Présidentielle: les grandes lignes du programme du candidat Macron

Deux semaines jour pour jour après sa « lettre aux Français » dans laquelle il officialisait sa candidature à la présidentielle, Emmanuel Macron a quitté son costume de chef de l’État pour endosser celui de candidat ce jeudi après-midi. Le candidat Macron a dévoilé son programme en vue d’un deuxième quinquennat, lors d’une conférence de presse aux Docks de Paris, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Emmanuel Macron a évoqué dans son propos liminaire un « projet qui se nourrit des crises que nous avons traversées toutes et tous ensemble durant ces cinq années », citant « mouvements sociaux, pandémie, terrorisme, retour de la guerre en Europe ». Voici ce qu’il faut retenir du programme du président-candidat tel qu’il l’a décrit.

· Investir dans les armées et généraliser le service civique

Le candidat Emmanuel Macron a dit vouloir poursuivre l’investissement pour les armées, notamment en « réinvestissant dans la technologie de pointe« , mais aussi en doublant le nombre de réservistes de l’armée. Un appui pour pouvoir « assurer une guerre de haute intensité qui peut revenir sur notre continent ».

« Je souhaite aussi que nous renforcions nos capacités » civiles, a-t-il poursuivi, évoquant une « augmentation des réservistes aux côtés de nos forces de sécurité intérieures ». « Plus largement, je souhaite pouvoir mettre en place un plan de mobilisation civile pour renforcer notre résilience, qui passera par un renforcement des stocks stratégiques de la Nation », a évoqué Emmanuel Macron afin de « mieux nous défendre face aux crises ».

« Je souhaite que nous puissions poursuivre la généralisation du service civique », a-t-il aussi dit.

· Remplacer Pôle emploi par un guichet unique dénommé « France Travail »

Emmanuel Macron, qui a déclaré « viser le plein-emploi d’ici cinq ans », assume des réformes pour « travailler plus », notamment par le biais d’une réforme des retraites.

« Nous transformerons aussi Pôle emploi en France Travail », a-t-il annoncé. Un « changement profond » pour « réussir à l’échelle d’un territoire, à mettre en commun tous les savoir-faire et les compétences », déplorant une « trop grande segmentation de toutes celles et ceux qui accompagnent le retour à l’emploi », citant Pôle emploi, les régions, départements et communes à l’heure actuelle.

· « Des états généraux pour le droit à l’information »

Emmanuel Macron veut, s’il est réélu, que soient organisés des « états généraux pour le droit à l’information » afin de préserver l’information et notamment la production de documentaires journalistiques.

Il souhaite par ailleurs un plan de commandes publiques dans la culture. Le dirigeant a aussi confirmé son souhait de réformer le mode de financement de l’audiovisuel public en supprimant la redevance audiovisuelle.

· Réforme du RSA avec « 15 à 20 heures d’activité » hebdomadaires

« Il faut un revenu de subsistance pour toute personne, mais il faut pouvoir mieux accompagner chacune et chacun et lui demander une part de devoir pour toutes celles et ceux qui le peuvent », a déclaré Emmanuel Macron.

« Il y aura dans cette réforme (du RSA) l’obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine pour une activité permettant d’aller vers l’insertion professionnelle, soit de formation en insertion, soit d’emploi, et d’être mieux accompagné », a annoncé le président-candidat, voulant un RSA qui ne soit « pas seulement une prestation mais aussi un accompagnement ».

· Reporter l’âge de départ à la retraite à 65 ans

Évoquant une société qui vit plus longtemps, Emmanuel Macron a estimé qu’il est « donc normal (…) que nous travaillions plus ». « L’une des deux grandes réformes que je n’ai pas pu mener à terme pendant ce quinquennat » a été la réforme des retraites, « à cause de la pandémie », a-t-il justifié.

« La réforme que je souhaite mener, c’est d’augmenter l’âge légal progressivement (…) jusqu’à 65 ans, de prendre en compte les carrières longues », a-t-il détaillé.

Emmanuel Macron veut par ailleurs une retraite à 1100 euros minimum en cas de second mandat et aussi simplifier le cumul entre emploi et retraite.

· Mieux rémunérer les enseignants et rapprocher « familles et écoles »

Pour l’éducation, Emmanuel Macron a évoqué un « pacte nouveau pour les enseignants », notamment en poursuivant « de manière significative l’augmentation » de ces derniers ainsi que leur remplacement en cas d’absence « parce que nous devons à nos élèves et leurs parents l’intégralité des heures d’enseignement ».

Le chef de l’État a aussi proposé un rapprochement entre « familles et écoles » ainsi que le fait d’accorder « plus de libertés pour les établissements », à l’image de ce qui est expérimenté à Marseille dans le cadre de Marseille en Grand.

Emmanuel Macron veut aussi remettre les mathématiques dans le socle commun du baccalauréat. Pour les écoliers, il veut également faire qu’il y ait 30 minutes de sport par jour.

« Nous augmenterons jusqu’à 35 heures le temps de travail des accompagnants des élèves en situation de handicap pour le revaloriser et mieux aider les enfants », a aussi défendu le chef de l’État sortant.

· Lutte contre le harcèlement à l’école et protection de l’enfance

Emmanuel Macron a expliqué vouloir accentuer « la lutte contre le harcèlement » en milieu scolaire mais aussi contre le « harcèlement cyber ».

