Pour l’autonomie alimentaire, on repassera!…
Dans le cadre des discussions sur le rapport d’orientations budgétaires (ROB) à l’assemblée de la Polynésie française, le ministre en charge des ressources Primaires, Taivini Teai, a donné la mesure du chemin qui reste à parcourir pour atteindre la fameuse « autonomie alimentaire »…
Il y a des chiffres qui font mal à la tête! En l’occurrence, il faut savoir que sur 165 000 tonnes de produits alimentaires consommés à l’année, seulement 65 000 tonnes sont produites localement. Raison pour laquelle le ministère persiste à vouloir ramener notre dépendance de 60 à 50% d’ici à 2036. Soit, un point gagné chaque année.
Pire encore, il ressort des informations données à Tarahoi que « seulement 1,6% de ce que nous produisons, est transformé ». D’où la volonté de ce gouvernement, comme des autres avant lui, de créer des unités de traitement et de transformation. A l’instar de l’abattoir d’Uturoa qui devrait être inauguré dans les prochains jours. Et d’affirmer avec optimisme: « C’est en construisant l’outil que l’on fait naître la production ».
Pour tendre vers l’autonomie alimentaire, Taivini Teai place la barre assez haut. Trop haut ? C’est ainsi qu’il promeut « le triplement de notre capacité de pêche ». Comme le président Brotherson…en 2023. Trois ans plus tard, pour quels résultats ? Il est question également de « doubler la production de viande de porc » ou encore de soutenir la filière « poulet de chair », les Polynésiens étant de gros consommateurs…En revanche, ne parlons pas de la filière avicole (les oeufs), c’est un sujet qui fâche ! Depuis des mois, en effet, nos îles en sont réduits à consommer des oeufs « made in New Zealand » ou US.
Face à lui, les élus, de tous bords politiques confondus, semblent perplexes. Pour ne pas dire déconnectés! A l’image d’un certain Ernest Teagai, tavana d’un atoll perdu des Tuamotu, qui plaide bec et ongles pour la revalorisation du prix du coprah à 180 Fcfp contre 165 Fcfp actuellement. Alors même que la filière s’essouffle et que les installations de Motu Uta datent de Mathusalem. Mais c’est promis, Taivini Teai étudiera la question, à condition d’avoir le feu vert du ministre des Finances, Warren Dexter, qui en a visiblement assez d’accorder des subventions d’équilibres à des SEM comme l’Huilerie de Tahiti.
Photo d’archives
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