Bientôt de la « friture » à l’Huilerie de Tahiti…
Lors de l’examen préliminaire du collectif budgétaire n°3 à l’assemblée de la Polynésie française, il a été question, une fois encore, de l’établissement « Huilerie de Tahiti » pour lequel la collectivité polynésienne dépense sans compter depuis des décennies.
Chaque année, c’est la même rengaine! Et le même réflexe consistant à ouvrir le porte-monnaie.
La Polynésie française continue en effet de subventionner à tour de bras sa filière coprah et par voie de conséquence son unité de transformation sur les quais de Motu Uta. Pourquoi ? Tout simplement, parce que la cocoteraie est indispensable au maintien des populations dans les archipels éloignés…
Le collectif n°3 fait apparaître cette fois-ci une subvention d’équilibre à hauteur de 603 millions de Fcfp. Rien que ça…Alors même que les rendements sont au plus bas, dans un contexte de vieillissement des copraculteurs, et que les éleveurs sont en proie à une pénurie de tourteaux, aliments indispensables pour les animaux.
Comment expliquer une telle rallonge à quatre mois de la fin de l’exercice budgétaire ? Pas de réponse dans les rangs du gouvernement.
Toujours est-il que voilà belle lurette que les élus « planchent » sur la valorisation de la filière, du cocotier et de son huile. Plusieurs rapports d’enquête et de mission d’information ont été conduits en ce sens. En pure perte de temps. L’actuel ministre en charge du développement des ressources propres, Taivini Teai, a bien sa petite idée sur la question mais force est de constater qu’il a bien du mal à traiter plusieurs sujets en même temps, entre la situation illégale du chenil d’Afaahiti et l’Epic vanille dont la métamorphose se fait désirer, la cocoteraie peut attendre.
En commission législative, vendredi dernier à Tarahoi, le ministre a quand même bien voulu nous dévoiler sa « stratégie ». A l’en croire, la première mesure consisterait à supprimer la deuxième catégorie de coprah, celle de moindre qualité au sein de laquelle on dénombre généralement beaucoup de déchets. En second lieu, Taivini Teai répète ce que ses prédécesseurs ont toujours dit, et jamais fait: il convient d’élargir les compétences de l’Huilerie pour diversifier les débouchés. Et dans ce cadre, la transformation du coprah pourrait très bien servir à faire de l’huile de friture.
A méditer!
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