1 septembre 2026

Steve Chailloux: trois pages de griefs pour claquer la porte d’A Fano Ti’a

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Dans une longue lettre de trois pages datée du 1er septembre 2026, le représentant à l’assemblée de la Polynésie française, Steve Chailloux, officialise son départ du groupe A Fano Ti’a pour revenir à ses premières amours, à savoir le Tavini huiraatira.

Dans ce courrier adressé au président Tematai Legayic, l’intéressé expose un grand nombre de griefs qui, à l’en croire, ne constituent « qu’une infime partie des
frustrations accumulées depuis notre départ du Tāvini Huiraatira. Elles trouvent leur origine dans une gouvernance fondée sur des décisions prises unilatéralement, des
consultations qui relevaient davantage de la façade que d’une réelle concertation et une absence manifeste de considération pour les avis, les propositions et les contributions de ses propres élus. »

Steve Chailloux dit regretter tout d’abord l’avortement de la tentative de réconciliation engagée au cours du mois de juin dernier par le président historique, Oscar Temaru. Il en tire ses propres conclusions: « Selon les déclarations de M. Moetai Brotherson, la responsabilité de cet échec incomberait, une fois encore, entièrement et exclusivement à M. Antony Géros, sans que le président de votre parti ne semble jamais envisager la moindre part responsabilité personnelle dans cet échec. La réalité est pourtant, à mes yeux, beaucoup plus nuancée ». Autrement dit, torts partagés!

L’élu semble également se plaindre du mode de gouvernance interne privilégié par le chef de l’exécutif local. « S’agissant à présent de la création du parti politique A Fano Tia, M. Moetai Brotherson nous avait annoncé que la rédaction des statuts du parti serait confiée à un groupe de travail réunissant des techniciens ainsi que les élus de l’Assemblée de la Polynésie française, afin que ceux-ci soient élaborés de manière collégiale. Or, comme vous le savez, ce groupe de travail n’a jamais vu le jour. Les statuts ont finalement été rédigés par un groupe restreint de personnes, sans que l’ensemble des élus soit associé à leur élaboration. A titre personnel, je n’ai pas contesté cette manière de procéder. La confiance que j’accordais alors au président de votre parti était telle que je tenais pour acquis que les engagements indépendantistes qui nous avaient été présentés seraient respectés et que ces statuts traduiraient fidèlement les valeurs ainsi que l’identité politique indépendantiste qui nous avaient été annoncées. »

Or, Steve Chailloux répète à qui veut bien l’entendre qu’il « demeure profondément indépendantiste et je continuerai à défendre, avec la même détermination, la souveraineté politique ainsi que le droit du peuple mã’ohi à l’autodétermination. Mes convictions politiques sont demeurées intactes. En conséquence, je ne souhaite pas poursuivre mon engagement au sein d’une formation politique dont l’orientation idéologique me paraît désormais s’écarter de ce que је considère être les principes essentiels du combat pour l’indépendance de notre pays. »

Enfin, le représentant dénonce « l’attitude continuellement méprisante et dédaigneuse » dont ferait preuve le président Brotherson à l’égard des élus de l’Assemblée de la Polynésie française. Et d’indiquer, comme pour enfoncer le clou: « Cette attitude, largement dénoncée par des élus de toutes sensibilités politiques, est devenue l’une des caractéristiques les plus marquantes de sa manière de traiter les élus du peuple que nous sommes. Pour ce qui concerne les élus d’A Fano Tia, j’ai la conviction que nombre d’entre eux la subissent en silence, sans toutefois l’exprimer publiquement. »

Après cette défection, le groupe A Fano Tia compte dorénavant quatorze élus, le Tavini huiraatira (23), le Tapura (16) et quatre non-inscrits.

Photo: TNTV

 

 

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