10 février 2026

Latam-GPT, lancement d’une IA latino-américaine

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Le Chili vient de lancer Latam-GPT, une initiative visant à doter l’Amérique latine de son propre modèle d’intelligence artificielle pour limiter certains biais et stéréotypes, dans un secteur dominé par les Etats-Unis.

Coordonné par le Centre national d’intelligence artificielle du pays andin (Cenia), une entité privée financée par des fonds publics, le projet réunit des institutions d’au moins 15 pays de la région.

Universités, fondations, bibliothèques, entités gouvernementales et organisations de la société civile d’Uruguay, du Brésil, de Colombie, du Mexique, du Pérou, d’Équateur, d’Argentine et du Chili figurent parmi les partenaires.

« Grâce à Latam-GPT, nous positionnons la région comme un acteur actif et souverain dans l’économie du futur. Nous sommes à la table, pas au menu », a déclaré le président Gabriel Boric lors de la présentation du projet sur la chaîne publique Television Nacional.

Malgré son nom, Latam-GPT n’est pas un agent conversationnel destiné au grand public, mais un modèle linguistique servant de base à des applications régionales, accessible en open source et gratuitement pour les entreprises et institutions publiques.

Latam-GPT vise à briser certains « préjugés » et à éviter une représentation uniforme de l’Amérique latine dans le monde, a expliqué le ministre des Sciences Aldo Valle.

La région « ne peut pas être seulement utilisatrice ou réceptrice passive des systèmes d’intelligence artificielle. Cela pourrait entraîner la perte d’une grande partie de nos traditions », a-t-il ajouté.

Lors d’une requête auprès de ChatGPT demandant de représenter « un Chilien », l’agent a généré l’image d’une personne en tenue traditionnelle autochtone devant la cordillère des Andes, illustrant les stéréotypes que les promoteurs du projet disent vouloir réduire. Selon eux, ce type de représentation s’explique notamment par une sous-représentation des données latino-américaines dans certains systèmes d’intelligence artificielle.

Le président Boric a ainsi pris l’exemple du siège de Calais, en France, débuté en 1346 pendant la guerre de Cent Ans, pour lequel ChatGPT fournit « des informations très développées ». « Mais si l’on demande des informations sur le siège de Chillán, l’une des batailles les plus importantes de la guerre d’indépendance chilienne, il y en a beaucoup moins« , a-t-il assuré.

Si le développement des grands modèles d’IA demeure largement dominé par des acteurs basés aux Etats-Unis, en Chine et en Europe, des initiatives régionales, dont Latam-GPT, mais aussi SEA-LION en Asie du Sud-Est ou UlizaLlama en Afrique, tentent d’adapter ces technologies à des contextes culturels spécifiques.

source: Yahoo actualités

 

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