15 juillet 2020

Le torchon brûle entre Air Tahiti et le Pays

La « décision unilatérale » d’Air Tahiti de suspendre ses vols en direction de vingt-sept îles dont la desserte est jugée peu rentable, y compris aux Marquises via sa filiale, Air Archipels, n’est pas du goût du gouvernement qui demande des explications afin de trouver des solutions pérennes.

Invité lundi soir sur le plateau de nos confrères de TNTV, le ministre en charge des Transports interinsulaires, Jean-Christophe Bouissou, n’y a pas été avec le dos de la cuillère ! Non seulement, il s’est dit « surpris » par cette annonce mais il a également condamné « le procédé » ainsi que le « chantage » exercé par la compagnie domestique polynésienne vis-à-vis des populations concernées. Une décision d’autant plus « inadmissible » par ailleurs que le conseil d’administration n’a pas été préalablement consulté…

Le ministre a tout d’abord indiqué que « le Pays n’est pas là pour distribuer des milliards de Fcfp sous forme de subventions ». Et de citer Air Tahiti Nui, par comparaison, à qui le gouvernement de la Polynésie a seulement débloqué un prêt (par essence, remboursable) pour faire face aux conséquences de l’épidémie du Covid-19.

Dans ce contexte quelque peu tendu, il a demandé officiellement au directeur général d’Air Tahiti, Manate Vivish, de venir le voir dans les prochaines 48 heures afin de trouver des solutions aux difficultés d’exploitation rencontrées par l’opérateur historique. Et Jean-Christophe Bouissou de suggérer, dans l’hypothèse où les problèmes sont d’ordre financier, « une recapitalisation de la société ». Dernièrement, la direction d’Air Tahiti aurait fait savoir dans la presse que les pertes d’ici à la fin de l’année 2020 étaient estimées à près de 5 milliards de Fcfp

Alors, les actionnaires seraient-ils partants pour remettre de l’argent au pot ? Il est encore trop tôt pour le dire mais une chose est sûre, le Pays se dit prêt à relever sa participation – jusqu’où ? – dans le capital qui, à ce jour, est de 14%.

Enfin, si les discussions n’aboutissaient pas, le Pays pourrait même prendre une décision extrême, a prévenu le ministre, en allant jusqu’à créer une nouvelle compagnie aérienne domestique concurrente d’Air Tahiti.

Photo intérieure: Présidence

 

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