15 juillet 2020

Quant Flosse ne sait plus à quelle dépense touristique se raccrocher…

Parmi les nombreuses lettres ouvertes adressées par le président du Tahoeraa, Gaston Flosse, au président Edouard Fritch, la dernière en date du 2 juin a retenu toute notre attention tant elle transpire le mensonge et la mauvaise foi.

Une chose est sûre: s’il en est un qui se frotte les mains de voir les dégâts sociaux et économiques causés par la pandémie du Covid-19 en Polynésie française, c’est bien le « vieux lion » qui n’a pas trouvé meilleur prétexte pour fustiger l’action du gouvernement polynésien.

A l’en croire, tourisme, perliculture et vanille sont les meilleurs exemples de cette débâcle qui, pour sûr, conduira à la ruine du fenua.

Il faut dire quand même que la fermeture de nos frontières et l’arrêt des vols internationaux, ici comme partout dans le monde, a sacrément ralenti la circulation des biens et des personnes, frappant du même coup les trois secteurs-clés cités en avant.

La faute à qui tout ça ? A son successeur, bien sûr, accusé, comme tous les gouvernements (ndlr: dont celui de Gaston Flosse en mai 2013) depuis des dix dernières années, de n’avoir misé « que sur une seule ressource d’exportation, le tourisme ».

Mais là où le signataire du courrier est sacrément gonflé, c’est lorsqu’il met en doute les chiffres du tourisme et le poids de celui-ci dans l’économie polynésienne. Et d’écrire: « En Polynésie, nous ne savons pas ce que représente le tourisme par rapport au PIB (…) Comment est-il calculé ? (…) Pour notre part, ce montant ne réflète pas la réalité ».

Tout d’abord, signalons au « vieux lion » que le produit du tourisme n’est pas de 60 milliards de Fcfp mais de 64,9 milliards (chiffre 2018) qui correspondent aux dépenses occasionnées par 216 000 touristes internationaux. Ces chiffres sont donnés par le très sérieux Institut de la statistique (Ispf) et englobent les dépenses effectuées localement par les non-résidents dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration, du commerce, des transports locaux etc. Ils découlent d’une enquête menée par sondage à l’aéroport de Tahiti-Faa’a auprès d’un échantillon représentatif de 6500 passagers à leur départ.

Alors, quand la lettre ouverte fait état d’une « obscurité totale » et d’un « manque de transparence » du gouvernement sur ces chiffres, nous ne pouvons cautionner une telle mauvaise foi.

A vrai dire, l’ex-président du Pays a tellement la rancune chevillée au corps qu’il finit par s’enfermer dans une réflexion négative et vaine. Bien sûr que l’industrie touristique est fortement impactée. Personne ne le nie. Effectivement, nos principaux clients, à commencer par les Américains, ne vont pas revenir de sitôt. Exception faite des Français qui ont désormais la possibilité de voyager cet été jusqu’en outre-mer…si tant est qu’on les épargne d’une quatorzaine. Mais il est encore trop tôt pour faire des pronostiques de fréquentation tant que les vols internationaux ne seront pas réouverts, au mieux avant le 1er juillet (et non le 1er juin comme G. Flosse l’affirme) pour Air Tahiti Nui.

Photo d’archives

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