« La souffrance de nos enfants et de nos adolescents face aux harcèlements qu’ils subissent et de plus en plus à l’école, sur les réseaux sociaux, les boucles de messageries ou autres, est un phénomène qui a complètement explosé ces dernières années et là-dessus, nous devons complètement nous mobiliser », défend Emmanuel Macron.

« On doit se mobiliser par des interdits qu’il faut assumer: interdits d’écran et d’accès à ces réseaux pour nos enfants et nos jeunes adolescents et il va falloir réguler ces plateformes parce que je ne connais pas de liberté quand il n’y a pas d’ordre public et de protection des plus vulnérables », a-t-il poursuivi.

· Verser les aides sociales « à la source »

Emmanuel Macron a expliqué vouloir « mettre en place la solidarité à la source » et verser les aides sociales à la source, « tous ces dispositifs, qui sont très segmentés avec des logiques qui ne sont pas les mêmes », a-t-il justifié.

Selon lui, cette réforme bénéficierait aux « 20 millions de Français » qui touchent le RSA, la prime d’activité, des aides au logement ou des allocations familiales. Une mesure pour « simplifier » les aides et lutter contre la fraude.

· Élargir les prescriptions médicales aux pharmaciens et infirmiers

Si Emmanuel Macron est réélu pour un second mandat, il souhaiterait un « renfort massif dans les déserts médicaux », qui passerait notamment par une possibilité pour les pharmaciens et infirmiers de renouveler les ordonnances afin de « dégager du temps pour les médecins ».

Sur la thématique de la santé, Emmanuel Macron veut aussi la mise en place d’un numéro unique pour obtenir un rendez-vous médical dans les 48 heures.

· Recruter dans les Ehpad et renforcer les contrôles

Après le scandale lié aux Ehpad Orpéa, Emmanuel Macron a annoncé vouloir contrôler « plus largement » les Ehpad. Le chef de l’État voudrait recruter, s’il est réélu, 50.000 infirmiers et aide-soignants pour ces structures.

« Il faut renforcer les contrôles pour lutter contre les pratiques inhumaines et dégradantes », a-t-il défendu.

· Réforme du droit d’asile et « refonte du modèle d’intégration républicaine »

« Nos procédures d’éloignement doivent être plus rapides. Le refus d’asile vaudra obligation de quitter le territoire. La multiplicité des voies de recours réduit l’efficacité de nos procédures d’éloignement », a estimé Emmanuel Macron qui veut « réduire la lourdeur des procédures » et « réduire l’empilement des contentieux par la fusion des procédures ».

Une réforme adossée aussi à une « refonte du modèle d’intégration républicaine ». « Nous transformerons et changerons aussi les modes d’accès aux titres de séjour (…) « en faisant de manière régulière un bilan », a poursuivi Emmanuel Macron.

« La carte de séjour pluriannuelle sera donnée dans des conditions beaucoup plus restrictives », a-t-il assumé, indiquant vouloir conditionner les titres de séjour longs à un examen de français.

« En parallèle, nous renforcerons la lutte contre les discriminations« , a-t-il ajouté.

· Améliorer la représentativité

« Je suis à titre personnel favorable à plus de proportionnelle », a rappelé Emmanuel Macron.

Pour ce faire, Emmanuel Macron veut lancer « une commission transpartisane » pour rénover « nos institutions ».

Le chef de l’État veut aussi que soit créé un « conseiller territorial ».

· Créer 200 brigades de gendarmerie

Sur le plan de la sécurité intérieure et de la justice, Emmanuel Macron a indiqué sa volonté de créer 200 brigades de gendarmerie et étendre le domaine des amendes forfaitaires.

Le candidat souhaite aussi réduire les délais de la justice et assurer de meilleurs conditions de travail pour les professionnels de la justice, en embauchant notamment 8500 magistrats et personnels de justice.

· Allégement des droits de succession

Emmanuel Macron a confirmé ce jeudi son souhait de modifier les droits de succession. Ainsi, l’abattement en ligne directe va passer de 100.000 à 150.000 euros et le chef de l’État veut que soit plus pris en compte « la transformation des familles, des usages, des pratiques, en créant un abattement pour les lignes indirectes, pour les neveux, nièces, petits-enfants et enfants de conjoints ».

· Une convention citoyenne sur la fin de vie

Se disant « très sensible à ce débat », Emmanuel Macron a dit vouloir avancer de « façon apaisée » sur la fin de vie.

« Je pense que c’est un bon sujet pour une convention citoyenne, et donc je soumettrai la fin de vie à une convention citoyenne. Et sur la base des conclusions de celles-ci, je soumettrai à la représentation nationale ou au peuple le choix d’aller au bout du chemin qui sera préconisé », a indiqué Emmanuel Macron, répondant à une question d’un journaliste.

· Un programme chiffré à 50 milliards par an

Le candidat Macron évalue le coût de son programme à 50 milliards d’euros par an et à 15 milliards d’euros la baisse d’impôts. En termes de chiffres, Emmanuel Macron dit vouloir investir 25 milliards d’euros par an sur dix ans pour la recherche.

Article original publié sur BFMTV.com

source: Yahoo actualités

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