Filière cancer: feu (presque) vert au démarrage de la commission d’enquête
La commission législative de la Santé présidée par Cathy Puchon a officiellement créé ce vendredi matin une nouvelle commission d’enquête « chargée de recueillir tous les éléments d’information relatifs à la structuration de la filière Cancer en Polynésie française et à l’implantation du cyclotron à usage médical ».
Il s’agit là d’un nouveau revers pour le gouvernement Brotherson! Quand bien même le principe de cette commission avait été actée en séance plénière quelque semaines auparavant…
C’est surtout une première victoire pour l’élue Tapura, Pascale Haiti-Flosse, qui a fait de ce sujet son cheval de bataille. Car la question est essentielle et revient à se demander: quelle place et surtout quels moyens faut-il accorder aux patients atteints par cette terrible maladie en Polynésie française ? Car, le « cinéma » n’a que trop durer…, les patients désespèrent et les dépenses de santé flambent sous le coup de la multiplication des évacuations sanitaires vers la métropole ou la Nouvelle-Zélande
Depuis mai 2023, date à laquelle il est arrivé aux affaires, le gouvernement Brotherson n’a cessé de tergiverser sur la question, revenant de facto sur le projet élaboré par l’équipe précédente d’installer une unité digne de ce nom sur le site de Princess Heiata à Pirae, et sous l’égide de l’Institut du cancer (ICPF). Mais pour des raisons qui échappent aux représentants élus à Tarahoi, le ministre d’alors, Cédric Mercadal, en a décidé autrement, sans pour autant aboutir à l’objectif qu’il s’était assigné en déplaçant le curseur sur le CHPf voisin du Taaone…
Aujourd’hui, l’assemblée de la PF entend reprendre la main sur ce dossier. Elle va se donner un délai de trois mois, à compter de la publication du JOPF, pour faire toute la lumière sur l’implantation idéale de cette nouvelle unité anti-cancéreuse, moyennant l’implantation d’un cyclotron à usage médical. Ses missions sont clairement définies, à savoir: « dresser un état de la structuration de la filière cancer (…) et s’assurer que le choix du site (CHPf ou Princess Heiata) permette de garantir la protection des personnes et de l’environnement contre les risques liés à l’exposition aux rayonnements ionisants. »
Cette commission d’enquête, composée de dix membres, sera présidée par Pascale Haiti-Flosse, assisté de Sylviane Tiatoa en qualité de VP. Huit autres membres ont été désignés à la représentation proportionnelle des groupes: Maite Hauata-Ah-Min, Teumere Atger Hoi, Tevaipaea Hoiore, Cathy Puchon, Sonia Punua-Taaea, Pauline Niva, Thilda Garbutt-Harehoe et Nicole Sanquer.
Avant d’entamer ses auditions, dans la plus grande transparence requise, cette commission d’enquête devra encore être validée en séance plénière. Mais probablement pas avant septembre 2026, date de l’ouverture de la session budgétaire. A moins que les élus ne soient convoqués d’ici là en session extraordinaire dans l’attente d’un (improbable) collectif budgétaire n°3 toujours dans les tuyaux… Mais le temps presse car, pendant ce temps, le gouvernement maintient son cap, moyennant de nouvelles études, pour que les malades atteints du cancer soient -exclusivement- soignés dans l’enceinte du CHPf.
Image: DR
![]()