Le taux de prélèvement du FIP communal reste bloqué à 17%…
La demande d’avis de l’assemblée de la Polynésie française sur le projet de décret fixant pour les années 2024 et 2026 la quote-part des ressources du budget de la Polynésie française destinée à alimenter le fonds intercommunal de péréquation (FIP) en faveur des communes n’a pas été une simple formalité comme par les années passées mais le débat s’est plutôt focalisé sur l’intérêt ou non (?) de relever le taux de prélèvement, actuellement de 17%, sur les recettes du Pays.
Il aura fallu que les non-inscrits par la voix de Nuihau Laurey déposent en séance une proposition de modification du texte pour animer les débats une heure durant.
Cet amendement proposait en effet de relever le taux de manière progressive: de 17 à 18% en 2026, puis à 19% en 2028 et enfin, à 20% en 2030. Soit, pour la première année, un effort supplémentaire d’environ 1,242 milliard de Fcfp, ce qui constituerait pour les intéressés, « une première étape mesurée » avant de poursuivre le mouvement.
Par ailleurs, il a été demandé que le FIP consacre « davantage de moyens à l’ingénierie financière et technique des communes et de leurs groupements, notamment par le financement de postes d’ingénieurs mutualisés (…) ».
Mais le gouvernement Brotherson, comme d’ailleurs une majorité de représentants à l’assemblée, ne l’a pas entendu de la même oreille ! Pour le ministre des Finances, Warren Dexter, le sujet est ailleurs! Il s’agit avant tout de demander à l’Etat de faire un effort supplémentaire, d’autant que les communes sont sous sa tutelle. Il a néanmoins reconnu que dans le programme électoral de 2023 le Tavini huiraatira s’était positionné pour un relèvement du taux pouvant aller jusqu’à 25% mais compte tenu de la trésorerie importante dont dispose actuellement le FIP (19 milliards de crédits libres d’engagement), le statu quo était largement préférable.
Faute de possibilité d’ouverture, la question reste donc pleine et entière: « Quel est le volume financier auquel les communes peuvent prétendre en toute légitimité pour mettre en place les services et équipements que nos populations sont en droit d’attendre ? Et de ce fait, quelle doit être la juste contribution du Pays et de l’Etat pour mobiliser de tels moyens… ? » s’est interrogé le représentant Simplicio Lissan, par ailleurs maire de Punaauia.
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