23 juillet 2026

Le gouvernement défend une alternative à l’exploitation minière des fonds marins

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Le président de la Polynésie française a présenté une communication relative au projet Capstone 2026, une étude intitulée « Les véritables joyaux du Pacifique : la voie de la Polynésie française vers la prospérité économique face à la pression de l’exploitation minière des fonds marins » (« The True Gems of the Pacific: French Polynesia’s Pathway To Economic Prosperity Under the Pressure of Deep-Sea Mining »).

Menée par des étudiants de l’université Columbia en appui à la Délégation aux affaires internationales, européennes et du Pacifique (DAIEP), cette étude conforte la position du Pays opposée à l’exploitation minière des fonds marins et propose des pistes concrètes de diversification économique, que le Gouvernement entend intégrer à sa stratégie de développement Cap 2033.

Depuis 2023, la Délégation aux affaires internationales, européennes et du Pacifique (DAIEP) collabore avec le professeur Jenik Radon et des étudiants de la School of International and Public Affairs (SIPA) de l’université Columbia de New York. Cette coopération a déjà permis à la Polynésie française de bénéficier de plusieurs études sur l’exploitation minière en eau profonde, en 2023, 2024 et 2025.

À la suite de la signature, le 15 octobre 2025, d’un mémorandum d’entente entre la Polynésie française et la SIPA, le programme Capstone a été reconduit en 2026, cette fois consacré aux alternatives économiques durables à l’exploitation minière des fonds marins. Du 14 au 21 mars 2026, une délégation de dix étudiants, accompagnés de leur professeur Eric Chang, est venue en Polynésie française pour mener une analyse des aspects économiques, environnementaux, sociaux et géopolitiques liés à ce secteur.

La délégation a rencontré le Président de la Polynésie française, qui a souligné la nécessité d’obtenir des solutions concrètes face à la pression de grandes puissances sur l’exploitation des fonds marins, ainsi que l’impératif d’autonomie énergétique et alimentaire. Elle a également été reçue par le ministre des Ressources marines et de l’Environnement (MPR), qui a réaffirmé l’interdiction de toute exploitation minière des fonds marins en Polynésie française, ainsi que par la ministre des Sports (MJP), la Direction générale de l’économie numérique (DGEN) et l’Agence de développement économique (ADE), qui ont chacun présenté leurs leviers de diversification économique (pêche durable, tourisme sportif, numérique et énergies renouvelables).

Le rapport de Capstone, consultable en ligne (https://www.sipa.columbia.edu/sipa-education/capstone-workshops/true-gems-pacific-french-polynesias-pathway-economic-prosperity), identifie cinq piliers pour bâtir une économie plus résiliente, dans la continuité de la stratégie Cap 2033 du Gouvernement : les exportations « Made in Fenua » (perle, filière surf, aquaculture premium) ; le tourisme à ancrage local (surf, plongée, valorisation du patrimoine culturel) ; l’autosuffisance alimentaire, par l’aquaculture commerciale et la réduction de la dépendance aux importations ; l’économie numérique, à travers la numérisation des services publics dans les archipels éloignés et la sécurité énergétique, avec l’essor des filières SWAC et de l’énergie thermique des mers.

L’étude confirme que l’exploitation minière des fonds marins ne constitue pas une réponse adaptée, en raison d’une rentabilité spéculative, de redevances incertaines pour les petits États, de teneurs en minerais plus faibles qu’annoncé et de dommages environnementaux irréversibles.

Elle recommande le maintien du moratoire et propose plusieurs leviers d’action, parmi lesquels une coordination régionale des positions du Pacifique, des alliances stratégiques au sein de l’Autorité internationale des fonds marins et le renforcement de la capacité contentieuse internationale de la Polynésie française, avec la France.

Ces conclusions confortent la position ferme de la Polynésie française en opposition à l’exploitation minière des fonds marins et la volonté du Pays de promouvoir un modèle de développement fondé sur la protection de l’océan et la valorisation du carbone bleu.

extrait CM

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