L’Aide au paiement des loyers ne verra pas le jour!

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L’examen du projet de loi du pays portant création d’une aide au paiement du loyer dans le parc locatif, ce jeudi après-midi à Tarahoi, a abouti au même résultat que pour le titre « Tama’a Maitai », à savoir le retrait du texte.

Ce n’est un secret pour personne: trouver un logement en Polynésie française, à un prix raisonnable, relève généralement du parcours du combattant.

Face à cette complexité, dans un marché qui n’a jamais été régulé, le Pays propose de prendre en charge une partie du loyer d’une résidence principale (maison, appartement), principalement pour les ménages de classe moyenne, en fonction d’un certain nombre de critères. Mais le « vrai écueil de ce texte », comme l’a humblement reconnu Tematai Legayic pour le groupe A Fano Ti’a, c’est son coût budgétaire pour la collectivité: plus de 4,6 milliards de Fcfp par an d’ici à 2030.

Cathy Puchon pour le Tapura huiraatira, Bruno Florés pour le Tavini et Nicole Sanquer au nom de AHIP ont exprimé de nombreuses critiques et réserves sur la construction de ce texte dont la finalité, une fois de plus, est parfaitement louable.

D’emblée, l’élue de Punaauia a relevé l’exemple cité dans le rapport: celui « d’un couple avec un enfant de moins de 14 ans, qui loue un logement de type F2 à Papeete d’un montant de 82 000 Fcfp par mois (Ah bon, ça existe encore ?) alors que ses revenus sont de 150 000 Fcfp…Grâce à l’aide proposée par le Pays, la dépense du couple sera réduite à sa plus simple expression : 9 135 Fcfp. Oui, oui, vous avez bien entendu : un loyer de 9 135 Fcfp pour loger à Papeete.Mieux encore, retenez globalement que le dispositif prévoit d’accorder une APL d’un montant moyen de 66 000 Fcfp par mois aux ménages éligibles, soit plus du double que l’aide versée en métropole (26 775 Fcfp). »

Mais il faut être « lucide et honnête », a déclaré la député Sanquer. A ses yeux, en effet, l’aide au paiement des loyers, tel qu’il est proposé, comporte un risque inflationniste si l’on n’agit pas sur l’offre de logements, sans parler de sa grande complexité administrative qui est de nature à rebuter les propriétaires de biens. Par ailleurs, « pourquoi créer un nouveau dispositif avant d’évaluer ce qui existe déjà ? », s’interroge encore Nicole Sanquer.

On l’a bien compris, hormis le groupe A Fano Ti’a acquis à la cause du gouvernement, le projet de texte n’a pas emballé la majorité des représentants. Aussi, il a été purement et simplement retiré par le président Brotherson. Avant même de passer au vote.

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