30 novembre 2020

Fan de foot en Iran, elle s’immole par le feu pour échapper à la prison

Une supportrice de football, surnommée la «fille bleue», s’est immolée par le feu après avoir appris qu’elle allait passer six mois en prison pour avoir tenté d’assister à un match. Sa mort a provoqué une vague d’indignation.

Elle voulait réaliser un vieux rêve en tentant – malgré l’interdiction en vigueur – d’assister à un match de football.

En cette soirée printanière de mars, Sahar Khodayari, 29 ans, enfile une chemise sur un long pantalon et se dirige vers le stade Azadi de Téhéran dans l’espoir d’assister, déguisée en homme, à un match disputé par son équipe préférée, l’Esteghlal FC. Mais la police repère vite son petit jeu.

Rapidement interpellée, elle passe trois jours en prison avant d’être relâchée sous caution. Une «routine» en République islamique d’Iran où les femmes, également forcées de se voiler depuis l’arrivée des religieux au pouvoir, en 1979, ont appris à naviguer entre les mailles des interdits.

Mais il y a quelques jours, l’affaire a viré au drame. Convoquée ce 1er septembre au poste de police pour récupérer son téléphone portable, la jeune fan de football apprend qu’elle risque jusqu’à six mois de prison pour son insubordination. Sous le choc, elle s’immole par le feu. Un acte de protestation fatidique: brûlée sur 90 % de son corps et hospitalisée d’urgence, elle succombe finalement quelques jours plus tard à ses blessures.

Depuis l’annonce, vendredi dernier, de son décès, l’émoi est à son maximum. «Comme nous sommes choqués par de vieilles interdictions faites aux femmes, les générations futures seront étonnées de découvrir que les femmes étaient interdites d’accès dans les arènes de sport de notre temps. Ces limitations ont pour origine les pensées pourries et dégoûtantes du passé», s’est emporté Masoud Shojaei, le capitaine de l’équipe nationale masculine d’Iran sur son compte Instagram, qui compte quelque 400 000 abonnés.

Ali Karimi, la star iranienne du ballon rond à la retraire, appelle, lui, au boycott des (…) Lire la suite sur Figaro.fr

Correspondante à Istanbul

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