expérimentation du Pacifique (C.E.P) sur le territoire. Mais elle n’a pas recueilli l’unanimité…

C’est, à n’en pas douter, l’un des temps forts de cette neuvième et dernière séance de la session administrative. Une satisfaction pour l’auteur du texte, même si celui-ci a indiqué qu’il « doutait de pouvoir obtenir de l’Etat une réparation intégrale » pour tout ce qui a été fait dans nos îles trente années durant…

Quelques jours après la commémoration du premier tir nucléaire à Moruroa – c’était le 2 juillet 1966 – l’Assemblée de la Polynésie française a donc officiellement reconnu, en son article 1er, « sa responsabilité politique historique dans le processus ayant conduit d’une part, sous la contrainte de l’Etat français, à l’adoption de la délibération n° 64- 27 du 6 février 1964 de sa commission permanente par laquelle les atolls de Moruroa et de Fangataufa ont été cédés à l’Etat français pour les besoins du centre d’expérimentation du Pacifique et d’autre part, à la réalisation au programme de dissuasion nucléaire français sur le territoire de la Polynésie française ».

Par ailleurs, en son article 2, l’institution a présenté « une demande solennelle de pardon à l’ensemble du peuple polynésien, aux générations passées, aux victimes décédées des maladies radio-induites causées par l’exposition aux retombées des explosions nucléaires atmosphériques et souterraines, à leurs familles et à leurs descendants, y compris aux générations futures qui pourraient encore être affectées par les conséquences environnementales et sanitaires à long terme de ces expérimentations nucléaires ». Un article déjà amendé en commission législative, quelques jours plus tôt, afin de bannir le terme « essais » par celui « d’explosions » jugé plus réaliste aux yeux d’une majorité d’élus.

Après de longs débats, plusieurs autres amendements, proposés cette fois-ci par le groupe A Fano Ti’a (proche du gouvernement Brotherson) ont été jaugés et adoptés. Mais pas tous… raison pour laquelle Tematai Legayic et les siens ont finalement refusé d’approuver le texte en l’état.

Au final, cette proposition de délibération a été adoptée par 44 voix « pour », 10 abstentions et 3 « contre ».

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